International

Mexique/USA: La diplomatie à la manœuvre

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4968 Le 24/02/2017 | Partager
Le secrétaire d'Etat américain se rend à Mexico pour calmer les tensions
Immigration, mur frontalier, commerce… autant de dossiers brûlants

Le président méxicain Enrique Peña Nieto est déterminé à refuser de se voir imposer des conditions par Washington. Il s'apprêtait d’ailleurs jeudi 23 février à recevoir à Mexico le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson pour dialoguer sur l'immigration, le mur frontalier et le commerce. Depuis son arrivée à la Maison-Blanche il y a un mois, Donald Trump a déclenché la pire crise diplomatique entre les deux pays depuis des décennies.

Le magnat de l'immobilier a lancé le projet de construction d'un mur à la frontière promis durant sa campagne et menacé de le faire financer en ponctionnant sur les envois d'argent à leur famille des Mexicains vivant aux Etats-Unis. Accusé de faiblesse par l'opposition de gauche, le gouvernement mexicain se retrouve également sous la pression de la rue après les propos incendiaires de Trump.
Ce dernier s'est par ailleurs engagé à renégocier, voire abroger, l'accord de libre-échange nord-américain Alena, trop favorable selon lui aux intérêts du Mexique. Une renégociation à haut risque pour l'économie mexicaine (aux exportations orientées à 80% vers les Etats-Unis) et dont le peso a lourdement chuté au cours des derniers mois pour atteindre son plus bas historique.

Pour sa part, le Canada a affirmé qu'il était prêt à rencontrer les Etats-Unis pour discuter des révisions de leur pacte commercial avec le Mexique que le président américain a qualifié de mauvais accord. «Le Premier ministre Trudeau a déclaré dès le début que nous serions heureux de nous asseoir à la table des négociations avec les Etats-Unis», a déclaré à la presse le ministre canadien du Commerce, Francois-Philippe Champagne, à Riga, la capitale de la Lettonie. Il a ajouté que l'accord de libre-échange nord-américain (Alena) qui date de 23 ans, a déjà été amendé par le passé.

Tout en précisant que «le commerce électronique n'existait même pas lors de sa dernière modification et qu'il existe un certain nombre de choses que nous pouvons examiner». Mais pour être clair: «il n'y a eu aucune notification officielle concernant le lancement d'un processus de renégociation de l'Alena», a-t-il souligné. Les liens économiques entre les Etats-Unis et le Canada qui partage la plus longue frontière commune du monde sont profonds. Les trois quarts des exportations du Canada vont vers les Etats-Unis tandis que le Canada est la première destination des exportations d'une trentaine d'Etats américains.

Croissance et changement

Le nouveau secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a détaillé jeudi 23 février les plans économiques de l'administration Trump. Il a promis une croissance de 3% fin 2018 et de grands changements sur le plan fiscal et de la déréglementation. La Réserve fédérale (Fed), comme le FMI, prévoient seulement 2% de croissance en 2018. L'expansion du PIB n'a été que de 1,6% en 2016, selon les chiffres du département du Commerce. Le gouvernement entend faire adopter sa vaste réforme fiscale dès août, a encore précisé Mnuchin. Son impact «sur l'économie et la régulation se fera sentir l'année prochaine, lorsqu'on commence à voir des changements dans les comportements», a-t-il expliqué. La réforme fiscale va conjuguer une baisse d'impôts pour les revenus moyens et une simplification des taxes pour les entreprises afin de rendre celles-ci «plus compétitives».

 

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