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Economie

Jeunes MRE: Diplômés, mais vivant toujours chez maman-papa

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4968 Le 24/02/2017 | Partager
Très peu d'entre eux s'impliquent dans la vie publique de leur pays d'accueil
Une majorité pense retourner au Maroc pour occuper un poste
Une étude révèle le profil de la nouvelle génération
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Les jeunes marocains d’Italie et des Pays-Bas affichent une grande volonté d’investir au Maroc. Ce n’est pas le cas de ceux, plus nombreux, qui vivent en France, en Allemagne ou en Belgique

Ils vivent en France, en Belgique, en Espagne, en Italie..., ils étudient ou travaillent et sont confrontés aux éternels problèmes d'intégration dans les pays d'accueil. Si les besoins et les attentes de la première et deuxième générations des MRE étaient connus, il en va autrement pour les jeunes. Une étude, commandée par le ministère de tutelle, a voulu remédier à cette lacune. C’est aussi une manière d’anticiper sur les changements qui se produisent au sein de la communauté marocaine installée à l’étranger, particulièrement celle d’Europe. «Nous sommes conscients que la sociologie de la population MRE a beaucoup évolué.

Il fallait donc chercher à mieux la comprendre, particulièrement la jeunesse qui a grandi différemment», souligne Anis Birrou, ministre des MRE et des Affaires de la migration. Concrètement, ce travail s’est fixé trois objectifs. Outre de dresser l’état des lieux des programmes existants, «nous voulions identifier les besoins et les attentes de ces jeunes, selon les spécificités de chacune des trois tranches d’âge, de sexe ainsi que du pays d’accueil». Mais derrière cette initiative, un objectif central. Il s’agit de définir une vision stratégique pour la mise en place d’une politique au profit des jeunes MRE, adaptée à leurs besoins et à leurs attentes.

Les principaux résultats de cette étude, menée auprès des jeunes dans six pays d’Europe où la présence de la communauté marocaine est forte, font apparaître des barrières à l’intégration via l’accès à l’emploi et au logement. Au niveau de leur statut professionnel et éducatif, plus de 80% ont déclaré qu’ils sont soit en formation (élèves ou étudiants) soit occupés (salariés ou indépendants). Reste que 36% des sondés éprouvent des difficultés  à poursuivre les études. Selon cette enquête, 23% parlent d’une discrimination à l’emploi. Au niveau de l’accès au logement, 75% de ces jeunes vivent encore chez les parents et souhaitent avoir leur propre logement. Autre paramètre, la maîtrise de la langue du pays d’accueil. C’est le premier pas pour l’intégration, sauf qu’à peine un peu plus de la moitié reconnaît recourir à cette langue pour communiquer. Par contre, 68,8% des jeunes maîtrisent la langue arabe.

Ce qui montre leur fort attachement au Maroc. D’ailleurs, 75% des jeunes visitent le pays d’origine au moins une fois par an. Autre signe de cet attachement, le mariage: 85% d’entre eux préfèrent que le conjoint soit Marocain. Mais attention, sur le plan de la citoyenneté dans les pays d’accueil, une écrasante majorité (75%) des jeunes se dit appartenir au pays dans lequel elle vit. D’ailleurs, l’un des enseignements de cette étude concerne la faible implication des jeunes dans la vie publique. En effet, à peine 10% des jeunes sont actifs dans la société civile et les partis politiques et 38% participent aux élections. Sur le plan culturel, 57% se déclarent porteurs de deux cultures à la fois.

Etre les ambassadeurs du Maroc

L’appartenance politique et associative concernant le Maroc reste très limitée. En effet, moins de 10% de l’échantillon sont adhérents à un parti ou une association marocaine. Sur les perspectives professionnelles au Maroc, 48% pensent retourner pour occuper un poste et 50% prévoient de revenir y passer la retraite.

L’étude s’est également attachée à identifier les défis à relever dont l’un porte sur la continuité. L’idée est de capitaliser sur l’accompagnement et le suivi de la communauté marocaine établie à l’étranger au cours de plusieurs décennies. Pendant toute cette période, il était question de consolider les liens, défendre les Marocains pour qu’ils soient «les ambassadeurs du pays». Pour maintenir et développer ce lien avec les jeunes, il est impératif de mettre en place une stratégie envers les enfants des MRE. L’idée est de les prendre en charge, de la petite enfance à l’âge adulte, indique la note de synthèse de l’étude.

Echantillon de 2.146 jeunes

L’étude a concerné des jeunes marocains âgés de 15 à 30 ans et résidant dans six pays d’accueil. Il s’agit de la France, l’Espagne, la Belgique, la Hollande, l’Italie et l’Allemagne. La taille de l’échantillon est de 2.146 jeunes. Les besoins et les attentes de cette population ont été traités selon trois axes: l’intégration, le lien avec le Maroc et le rapport à la citoyenneté dans le pays d’accueil. Il est à préciser que ce travail aura coûté 2 millions de DH.

 

 

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