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Textile: Le made in Maroc en perte de compétitivité!

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:4966 Le 22/02/2017 | Partager
Portugal, Turquie, Chine… La filière peine face aux importations massives
Six écosystèmes pour renforcer les filières

Malgré une méforme sur le marché local, le secteur du textile bénéficie d’une conjoncture favorable à l’export. En 2016, les exportations ont grimpé de 6%, avec un volume à l’export de l’ordre de 32 à 33 milliards de DH. «C’est une performance que nous attendions», soutient un dirigeant de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith). Avec ses performances à l’export, le Maroc affiche la deuxième meilleure croissance en termes d’exportations vers l’Europe, après le Vietnam.

L’embellie est due à une conjugaison de facteurs tels que le renchérissement des coûts de production en Asie. La compétitivité du textile marocain s’explique aussi par la stabilité du pays. Les principaux concurrents dans la région (la Turquie, la Tunisie, l’Egypte…) ne jouissent pas des mêmes atouts. S’y ajoutent les effets du plan d’accélération industrielle et d’autres mesures, «qui encouragent les opérateurs économiques à investir à nouveau dans le secteur», rappellent des opérateurs. Le Maroc s’est aussi spécialisé dans le fast-fashion (la mode rapide, avec une réactivité et une capacité à proposer de nouveaux modèles).

Sur ce segment, les textiliens marocains rencontrent une rude concurrence livrée par leurs homologues portugais, espagnols, turcs ou encore français, qui détiennent plus d’expertise.
Moins optimiste sur le marché local, la profession déchante malgré un marché local estimé à plus de 40 milliards de DH (chiffres de 2010). Exposé aux importations massives en provenance de la Turquie (qui subventionne à tour de bras ses exportateurs), le made in Maroc est en perte de vitesse sur son propre marché. Le secteur souffre aussi de la contrebande et de la contrefaçon de grandes marques.

S’y ajoute le développement massif d’enseignes low-cost, qui se fait «au détriment de dizaines de milliers d’emplois», dénonce l’Amith. Afin de se diversifier et aller au-delà de la confection, l’Amith a mis en place 6 écosystèmes. «Chaque segment où il y avait un savoir-faire et un potentiel marché local et à l’export a été constitué en écosystème afin d’y développer à la fois l’investissement, l’innovation, la technique et sa maîtrise», précise-t-on auprès de l’association professionnelle. L’initiative consiste à renforcer la promotion, le marché local et l’accès aux intrants des différents écosystèmes.
L’enjeu est de créer plus de 100.000 emplois à l’horizon 2020. Le nombre de grandes entreprises et PME qui ont bénéficié des programmes de croissance avoisine la soixantaine.

Le linge de maison

Un peu étroite, la filière locale du textile de maison est amenée à mettre en exergue tous ses atouts pour affronter une concurrence acerbe, notamment le made in China en vue de conquérir de nouveaux marchés. Dotée d’un outil de production performant, elle emploie un effectif de plus de 34.000 salariés et dégage un chiffre d’affaires de plus de 10 milliards de DH. Le secteur contribue à près de 7% de la valeur ajoutée industrielle et environ 5% de la production industrielle. La filière regroupe les couvertures & les tapis, le tissu d’ameublement & la tapisserie, le tissu-éponge, les broderies, les textures, la filature, la teinture.

 

 

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