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Politique

Tournée royale: Le Maroc se positionne en Afrique australe

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4965 Le 21/02/2017 | Partager
Finance, agriculture, mines, énergie, tourisme, infrastructure portuaire, les secteurs ciblés
Plusieurs conventions seront conclues entre le Royaume et la Zambie
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La Zambie est le premier producteur d’Afrique du minerai du cuivre. Le pays dispose également du cobalt, d’uranium, d’or, de diamant et du manganèse. En termes de points forts, relevés par Coface crédit, la Zambie recèle également un potentiel hydroélectrique important et bénéficie du soutien financier international.  Mais elle souffre d’un enclavement vis-à-vis de ses voisins et affiche de fortes inégalités, notamment en ce qui concerne la santé et l’éducation. Le coût de la vie y est également élevé, avec un taux d’inflation à deux chiffres sur les deux dernières années

Coup d’accélérateur aux relations de coopération entre le Maroc et la Zambie. «La visite  officielle du Souverain en constitue une impulsion majeure», se félicite le ministre zambien des Finances, Félix Mutati. Les hommes d’affaires marocains doivent saisir l’occasion et porter plus d’intérêt au marché, insiste-t-il. D’autant plus qu’il dispose d’importantes opportunités dans des secteurs où le Maroc se fait prévaloir d’expertises avérées tels l’agriculture et le tourisme.

D’où les attentes de Lusaka  de bénéficier de l’expérience marocaine. La veille de la visite royale, des chefs d’entreprise des deux pays ont tenu un forum à Lusaka. Objectif: examiner les moyens de renforcer leurs relations de partenariat dans plusieurs secteurs. En particulier, l’accent a été mis sur la nécessité de multiplier les contacts en vue d’édifier un nouvel écosystème d’affaires et d’établir de nouveaux ponts économiques entre le Maroc et la Zambie.
Pour le président de la Fédération zambienne des employeurs, Tyson Bruno Chisambo, relayé par l’agence MAP, ce forum d’affaires ouvrira à coup sûr des perspectives prometteuses pour la coopération maroco-zambienne. Il traduit  ce qu’un partenariat international peut offrir mais aussi une opportunité pour les hommes d’affaires d’échanger des idées et de partager leurs expériences.

Un constat que partage Miriem Bensalah Chaqroun, présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), avec cette nuance qui tient à l’implication profonde du secteur privé. «Ses représentants, au demeurant  acteurs clés de la diplomatie économique, doivent remplir leur mission dans le renforcement des liens commerciaux entre la Zambie et le Maroc», souligne Bensalah Chaqroun. Ceci, sans occulter le développement de l’investissement. «Nous devons passer à une autre étape de la proximité économique, celle de la création de valeur ajoutée partagée et d’investissements créateurs de richesses et d’emplois», a-t-elle souligné.

Tout en espérant de voir se dégager de nouvelles synergies et de nouveaux partenariats entre les communautés d’affaires des deux pays. Mieux, la chef de file des patrons marocains estime que la communauté des affaires «a la responsabilité de développer les deux pays ainsi que le continent africain dans son ensemble. L’objectif est de réaliser des investissements industriels, de créer des joint-ventures, de générer des emplois et de partager la richesse».

De son côté, la ministre zambienne du Commerce et de l’Industrie, Margaret D. Mwanakatwe a, quant à elle, souligné que le gouvernement zambien œuvre, en permanence, en vue de favoriser le climat des affaires et de renforcer la compétitivité de l’économie sur le marché régional et international. A ce titre, les mesures incitatives déployées ces dernières années ont permis déjà d’entrevoir l’avenir avec optimisme. Pour 2017, le taux de croissance prévisionnel atteindrait 3,2% et l’inflation sera limitée sous la barre de 9%.  

La Zambie, qui était dépendante durant plusieurs années du secteur minier, notamment le cuivre, opte désormais pour une diversification de son économie et une ouverture sur de nouveaux secteurs d’activités (haute technologie, énergie, agriculture, tourisme, infrastructures,…).
La rencontre des hommes d’affaires permettra également de stimuler les changes commerciaux entre les deux pays dont le montant s’est établi à 8,5 millions de dollars en 2016. «Ce qui est insuffisant, compte tenu de la qualité des relations politiques», relève le ministre zambien des Finances.

La présence à Lusaka d’opérateurs économiques marocains représentant plusieurs secteurs clés est de nature à changer la donne. Des profils d’acteurs majeurs en Afrique font partie, en effet, de la délégation marocaine. Ils représentent les secteurs des services financiers, les mines, l’énergie renouvelable, l’eau, le tourisme, la gestion des ports et des zones franches.

                                                                         

Croissance: La reprise attendue en 2017

L’économie zambienne représente le 3e PIB de l’Afrique australe avec 26,8 milliards de dollars. Mais elle reste dominée par les mines, l’agriculture et l’énergie hydroélectrique. Le rapprochement avec le Maroc peut en générer une diversification. La production minière (15% du PIB environ) pourrait augmenter à nouveau en 2017, après la forte baisse enregistrée en 2016 suite à la décision de plusieurs compagnies de réduire leurs capacités face à la chute des cours du cuivre. La mine de Sentinel, dont l’exploitation a débuté en 2015, devrait progressivement monter en puissance. Selon Coface crédit, l’activité du secteur industriel pourrait souffrir de l’insuffisance d’approvisionnement en électricité.

La sécheresse qui a touché le pays en 2016 a fortement réduit la production d’énergie, provenant en quasi-totalité des installations hydroélectriques. De meilleures conditions climatiques pourraient permettre d’améliorer la fourniture d’électricité en 2017, mais les capacités de production restent très insuffisantes pour couvrir les besoins des entreprises et des ménages.
Le secteur agricole devrait bénéficier d’une météo plus favorable qu’en 2016 et le secteur des services (télécommunications, commerce, services financiers), pesant pour plus de la moitié dans le PIB, devrait contribuer positivement à la croissance économique.

Le niveau élevé des taux d’intérêt (15,5% à fin 2016) et le manque de dynamisme de la demande pèseront sur l’investissement. La consommation des ménages devrait souffrir des conséquences d’une politique budgétaire plus restrictive ainsi que la hausse des prix.
L’inflation devrait être moins élevée en 2017 qu’en 2016, mais demeurait néanmoins nettement supérieure à la cible de la Banque centrale (7%).
Par ailleurs, la stabilisation du cours du kwacha pourrait limiter le renchérissement des importations. En revanche, les prix de certains produits (notamment l’essence) devraient progresser en raison de la baisse des subventions.
 

 

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