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La Turquie fait les yeux doux à Trump

Par Jihad RIZK | Edition N°:4964 Le 20/02/2017 | Partager
Fragile rapprochement avec le nouveau président US
Syrie et extradition de Gülen, les dossiers de divergence
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Pourfendeur de «l’Occident homophobe», le président turc Recep Tayyip Erdogan n’a pas protesté contre le projet d’interdiction d’entrée du territoire américain aux ressortissants des pays à majorité musulmane (Ph. AFP)

La Turquie «espère  forger des rapports étroits» avec le nouveau président des Etats-Unis, Donald Trump. Quitte à fermer les yeux sur leurs divergences. L’initiative des Turques pour un rapprochement n’est pas gagnée d’avance. Même si l’élection du nouveau président a été accueillie avec enthousiasme par la Turquie.  

Deux dossiers suscitent des tensions avec la Maison Blanche: la Syrie et l’extradition de  Fethullah Gülen, prédicateur exilé aux Etats-Unis. Ainsi, le Premier ministre turc Binali Yildirim a profité, le week-end dernier à Munich, d’une rencontre avec le vice-président américain Mike Pence pour aborder ces deux sujets. L’administration Trump «a l’opportunité de prendre des initiatives audacieuses» en matière de politique étrangère, a déclaré à l’AFP Ayse Sözen. Elle s’occupe des relations internationales auprès du président turc. Sur la base d’une réévaluation des partenariats commercial, militaire et sécuritaire, le nouveau gouvernement américain va «prendre des mesures pour améliorer les relations», estime la diplomate.

Le directeur de la CIA, Mike Pompeo, a réservé son premier déplacement officiel à la Turquie. Celui-ci intervient moins de 48 heures après le premier entretien téléphonique entre le président US et son homologue turc.
Ankara voit en Trump «l’homme qui peut accomplir (un rapprochement). Par conséquent, les Turcs n’émettent aucune critique sur son discours qui va à l’encontre de ce qu’ils défendent», explique Aaron Stein, du Centre Rafic Hariri pour le Moyen-Orient. Les dirigeants turcs espèrent convaincre leurs homologues américains sur les deux dossiers chauds. En dépit de ce volontarisme affiché, il y a des doutes sur la pérennité de cette embellie diplomatique: «L’actuelle lune de miel est tactique à court terme», souligne Fadi Hakura du centre de réflexion Chatham House basé à Londres. L’un des facteurs déterminants est la position de l’administration Trump vis-à-vis des milices kurdes dans le nord de la Syrie.

Le président Obama les avait appuyées pour combattre l’organisation terroriste «Daech». Ces milices kurdes sont «des organisations terroristes», selon Ankara. Car liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène une sanglante rébellion depuis 1984. La Turquie propose aux Etats-Unis de mener une opération conjointe pour reprendre Raqa, la «capitale» autoproclamée de Daech, mais sans les combattants kurdes.
L’autre dossier est celui de l’ex-imam Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme l’instigateur d’une tentative de coup d’Etat en juillet 2016. Ce que dément le concerné. La justice américaine aura le dernier mot sur l’extradition de Gülen.

 

 

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