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Economie

Couverture des catastrophes naturelles: La jeune expérience marocaine

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4962 Le 16/02/2017 | Partager
Doter le pays de couvertures modernes, une obligation
Zoom sur le PPR de la Banque mondiale et ses 200 millions de dollars
Pour des politiques de gestion des risques plus intégrées au Maroc
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En 2005, la Banque mondiale a conclu avec le Royaume du Maroc une collaboration qui porte sur la création du Centre africain des risques catastrophiques. La première étape aura été la création d’une cartographie détaillée des risques d’inondations et de tremblement de terre au Maroc. Ci-contre, une image de Casablanca baignant sous les eaux après de très fortes précipitations (Ph. L'Economiste)

La profession assiste à l’avènement des risques nouveaux comme les catastrophes naturelles et les risques environnementaux nécessitant des réponses structurées qui passent par la mobilisation de moyens financiers plus importants. L’organisation de la 41e assemblée générale de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (FANAF) au Maroc, une première en Afrique du Nord, est donc l’occasion pour la soixantaine de pays présents de poser les jalons de mécanismes innovants de protection financière. Car en 2030, il faudra pouvoir mobiliser 100 milliards de dollars, chaque année, pour que l’Afrique rattrape le niveau des pays développés.

La Banque mondiale (BM) expose à l’assemblée ses stratégies destinées à ses 4 principales cibles: les biens souverains, c’est-à-dire l’Etat, les populations les plus pauvres, les PME et le secteur de l’agriculture. En 2005, la BM a conclu avec le Royaume du Maroc une collaboration qui porte sur la création du Centre africain des risques catastrophiques, pour un budget annuel de 100 millions de dollars. Dès 2012, un modèle est mis en place pour une cartographie détaillée des risques d’inondations et de tremblement de terre au Maroc. Puis en 2016, un prêt pour résultats (PPR) de 200 millions de dollars est conclu entre les 2 parties pour appuyer le gouvernement marocain dans un programme visant la mise en place de politiques de gestion des risques plus intégrées.

Reste à construire l’ensemble de la chaîne nécessaire à cette initiative avec, comme prochaine étape, l’accompagnement dans l’implémentation de la loi relative au marché de l’assurance et de celle sur le fonds de solidarité. Car même si, comme le rappelle Bachir Baddou, DG de la Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance (FMSAR), le dernier tsunami au Maroc date de 1750 et le dernier tremblement de terre de 1961, «il est temps de doter le pays de couvertures modernes». Rajoutant que «en cas de péril important, impossible de laisser sur le bord de la route les non-assurés.

Nous ne devons pas mettre en place un système élitiste, mais un dispositif non assurantiel». Le Maroc possède donc une jeune expérience sur ce volet de l’assurance, démarrée avec un nouveau fléau, celui du terrorisme, c’est-à-dire des événements liés du fait de l’homme. La démarche intéressante, soulevée par Baddou, dans un pays comme le Maroc sans une tradition assurantielle bien ancrée, est donc la couverture par inclusion sur les contrats dommages ou responsabilité civile automobile.

Le secteur marocain des assurances en chiffres

Sur le 1er semestre 2016, les primes émises par les 18 compagnies en exercice se sont renforcées de 18,4% pour atteindre 20 milliards de DH, sachant que l’année précédente, elles avaient augmenté de seulement 6,3% à 16,8 milliards de DH. Le trio de tête reste inchangé avec Wafa Assurance, Royale Marocaine d’Assurance (ex RMA Watanya) et Axa Assurance Maroc détenant des parts respectives de 18,8%, 16,3% et 11,4%. L’assurance vie couvre les ⅔ de part de marché. De son côté, le chiffre d’affaires de l’assurance non vie a augmenté de 5,2% à 12,2 milliards de DH. L’automobile représentant le segment qui porte le plus la croissance de la branche non vie. Et ce, grâce à la dynamique des ventes de véhicules durant le 6 premiers mois de l’année 2016 (+34,3%). L’activité non vie est amenée à se développer davantage avec l’entrée en vigueur de l’assurance agricole et la création d’un régime de couverture des conséquences des catastrophes naturelles. A ce jour, seule la Mamda (mutuelle agricole marocaine d’assurance) assurait la gestion du système de garantie mis en place par le ministère de l’Agriculture, qui s’est attelé courant 2016 à la conception d’une offre d’assurance indicielle ou paramétrique adaptée aux agriculteurs.

La leçon panafricaine

Créée en 2012, la mutuelle panafricaine de gestion des risques réunit aujourd’hui 32 pays membres. Il s’agissait de prendre en compte l’accroissement des risques sur le continent, dont les ⅔ sont liés au climat. L’African risk capacity a ainsi déployé un modèle de risque contre la sécheresse, le plus important sur le continent. Ce logiciel déclenche une alerte précoce de l’événement et une planification d’urgence, ce qui permet aux pays touchés de disposer en amont des ressources suffisantes pour y faire face. En 2012, le Sénégal, la Mauritanie et le Niger ont été les premiers à bénéficier de cette alerte sécheresse précoce. Les 25 millions de dollars nécessaires pour absorber les conséquences de l’événement climatique ont été débloqués en seulement 2 semaines. Un modèle qui s’appuie sur le constat que 1 dollar dépensé lors d’une intervention précoce permet une économie de 4,4 dollars après l’éclatement de la crise.o

 

 

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