Economie

Transport de marchandises: Panne de la prime à la casse

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4961 Le 15/02/2017 | Partager
Un décret interdisant la circulation des véhicules de plus de 20 ans bloqué au SGG
Le renouvellement du parc suspendu à ce texte
Le programme reste plombé par la prédominance de l’informel
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Certains transporteurs suggèrent qu’au lieu de mobiliser un budget de 3 milliards de dirhams pour le renouvellement du parc, il vaut mieux les consacrer à indemniser les titulaires d’agréments pour laisser la mise à niveau du secteur (Ph. Jarfi)

Lancé en 2014, le programme de renouvellement des camions, des autocars et des véhicules de transport mixte est aujourd’hui à l’arrêt.  Selon les derniers chiffres du ministère du Transport, quelque 800 dossiers à peine ont été déposés depuis le 1er janvier 2014. Or, le dispositif cible plus de 55.000 camions, essentiellement de petits tonnages.

Le retard s’explique notamment par les règles du jeu qui ont changé en cours de route et qui constituent à présent un objectif sur lequel s’engage l’écosystème «poids lourds et carrosserie industrielle» pour la période 2015-2020. Reste maintenant à finaliser les modalités d’opérationnalisation du programme sur une base pluriannuelle. «Il s’agit maintenant de mettre en œuvre un package de mesures prévues par le contrat programme signé avec le gouvernement. La première porte sur l’interdiction des véhicules âgés de plus de 20 ans et qui est toujours au Secrétariat général du gouvernement», explique Adil Zaidi, président du Groupement du poids lourd et de la carrosserie (GPLC).  

L’adoption du projet de texte rendra de fait le renouvellement des véhicules vétustes obligatoire. L’on sait que de nombreux opérateurs rechignaient à déposer un dossier de demande de la subvention en estimant que le montant n’était pas assez attractif.
La deuxième mesure prévue par le contrat de performance concerne le changement du PTC (poids total en charge maximum) pour les véhicules. Il passera de 45 à 47 tonnes. «L’objectif est de permettre aux opérateurs de transporter plus de marchandises avec moins d’impact sur la voirie et l’environnement», déclare le président du GPLC.

En principe, l’utilisation de camions dotés d’une plus grande capacité de chargement se traduira par une diminution du nombre de véhicules circulant, la massification des flux de marchandises, la réduction de la consommation de gasoil et donc un impact réduit sur l’environnement. Un camion neuf consomme, par exemple, environ 30 l/100km contre 55 l pour un vieux véhicule. Ce qui devrait se traduire par une réduction de plus de 10% des émissions de gaz à effet de serre.
L’autre cause du retard du programme est attribuée aux conditions strictes imposées aux candidats. Ainsi, les transporteurs intéressés doivent d’abord être en règle avec le fisc et la CNSS. Ce qui n’est pas le cas de l’écrasante majorité des transporteurs qui opèrent dans un secteur plombé par l’informel et fortement atomisé. À l’inverse, les sociétés structurées et remplissant les conditions réglementaires ne disposent pas de véhicules d’au moins 15 ans d’âge.

En attendant de débloquer le programme qui aurait dû être achevé fin 2016, le ministère du Transport vient de lancer un appel d’offres pour la sélection d’une dizaine de démolisseurs de véhicules réformés. Les sites devront être répartis sur neuf régions pour une plus grande proximité avec les usagers. Les démolisseurs auront pour mission de procéder à la casse des véhicules ayant fait l’objet d’un programme de renouvellement. Au départ, il y avait un seul opérateur, mais qui était trop loin des bénéficiaires. Le marché sera attribué dans le cadre du programme 2014-2016 pour le renouvellement des autocars, camions et véhicules de transport mixte.
L’attribution de ce marché ne devrait pas contribuer à l’accélération de ce dispositif. Le blocage dans la formation du nouveau gouvernement empêche les différents intervenants de l’écosystème concerné d’avoir de la visibilité et donc d’investir.

Où est passé le contrat-programme transport de voyageurs?

Aucun dossier de demande de subvention pour le renouvellement des autocars n’a été déposé auprès du ministère du Transport, car le dispositif est suspendu à la signature d’un contrat-programme entre le gouvernement et les transporteurs. Ce qui n’a jamais eu lieu malgré l’engagement de l’ancien ministre de faire passer la réforme en force (Voir L’Economiste du 24 décembre 2012) même si les transporteurs n’étaient pas d’accord.
Rappelons que le programme cible 1.320 autocars. «Nous souhaitons reprendre le dialogue avec le ministre de tutelle car le parc d’autocars est en train de vieillir et cette situation de blocage n’arrange les intérêts de personne», confie Fouad El Ayoubi, président de la Fédération marocaine du transport routier public de personnes/CGEM).

 

 

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