Régions

Rabat: La mairie déballe…

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:4957 Le 09/02/2017 | Partager
Gestion déléguée: Redal traîne toujours ses casseroles
Collecte de déchets: la qualité de service des 3 opérateurs en deçà des attentes
Laxisme dans la gestion du patrimoine communal: des cas flagrants dénoncés

Les élus de Rabat se penchent rarement sur les véritables problèmes de leurs concitoyens. Mais cette fois-ci, la première réunion de la session de février du conseil de la ville, ouverte mardi dernier, a fait exception. Elle a été marquée par un débat sérieux entre l’opposition, composée des élus du PAM et ceux de la FGD, et l’équipe dirigeante, conduite par le maire Pjdiste Mohamed Sadiki. Le débat était focalisé sur les problèmes de la gestion déléguée de certains secteurs. En matière de collecte des déchets, il a été ainsi décidé à l'unanimité de déployer des efforts pour améliorer la qualité de service des trois opérateurs. «Une prestation qui n’est pas au niveau par rapport au coût supporté par la commune qui dépasse les 200 millions de DH par an», regrette un conseiller du PAM. Les élus de l’opposition pointent du doigt le laxisme en matière de contrôle et de suivi avec l’application des pénalités qui s’imposent. Les explications avancées par l’adjoint du maire, responsable du secteur, n’étaient pas convaincantes. Le montant des pénalités au titre de l’année 2016 ne dépassait pas 3 millions de DH. Il explique cette situation par certaines failles au niveau du cahier des charges qui rendent difficile un contrôle rigoureux de l’activité des opérateurs. La crise profonde qui frappe depuis des années Stareo, la société des bus, a également été soulevée par les élus de l’opposition. Concernant ce point, le maire a rappelé la décision prise par le groupement Al Assima de confier ce secteur à une société privée qui devrait être optionnelle au plus tard début de l’année prochaine (cf. notre édition n°4951 du 1er février). Les problèmes concernant la société Redal ont été également soulevés par Abdelfattah El Aouni du PAM. Il réclame l’harmonisation de la situation de Redal avec les dispositions de la nouvelle loi organique 113-14 relative aux communes. Ainsi, son article 134 prévoit la création d’un établissement de coopération intercommunale pour exercer certaines missions de services publics dont la distribution de l’eau potable et de l’électricité ainsi que l’assainissement liquide, assurés actuellement par Redal. 

Pour rappel, Redal mène depuis deux ans la révision de son contrat quinquennal, et arrive à terme de l'opération. Toutefois, la signature du contrat bloque au niveau de l’écart d’investissement non réalisé par Redal estimé à 1,5 milliard de DH. «Pour signer le nouveau contrat, il a été demandé au délégataire de reconnaître ce montant comme dette», précise le maire. Une condition rejetée par l'opérateur qui explique son refus par les lourdes conséquences en cas de rupture du contrat avant son échéance normale, avance une source proche du dossier. Face à ce blocage, le dossier a été soumis au ministre de l’Intérieur pour arbitrage, indique le maire de Rabat.
Par ailleurs, les élus de l’opposition reprochent à l’équipe dirigeante l’absence d’une stratégie avec des mesures concrètes pour la valorisation du patrimoine communal de Rabat. Plusieurs exemples ont été avancés pour confirmer ce laxisme marquant la gestion de ce secteur qui présente des potentialités pour contribuer à l’amélioration des recettes de la ville. «On a constaté que les biens communaux sont loués à des prix dérisoires par rapport au marché», regrette Omar Hyani, conseiller de l’opposition (FGD). Pour étayer son constat, il avance des exemples criants. C’est le cas notamment de la location de 8 chalets d’une grande superficie à un tarif mensuel de 150 DH par unité. Ces chalets sont situés à Agdal dans une zone parmi les quartiers les plus chers de Rabat. Le même constat est valable pour des locaux de commerce qui appartiennent à la commune et loués à un prix insignifiant. A travers ces locations, certains bénéficiaires ont pu réaliser des affaires au détriment de la commune. On évoque le cas d’un local loué auprès de la commune à 250 DH puis reloué par son locataire à 20.000 DH par mois. Ce laxisme touche également les panneaux publicitaires avec des redevances dérisoires, soit 4.000 DH par mois, un tarif largement inférieur aux prix du marché. La majorité des contrats ont été conclus pour de longues durées entre 1998-2028 au profit de certains opérateurs. Et de surcroît, «une soixantaine d’entreprises d’affichage ne paient pas leur dû à la commune, sans que les panneaux ne soient enlevés à aujourd’hui», ajoute Omar Hyani. 

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Fonctionnaires fantômes?

Assurer une gestion rationnelle des ressources humaines figure également parmi les points soulevés par les élus. Sur ce sujet, des précisions ont été avancées par le maire qui selon les informations dont il dispose ne pourra pas confirmer pour le moment l’existence de fonctionnaires fantômes. L’effectif du personnel s’élève à 4.597 dont le grand lot se trouve au niveau de la commune (1.648 fonctionnaires). Le reste est réparti entre les cinq arrondissements de la capitale avec 471 personnes mises à la disposition de la wilaya et 297 autres affectations diverses. Pour ces dernières, aucune précision n’a été apportée par le maire, «ce qui explique l’absence de volonté de rationaliser la gestion du personnel qui absorbe près de 40% du budget de la commune», signale Hyani. 

 

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