Evénement

Chômage: Faut-il brûler son diplôme?

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4957 Le 09/02/2017 | Partager
Plus de 25% des lauréats des facultés sont sans emploi
Les diplômés des écoles et instituts relativement épargnés
Les 2/3 des demandeurs sur la touche depuis plus d'une année
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Les sans-diplômes constituent la seule catégorie dont le taux de chômage est en dessous du niveau national. Plus du tiers des chômeurs ont un diplôme de niveau supérieur

La détention d'un diplôme semble paradoxalement augmenter le risque de se retrouver au chômage: 854.000 diplômés n'arrivent pas à trouver de travail alors que seuls 251.000 sans diplômes sont au chômage (Source: HCP). Pour les premiers, le taux de chômage est à 16,9%, soit 4,5 fois celui des sans-diplômes!

Ces chiffres du Haut commissariat au plan rendent aussi compte d'un taux d'activité élevé des diplômés puisqu'ils sont plus nombreux à chercher un emploi. Sauf qu'ils ne semblent pas tous employables. Cela dépend de la nature du diplôme. 
Les lauréats des écoles et instituts sont relativement épargnés par le chômage. C'est d'ailleurs la seule catégorie qui enregistre un taux de chômage inférieur à 10%. Il a néanmoins augmenté de 0,1 point en 2016, s'établissant ainsi à 9,8%.
 En revanche, les diplômés des facultés éprouvent toujours autant de mal sur le marché de l'emploi. Ils ont un taux de chômage représentant  2,7 fois le niveau national (25,3%) et il est en hausse comparativement à 2015. Les certificats en spécialisation professionnelle, les diplômes en qualification professionnelle, les  diplômes de techniciens et de cadres moyens ne sont pas mieux lotis. Ils sont tous à des taux de chômage dépassant la barre des 20%, renvoyant ainsi à la qualité des formations, voire à leur inadéquation par rapport à l'offre. Certaines filières n'ont en fait que peu de valeur sur le marché du travail. Le problème vient aussi de la dégradation de certains diplômes en raison de la qualité de la formation. 

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Les citadins, les jeunes et les femmes sont la catégorie la plus touchée par le chômage

A côté des problèmes de formation, le marché du travail connaît aussi un déficit en termes d'offres de la part des entreprises capables d'absorber le flux des diplômés. 
En 2016, le profil des chômeurs n'a pas connu d'évolution comparativement à 2015. Le phénomène reste surtout urbain (79,5%) et touche les femmes tout autant que les jeunes et les diplômés. Dans les villes, plus de huit femmes sur dix sont à la recherche d'un emploi contre 7 hommes sur 10.  Et plus de 6 jeunes sur dix sont à la recherche d'un poste alors que le 1/3 des chômeurs détiennent un diplôme de niveau supérieur. 
La population active au chômage se caractérise aussi par le nombre important de primo-demandeurs: 54,7%. A ce niveau aussi, la proportion des femmes est plus importante: plus de six sur sept femmes sont à la recherche de leur premier emploi. 
Autre caractéristique, le chômage de longue durée (plus d'une année). Il concerne les deux tiers des demandeurs d'emploi. Les chiffres du HCP révèlent aussi que 23,9% de personnes se sont retrouvées au chômage suite à un licenciement et 5,2% en raison de l'arrêt de l'activité de l'entreprise!

 

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