Economie

Compensation: Le butane pourrait s’embraser en 2017

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4956 Le 08/02/2017 | Partager
Le baril du pétrole poursuit son rebond
Près de 10 milliards de DH seraient engloutis par le gaz

La charge de compensation continue de décrocher. L’année 2016 a terminé sur un total en baisse de 9% à 10,4 milliards de DH. Mais la tendance pourrait s’inverser cette année. Le rebond qui se dessine pour les cours du pétrole, dont dépendent ceux du gaz naturel, pourrait embraser la facture. Les cours mondiaux du sucre brut sont également orientés à la hausse pour la 2e année consécutive (Voir infographies ci-contre). Face aux incertitudes qui entourent ces marchés, le projet de loi de finances 2017 table sur un montant de subvention de 14 milliards de DH, dont 70% dédié au gaz butane, soit 10 milliards de DH. C’est donc la totalité du soutien accordé en 2016. 

Au total, le soutien au gaz butane a coûté 7 milliards de DH au lieu de 8,6 milliards une année auparavant. C’est l’effet prix qui explique ce recul puisque la consommation a marqué une progression de 4,7%.  
Selon le dernier rapport de la Caisse de compensation, les prix de reprise du gaz butane avaient enregistré un plongeon de 24% sur le premier semestre 2016 pour s’apprécier de 4% lors du second semestre. Une hausse liée à la légère augmentation du prix du baril amorcée à partir de juin 2016.

Le marché du sucre toujours fluctuant 

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Le marché mondial du sucre est déficitaire depuis 2015, ce qui a entraîné une forte hausse des prix. Actuellement, le marché s’oriente à la baisse après la révision de la production mondiale à la hausse. Ainsi, les cours internationaux de sucre ont connu une forte hausse entre juin et septembre 2016, passant de 552,5 dollars/tonne à 597,2 dollars. Pour amorcer une chute rapide et relativement prononcée par la suite. Pour la FAO, la forte baisse des cours internationaux du sucre en décembre 2016 est principalement imputable à une dépréciation continue du réal brésilien par rapport au dollar, qui a stimulé les exportations de sucre. Entre décembre 2016 et janvier 2017, le cours du sucre brut a augmenté de 15%, et s’est établi à 538 dollars/tonne.

Or, le gaz  butane concentre 20% de la consommation des produits pétroliers, en raison de son utilisation par les ménages et le secteur agricole. En effet, 59% de ce produit est consommé par les ménages et 39% par l’agriculture. Il est utilisé dans le secteur agricole essentiellement pour le pompage d’eau et pour le chauffage dans l’élevage avicole et les cultures sous serres. En 2016, la consommation du gaz butane s’est élevée à près de 2,3 millions de tonnes contre 2,1 millions de tonnes en 2015.
Quant aux dépenses de soutien aux prix du sucre produit localement, elles se sont établies à 3,4 milliards de DH contre 2,9 milliards en 2015, soit une hausse de 16%. Ceci, bien que les importations se sont contractées de 4%. Forte hausse des cours mondiaux oblige, la Caisse a dû également débourser 280 millions de DH au lieu d’une recette, au titre des équivalents tarifaires, de 230 millions, une année auparavant.  
Cette situation s’explique par  la fluctuation des cours sur le marché international, enregistrant une moyenne annuelle en 2016 de 421,87 dollars/tonne contre 364,96 dollars/tonne en 2015. Selon les dossiers d’importations remis à la Caisse, la hausse se situe à 16% par rapport à 2015. 
Une tendance qui devrait se maintenir face au déficit qu’accuse la production mondiale du sucre en 2016-2017.
Parallèlement, la consommation nationale augmente annuellement d’environ 2%. Pour le moment, la production locale couvre la moitié des besoins. Un niveau promis à la hausse avec la prochaine saison qui s’annonce bonne après le record exceptionnel de la campagne précédente. C’est l’effet des investissements dont a bénéficié le secteur sur la dernière décennie: 5,5 milliards de DH. Mais le Marocain demeure l’un des premiers consommateurs du sucre dans le monde, avec 36 kg/an en moyenne. 

L’Opep tait momentanément ses divisions 

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Fin septembre 2016, un accord de principe est conclu en Algérie en vue d'une réduction de la production de l’Opep. Après de laborieuses négociations, cet accord est confirmé et détaillé lors de la réunion de l’Opep le 30 novembre à Vienne. Les quatorze pays membres du cartel pétrolier, qui fournit environ un tiers du pétrole mondial, ont convenu de réduire leur production d'environ 1,2 million de barils par jour, soit environ 3%, pour la ramener à 32,5 millions de barils/jour, contre environ 33,6 millions en octobre. C’est un niveau record.
Cet accord est entré en vigueur en janvier 2017 pour une période de six mois.
Enfin, au mois de décembre, l’Opep est parvenue à convaincre un groupe de onze pays non membres du cartel, dont la Russie, de réduire leur production l'an prochain. Ce qui augure d’un baril au-dessus de 60 dollars en 2017. 

 

 

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