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Economie

Fitch décortique le retour du Maroc à l’UA

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4954 Le 06/02/2017 | Partager
Une influence diplomatique et un potentiel d’échanges commerciaux
Les ambitions pour le continent réaffirmées

RENFORCER l’influence diplomatique du Maroc en Afrique et stimuler le commerce régional… autant d’atouts attendus du retour du Maroc à l’Union africaine (UA). Une nouvelle analyse de BMI Research (une unité du groupe Fitch) estime que cette avancée laisse présager de bons augures pour le Maroc qui ambitionne de devenir un carrefour d’échanges entre l’Europe et l’Afrique. Le Royaume reste l’un des premiers investisseurs du continent, la 6e économie en valeur nominale, la 11e population et le 4e budget militaire. Autant de privilèges qui lui permettront de renforcer son influence sur le continent africain.

Le Maroc se tourne de plus en plus vers l’Afrique subsaharienne pour de nouveaux marchés. Au cours des dernières années, le Roi Mohammed VI a multiplié les visites dans les pays subsahariens. Le réseau marocain grandissant en Afrique est un facteur important pour de nombreux investisseurs étrangers dans le pays. Le Maroc utilisera également son nouveau pouvoir de lobbying sur la question du Sahara, «mais une solution rapide reste encore peu probable», estiment les experts de BMI Research. Sur cette question, Rabat peut toutefois réaliser de nouvelles avancées grâce à son influence diplomatique renforcée. Le Maroc a beaucoup investi au Sahara, une région qui affiche aujourd’hui le PIB par habitant le plus élevé. Dans le cadre du nouveau modèle de développement, l’Etat injectera près de 77 milliards de DH dans les 3 régions du Sahara. Au total, 200 projets seront lancés, permettant ainsi la création de dizaines de milliers d’emplois directs. Par exemple, près de 17 milliards de DH seront consacrés à la valorisation des phosphates au Sahara.

Cette réadmission au sein de l’Union africaine marque aussi une étape positive pour les ambitions régionales du pays. L’attractivité politique et économique du Maroc lui permet d’attirer des investissements. Une meilleure production agricole et un secteur primaire performant devraient stimuler la croissance marocaine en 2017. Celle-ci va s’accélérer pour atteindre 4,3% cette année. L’adhésion du Maroc a le potentiel de renforcer l’UA, en finançant des programmes de développement et en participant à des opérations de maintien de la paix. Le Maroc a intensifié ses efforts pour accroître son influence dans la région, à travers des initiatives diplomatiques, des investissements des entreprises privées marocaines (principalement de Maroc Telecom, Attijariwafa bank, BMCE Bank of Africa, BCP, Managem, Royal Air Maroc, Ynna Holding, Addoha et Alliances…) et peut aussi miser sur son leadership culturel/religieux. Des investissements ont également été annoncés, dont un mémorandum d’accord sur la construction d’un gazoduc Transafricain entre le Nigeria et le Maroc signé en décembre 2016 entre le fonds souverain marocain Ithmar Capital et Nigeria Sovereign Investment Authority (NSIA). Idem pour les unités de fertilisants lancés en Ethiopie et au Nigeria visant à améliorer la productivité agricole.

Une triple opportunité pour le Maroc

LE dernier rapport consacré par le McKinsey Global Institute aux perspectives économiques de l’Afrique (cf. notre édition N° 4921 du 21/12/2016), montre que la dynamique d’émergence du continent, même ralentie, reste solide. La poursuite de l’essor africain recèle trois grandes opportunités pour le Maroc: «d’accroître ses débouchés commerciaux, de densifier ses liens économiques avec l’Afrique de l’Est et le Nigeria, en forte émergence, et de renforcer la coopération technique en diffusant les bonnes pratiques du modèle marocain».

F. Z. T.

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