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International

Croissance, inflation, chômage: Les bons indicateurs de la zone euro

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4952 Le 02/02/2017 | Partager
Une reprise un peu solide malgré les risques
L’Europe incitée à renforcer sa politique industrielle et commerciale
Le Maroc devrait profiter du redressement
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Une croissance en hausse, un chômage en baisse, une inflation maîtrisée… c’est le tableau dressé par l’Office européen des statistiques, Eurostat, pour la zone euro au dernier trimestre 2016. Ce sont aussi des résultats qui sont de bon augure pour l’année 2017

La croissance dans la zone euro a accéléré au quatrième trimestre 2016. Elle s’est établie à 0,5% contre 0,4% au troisième trimestre, selon les chiffres d’Eurostat qui dresse un bilan économique encourageant. Sur l’ensemble de l’année 2016, la croissance a néanmoins ralenti: +1,7%, contre 2% en 2015. La reprise se dessine et le Maroc devrait profiter de ce redressement. Plusieurs instituts de conjoncture tablent sur des projections optimistes pour cette année. La zone euro devrait enregistrer une croissance de +1,6% en 2017, d’après les estimations d’Euler Hermes.

Pour ses experts, la région fera face «aux mêmes ennemis qu’en 2016 (Brexit, situation des banques italiennes), mais l’arsenal de mesures institutionnelles déployé (politique monétaire accommodante, stimulus budgétaire et plan Juncker) permettra de maîtriser les risques». Le nouveau contexte international, avec davantage de multilatéralisme pourrait aussi «inciter l’Europe à renforcer sa politique industrielle, commerciale et d’innovation pour faire face aux assauts de la Chine et des Etats-Unis».

Ceci risque d’être retardé à 2018 du fait d’un agenda électoral chargé, mais les points clefs pourraient être mis en avant dès cette année par les Etats membres. L’Europe devra composer avec un calendrier politique chargé. Les Pays-Bas en mars, la France en avril, l’Allemagne en septembre. De plus, dans tous ces pays, les partis politiques dominants doivent faire face à des concurrents sérieux. Cependant, l’Europe fait preuve d’une solide résilience politique, et devrait faire face aux intempéries.
Quant à l’inflation, dans les 19 pays membres de la zone euro, elle a bondi de 1,8% en janvier, contre 1,1% en décembre, d’après Eurostat. Ce taux est supérieur aux attentes des analystes qui tablaient sur 1,5%, proche de l’objectif de la Banque centrale européenne qui table sur 2%.

En Allemagne, pays où les retraités sont nombreux et l’épargne reine, les appels à un changement de politique de la BCE s’intensifient après les premiers signes d’accélération de l’inflation en décembre. En réponse, le président de la BCE Mario Draghi avait appelé mi-janvier à la patience, ne voyant pour l’heure pas de progrès «convaincants» sur le front de l’inflation. En effet, l’accélération de cette dernière est avant tout conditionnée par la hausse des prix de l’énergie. Ils ont bondi en janvier à +8,1% contre +2,6% en décembre. L’inflation sous-jacente (hors énergie, produits alimentaires, boissons alcoolisées et tabac) est d’ailleurs restée stable à 0,9%.

A ces deux données économiques, s’ajoute une troisième: le taux de chômage a poursuivi sa décrue en décembre s’affichant à 9,6% contre 9,7% en novembre. L’Allemagne est en effet au plein emploi avec le taux de chômage le plus bas de la zone, à 3,9%, avec néanmoins un bémol: le nombre toujours croissant des travailleurs pauvres. Ce n’est pas le cas de la majeure partie des autres pays de la zone euro, qui peinent à retrouver les niveaux d’emplois d’avant la crise financière de 2007-2008. En Grèce et en Espagne, qui affichent les niveaux les plus élevés, le taux de chômage était de respectivement 23% (en octobre, dernier chiffre disponible) et de 18,4%. La France était pile dans la moyenne de la zone euro à 9,6%.

Sa croissance devrait d’ailleurs augmenter de 0,4% aux 1er et 2e trimestre 2017, d’après les estimations de l’Insee. Le PIB français a progressé de 1,1% en 2016, un chiffre décevant au vu des objectifs fixés par le gouvernement qui  tablait sur une hausse de 1,4%. Euler Hermes estime que la dynamique économique française reste positive et que les perspectives 2017 sont encourageantes. «L’année dernière, l’économie française a été affectée par une demande externe plus faible et des aléas exceptionnels.

Néanmoins, le dernier trimestre 2016 prouve que la tendance est positive, et laisse même augurer une croissance de +1,4% en 2017, après +1,1% en 2016», explique Stéphane Colliac, économiste France chez Euler Hermes.  Côté entreprises, l’on anticipe une hausse des chiffres d’affaires de +1,4% en 2017 (+0,3% en 2016), qui trouve sa source dans le regain de confiance et d’optimisme des chefs d’entreprises. Les entreprises françaises pourront aussi profiter d’une demande externe qui retrouvera des couleurs l’année prochaine.
Pour sa part, le taux de chômage (selon la méthode de calcul Insee qui diffère de celle de Pôle Emploi) devrait légèrement reculer. Il atteindrait à la mi-2017 9,5% de la population active en métropole et 9,8% en outremer.

 

 

 

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