Politique

Trump, seul contre le reste du monde

Par Reda BENOMAR | Edition N°:4951 Le 01/02/2017 | Partager
L’Union africaine solidaire avec les trois pays continent visés
La liste des provenances non grata pourrait s’allonger

Le décret sur l’immigration n’en finit pas de faire des vagues. Il n’est pas exclu que la liste des 7 pays initialement visés s’allonge. «S’il y a beaucoup de terroristes qui viennent des autres pays, bien sûr, on va les ajouter sur la liste», a déclaré le représentant du Parti républicain en France, Marc Porter. Donald Trump a fait l’unanimité contre lui. Lors du Sommet de l’UA, le président guinéen Alpha Condé, fraîchement élu président de l’Union africaine, a appelé le continent à marquer sa solidarité avec les trois pays africains (Somalie, Libye et Soudan) visés par le décret anti-immigration controversé du locataire de la Maison Blanche.

Que dit le décret? Intitulé «Protéger la nation contre l’entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis», le décret a été mis en application dès sa signature, le 27 janvier. Le texte établit une liste de «pays à risque»: le Yémen, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et l’Irak. Paradoxalement, il ne comprend ni l’Arabie saoudite ni le Pakistan auxquels étaient liés les responsables des attentats de San Bernardino et d’Orlando. Le décret interdit pendant 90 jours toute entrée sur le territoire américain aux ressortissants et réfugiés de ces sept pays. Les réfugiés syriens, dont seulement 18.000 ont été acceptés aux Etats-Unis depuis 2011, sont eux définitivement interdits d’entrée.

De façon plus générale, le texte bloque le processus d’admission des réfugiés du monde entier pendant 120 jours. Pour les binationaux non américains, c’est la nationalité de l’un des Etats visés qui primera et ils se verront interdire l’accès au territoire américain si l’une des nationalités est celle d’un des sept pays visés par le décret, à l’exception du Royaume-Uni, de l’Australie et du Canada, qui ont déclaré avoir obtenu une exemption de leurs ressortissants. Que dit la loi américaine? La loi sur l’immigration et la nationalité de 1965 interdit toute discrimination à l’égard des immigrés sur la base de leur origine.

Ce texte traite chaque pays de manière équitable concernant la politique des quotas migratoires en place. A Brooklyn, Boston, Alexandria et Seattle, quatre juges fédéraux ont imposé un sursis d’urgence au décret. Ces décisions ont eu pour conséquence d’interdire aux autorités américaines de refuser l’entrée ou d’expulser les personnes originaires des pays concernés, mais seulement si les personnes concernées disposaient d’un visa valide.  

Qui en a fait les frais? Toutes les personnes bloquées dans les aéroports. Mais Donald Trump est allé plus loin en limogeant la ministre de la Justice par intérim qui s’opposait à l’application de ce décret. Sally Yates avait ordonné aux procureurs de ne pas défendre ce texte qui interdit temporairement l’entrée aux Etats-Unis des ressortissants de sept pays à majorité musulmane et de tous les réfugiés. Ancienne numéro deux du département de la Justice sous l’administration Obama, elle avait mis en doute, dans son mémo envoyé aux différents procureurs, la légalité du décret.

La Silicon Valley entre en résistance

Près de deux tiers des salariés en informatique et mathématiques en Silicon Valley sont des immigrants. 61% des ingénieurs. Il semble évident que sans l’immigration, la Silicon Valley n’existerait pas. Pour rappel Sundar Pichai et Staya Nadella, respectivement PDG de Google et Microsoft sont des immigrés indiens. Sans oublier Steve Jobs qui était fils d’immigrés syriens. Face aux mesures radicales de Trump, qui pourraient impacter fortement la Silicon Valley, Google, Apple, Netflix, Tesla, Uber, Facebook, Amazon, Airbnb et Microsoft ont décidé de réagir. Le géant de la recherche sur le web a décidé de créer un fonds de 4 millions de dollars pour lutter contre la mesure et protéger les personnes affectées. Tandis que Microsoft et Amazon ont décidé d’entamer une procédure de justice contre le décret anti-immigration du président des États-Unis. Les deux géants de Seattle sont prêts à collaborer avec Bob Ferguson, procureur général de l’État de Washington, opposé au décret.

 

 

 

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