Competences & rh

«Les élus locaux doivent s’approprier les objectifs de l’université»

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4950 Le 31/01/2017 | Partager
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Pour Abdellatif Miraoui, président de Cadi Ayyad, l’université est une puissance économique pour une région et un moyen de développement sur le plan territorial et les collectivités locales doivent interagir avec cet outil mis à leur disposition (Ph. L’Economiste)
 

- L’Economiste: Vous militez pour une plus grande collaboration entre la commune, la région et l’université.
- Abdellatif Miraoui:
C’est une nécessité! Il faut surtout que la région et la commune s’approprient les moyens, mais aussi les objectifs de l’université pour aller de l’avant et donner une véritable attractivité à la région. Nous venons d’entamer un cycle de rencontres avec la région de Marrakech-Safi, qui est en train de définir son plan de développement 2017/2021. Le but est d’identifier les points de synergie entre son plan et celui de l’université. Que les objectifs de recherche de Cadi Ayyad soient par exemple en parfaite adéquation avec ceux du conseil régional. C’est une occasion pour définir les thématiques de la recherche que la région souhaite promouvoir et derrière cela, il y a bien évidemment les opportunités d’emploi. Nous avons déjà des points de chevauchement dans nos différents programmes.
 
- Concrètement, de quelle manière pourraient contribuer les collectivités locales au rayonnement de l’université? Et quels sont les besoins sur le plan financier?
- Nous ne sommes pas dans une approche de subvention. Avec le président de la région, Ahmed Akhchichen, nous partageons la même vision et l’idée est de travailler ensemble sur un certain nombre de projets et d’actions que nous pouvons mettre en commun. Cela peut concerner le développement durable, la préservation du patrimoine de la région, la formation du personnel. Il y a également des actions qui concernent les jeunes de la région Marrakech-Safi. Comme vous le savez, notre région comprend de grandes poches de pauvreté dans ses communes provinciales et souvent des étudiants brillants, issus de milieux défavorisés, ne peuvent bénéficier de certains programmes (mobilité des étudiants) par manque de moyen.
Autre exemple, l’université qui n’est pas dépositaire de l’action sportive souhaite développer ce para-universitaire, indispensable pour la vie d’étudiant. Voilà le genre de besoins pour lesquels nous souhaitons une plus grande implication des acteurs locaux.
 
- Qu’en est-il du déploiement de l’université dans les autres régions?
- Il ne faut surtout pas oublier que l’université est une puissance économique pour une région et un moyen de développement sur le plan territorial. Il faut avoir une réflexion mûre et globale de ce que l’on souhaite en faire. Doit-on rapprocher l’université de l’étudiant ou rapprocher ce dernier de Marrakech où sont installées la plupart des facultés. C’est une question que l’université ne souhaite pas trancher toute seule. Les acteurs politiques de la région et de la commune doivent d’impliquer là-dessus. Maintenant que la région Marrakech-Safi est dotée de nouvelles compétences dans le cadre de la régionalisation avancée, ce nouveau cadre impose la préparation d’une démarche d’intégration et d’interaction de l’université avec les parties prenantes nationales et régionales. En Europe par exemple, les régions sont très investies dans le domaine universitaire et cela a permis, non seulement de développer leur territoire sur le plan économique, mais aussi de mettre au cœur de ce développement l’université et ses moyens et outils de recherche.

Propos recueillis par
Badra BERRISSOULE

 

 

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