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Fès-Médina: Le centre historique reprend vie

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4950 Le 31/01/2017 | Partager
La réouverture des médersas aux étudiants est imminente
La bibliothèque Al Quaraouiyine et autres sites…au menu
Impliquer la population dans le développement, un grand défi
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Préserver le cachet spirituel et académique de Fès s’exprime par les projets menés au niveau de sa médina. Ainsi, après une restauration «réussie», tous les sites historiques devraient être mis en avant, ouverts et accessibles au public marocain et étranger (Ph. Y.S.A.)

Avec la réouverture imminente des médersas et autres sites historiques de la ville de Fès, la médina reprendra vie. Ses habitants ainsi que son commerce, lourdement impacté par la crise, aussi. En effet, la cité Idrisside, autrefois cœur battant de l’économie locale, a longtemps souffert de l’usure du temps. A telle enseigne que ses monuments tombaient en ruine. Le mausolée Moulay Idriss, la Quaraouiyine, et autres édifices de grandes charges historiques étaient sur le point de rendre l’âme quand le Souverain a ordonné leur réhabilitation. Par étape, les opérations menées ont permis de récupérer un patrimoine inestimable, attestant d’un savoir-faire –savoir-être aussi- d’une capitale millénaire (12 siècles). En mars 2013, le Roi lançait la plus grande opération de restauration des monuments de Fès, jamais réalisée auparavant. D’une main de fer, le projet qui concerne 27 sites historiques voit le jour. Inaugurés en juin dernier, mais toujours fermés au public, ces monuments redonneront du sens au voyage dans l’histoire recommandé aux visiteurs de Fès.

Signalons qu’à elle seule, la médina offrira à ses visiteurs un lieu riche en histoire, à chaque ruelle une découverte surprenante entre les boutiques de coin de rue, les ateliers des artisans, les foundouks et les médersas. Lieux d’histoire, de culture, d’artisanat et de commerce, ces édifices reprendront leur activité incessamment. En tête, la médersa Seffarine et la bibliothèque Khizanat Al Qaraouiyine, dont l’ouverture serait imminente.
Pour rappel, le Roi avait donné instructions, le 24 juin 2016, pour le relogement de certains étudiants de l’Université Al Qaraouiyine et qui sont en dernière année dans la medersa Mohammadia, comprenant 25 chambres et deux salles de cours, et dans les medersas construites à l’époque des mérinides, à savoir Seffarine (25 chambres et trois salles de cours), Mesbahiya (35 chambres et deux salles de cours) et Sbaiyyine (23 chambres).

Conformément aux orientations royales, il sera également procédé à l’ouverture de medersa Sahrij (26 chambres et deux salles de cours) qui sera réservée aux étudiants de la filière de la calligraphie marocaine à l’Université Al Qaraouiyine. Par ailleurs, le Souverain a ordonné la réouverture de Dar Al Mouaqqit, notant que les Marocains, qui ont de tout temps accordé un intérêt particulier à la notion de l’espace-temps et ont excellé dans ce domaine, pourront à travers cette maison-musée découvrir le patrimoine scientifique de leur pays. A noter que la réouverture de ces édifices après leur restauration, viendra conforter le statut de Fès en tant que «capitale académique et spirituelle du Maroc». Si cette volonté s’exprime par les projets menés un peu partout en médina. La population doit s’approprier ces actions. Le mot d’ordre: redorer le blason de la médina, récupérer son patrimoine, et permettre une refondation de son cœur historique.

Ce gros lifting nécessite un investissement de près de 300 millions de DH. Il a porté sur la rénovation des medersas, forteresses, murailles, maisons et ponts historiques. Tout le défi est de pouvoir rendre à la médina de Fès son lustre d’antan. Mais, tous ces projets n’auraient de sens que si les populations concernées sont conscientes de leur finalité et la valeur patrimoniale de la médina qui n’est toujours considérée que comme une valeur foncière. En tout cas, la réhabilitation de ce musée vivant créerait certainement une activité touristique, artisanale et commerciale au sein d’un tissu urbain ancien d’une valeur inestimable. L’Agence de développement régional (Ader-Fès), les bureaux d’études et les entreprises ont acquis un savoir-faire qui s’est développé et a donné naissance à «l’école de Fès». Cette œuvre gigantesque ne doit par contre pas faire oublier les menaces qui pèsent sur ce patrimoine et le travail qui reste à faire.

Ainsi, les pouvoirs publics sont appelés à jouer un rôle plus profond encore et à s’impliquer davantage dans cette œuvre de longue haleine. Signalons enfin que la problématique de la restauration est très complexe. Ses maux viennent du fait qu’un bâtiment ancien ne laisse jamais apparaître ses pathologies, surtout lorsque ce bâtiment est d’une richesse exceptionnelle en ce qui concerne les décors qui captent le regard et l’empêchent de voir les fissures, les infiltrations d’humidité et les nombreuses dégradations de ces décors eux-mêmes. Autres difficultés de la réhabilitation du tissu ancien, la nature même des bâtiments, leur ancienneté, leurs matériaux, le voisinage, la nature des sols et le manque d’entretien.

Développement harmonieux

Tourisme, artisanat, culture, et commerce… Telles sont les activités qui pourraient assurer un développement harmonieux et inclusif pour la médina de Fès.  Rien qu’en matière de tourisme, les foundouks, médersas, et autres souks devraient s’animer en permanence. Seule condition: accueillir les visiteurs avec le sourire et mieux valoriser le produit.
A noter que Fès a été élue la «région préférée des internautes 2016», suite au sondage mené par le média spécialisé Tourisma Post. Elle a reçu son trophée ce samedi 28 janvier 2017, en présence notamment de Abderrafie Zouitene, patron de l’ONMT. Ce serait l’occasion d’annoncer douze nouvelles connexions aériennes directes, assurées par la compagnie Air Arabia, entre Fès et des villes européennes et africaines…Certaines, via Marrakech, apprend-on.

 De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

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