Politique

Retour du Maroc à l’UA: Plus qu’un pas pour l’adhésion

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4949 Le 30/01/2017 | Partager
La demande sera soumise au vote des Etats membres
La majorité des pays africains soutiennent le retour du Maroc
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En dépit de certaines manœuvres voulant entraver son retour à l’Union africaine, le Maroc a réussi à finaliser la procédure d’adhésion, telle que prévue par l’article 29 de l’Acte constitutif de cette organisation. Le retour du Maroc sera officialisé par le vote favorable d’une majorité des Etats membres (Ph. AFP)

Annoncé il y a quelques mois, le retour du Maroc à l’Union africaine devra être acté officiellement lors du 28e sommet de cette organisation, qui démarre aujourd’hui. Il s’agit de l’aboutissement de la procédure juridique prévue par l’Acte constitutif de l’UA. La ratification de ce texte fondateur a été finalisée, une dizaine de jours avant le sommet, suite à l’adoption du projet de loi y afférent, et sa publication officielle. Aujourd’hui, le Maroc est prêt à reprendre sa place au sein de cette institution panafricaine, en dépit des manœuvres voulant entraver cet élan. Les actes hostiles de Nkosazana Dlamini Zuma ont rythmé ce processus.

Au point que la diplomatie marocaine a haussé le ton pour dénoncer ces agissements. Rabat a ouvertement accusé la présidente de la Commission de l’UA de «faire obstruction au processus de son retour au sein de cette organisation». Elle s’était mise «en contradiction avec son devoir de neutralité et les règles et les normes de l’organisation ainsi qu’avec la volonté des Etats membres». Concrètement, Dlamini Zuma, pressentie à la présidence de l’Afrique du Sud lors des prochaines élections, voulait imposer au Maroc des mesures non prévues par la procédure officielle d’admission. D’où la réponse ferme de la diplomatie marocaine. Aujourd’hui, l’essentiel du processus d’adhésion a été effectué, en conformité avec l’article 29 de l’Acte constitutif de l’UA. L’exigence de la demande d’adhésion a été respectée suite à l’envoi d’un courrier au président du Tchad, également président de cette organisation panafricaine.

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Critiquée pour son manque d’implication dans les grands dossiers africains, Nkosazana Dlamini Zuma, présidente sortante de la Commission de l’Union africaine, n’a pas hésité à multiplier les tentatives pour entraver le retour du Maroc à cette organisation (Ph. AFP)

Ce courrier a été aussi transmis à la présidente de la Commission. C’est à ce stade que Dlamini Zuma a également tenté de bloquer la procédure. Rabat avait protesté contre le retard de notification de la demande d’adhésion du Maroc aux autres Etats membres. C’est sur la base de cette notification que la requête marocaine sera soumise au vote lors de ce sommet. La présidente de la Commission s’est prononcée sur ce sujet via son compte officiel sur Twitter. Elle a annoncé que «les chefs d’Etat et de gouvernement vont se prononcer directement sur leur position concernant l’adhésion du Maroc, lors des travaux du 28e sommet». Rabat a besoin d’une majorité simple pour reprendre son siège au sein de l’UA.

A ce jour, le Royaume dispose du soutien d’une quarantaine d’Etats sur 54 membres. Ce qui dépasse de loin le nombre de voix requis. L’offensive diplomatique marocaine a permis de mobiliser l’appui de plusieurs pays influents sur le continent, à l’instar du Nigeria, qui vient de réaffirmer sa position en faveur d’un retour du Maroc à cette institution.
Au-delà des aspects juridiques, le retour du Maroc ouvre de nouvelles perspectives. Surtout face aux différents défis auxquels doit faire face le continent: guerres civiles, conflits politiques, fragilité des institutions, en plus des problèmes de financement dont souffre l’Union africaine.

 

 

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