Société

Un rôle plus «terre à terre» pour les think tanks

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:4949 Le 30/01/2017 | Partager
Contribuer aux changements avec des solutions plus «concrètes»
Populisme, le protectionnisme, changements climatiques... les menaces actuelles
L’OCP Policy Center souligne leur vocation sociale

Avec les mutations et les problèmes qui menacent le monde actuellement sur différents niveaux: sécurité, démocratie, climat…, les think tanks sont invités à revoir leur approche de travail pour accompagner les décideurs politiques en vue d’apporter des réponses réalistes à des problèmes globaux de notre société. C’est dans cet esprit que s’inscrivait la rencontre organisée dernièrement à Rabat par l’OCP Policy Center. Animée par d’éminentes personnalités issues d’instituts de recherche, d’universités, d’organes gouvernementaux et de la société civile, cette rencontre a permis de mettre en exergue le rôle croissant des think tanks dans l’harmonisation des solutions proposées en réponse à des menaces internationales globales en l’occurrence la montée du populisme, du protectionnisme ou encore du réchauffement climatique».

Les événements qui ont marqué le monde ces derniers temps: Brexit, élection de Trump… confirment une montée fulgurante des partis populistes et le retour en force du protectionnisme dans les démocraties occidentales. «Le populisme est un malaise qui frappe les démocraties libérales où une grande partie du peuple est devenue marginalisée et dont les intérêts ne sont plus pris sérieusement  en considération par l’establishment en place», rappelle Fatima Harrak, universitaire et ex-directrice de l’Institut des études africaines. Ce qui ouvre la voie au positionnement des démagogues dans les champs politiques en proposant des solutions simplistes pour des problématiques complexes.

Une partie des think tanks ont contribué involontairement à cette situation en défendant par le passé les politiques libérales. Il faut donc promouvoir les think tanks dits de gauche à vocation sociale qui peuvent jouer le rôle de relais pour la réalisation des réformes. Le rôle des think tanks est de créer les conditions de l’émergence de la pensée stratégique auprès de l’élite, ajoute Younes Sekkouri, ancien député, fondateur et DG de Cube design thinking. Et également d’alerter les décideurs sur l’impact des politiques du temps court qui sont généralement privilégiés par les systèmes démocratiques.

Les think tanks ont joué un rôle important dans la vulgarisation auprès des décideurs de la problématique plurielle des changements climatiques, signale Mohamed Nbou, responsable au département de l’Environnement. En plus de la question du financement, on relève d’autres problèmes posés pour le fonctionnement des think tanks notamment dans les pays du sud comme le Maroc. «Les décideurs n’éprouvent pas le besoin de chercher un éclairage auprès de ces entités sur des problématiques qu’ils affrontent pour la prise de décision», regrette Abdelhak Saaf, directeur exécutif du Centre des études et de recherches en sciences sociales (CERSS).

Top des think tanks en 2015

La rencontre a été aussi l’occasion de présenter les résultats de l’indice du «Global Go To Think Tank Index» pour l’année 2015. Il s’agit d’une enquête selon 18 critères permettant la classification de plus de 6.500 think tanks. En tête du podium, on trouve Brookings Institution (USA), suivie de Chatham House (Royaume-Uni) et de l’IFRI en France. Au Maroc, le CERSS continue à occuper la première position suivi de l’OCP Policy Center, l’Ires et Amadeus Institute. Le CERSS est également en tête pour les pays du Maghreb. Au niveau de la région Mena, il occupe la 11e position et la 13e place revient à l’OCP Policy Center.

 

 

 

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