Culture

Le patrimoine régional Rbati vu par Flandrin

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:4949 Le 30/01/2017 | Partager
L’exposition inaugure la nouvelle galerie de la Banque Populaire de Rabat
Une série de clichés datant d’avant le protectorat jusqu’à 1957
patrimoine_rbati_049.jpg

«Marcelin Flandrin-Sur les rives du passé» est la première exposition qui investit les cimaises de la «Galerie Banque Populaire». Issu du fonds Flandrin acquis par la Fondation Banque Populaire, cet évènement est une première étape pour cette collection amenée à voyager dans différentes régions du Maroc (Ph. Bziouat)

Un nouvel espace d’art à vocation régionale vient enrichir les sorties culturelles de la capitale. Et c’est en plein cœur de Rabat, au siège de la Banque Populaire de la région Rabat-Kénitra qu’est logée la première galerie d’art du groupe. Destiné à promouvoir l’art et la culture de la région, ce lieu offre un espace d’expression pour les artistes confirmés comme pour les talents émergents, et cela dans diverses disciplines de la peinture à la sculpture en passant par le design. «Pour cette première exposition inaugurale, nous avons souhaité présenter quelque chose de symbolique.

Nous avons donc naturellement pensé au fonds Flandrin acquis il y a 20 ans par la fondation de la Banque Populaire», précise Jalil Sebti, président du directoire de la Banque Populaire Rabat-Kénitra. Cette collection riche de 40.000 clichés est le fruit d’une cinquantaine d’années de travail. Elle est composée de milliers de plaques de verres et d’albums conservés et préservés dans des conditions physiques adaptées. D’abord propriété du photographe lui-même qui vivait à Casablanca, cette collection qui suscitait également l’intérêt du ministère de la Culture français a été acquise par la fondation Banque Populaire en 1994 pour un budget très important.

patrimoine_rbatis_049.jpg

Des photographies de lieux emblématiques de Rabat, Salé et Kénitra ainsi que des scènes de vie plongent le spectateur dans le Maroc d’antan allant jusqu’à la période d’avant-protectorat (Ph. Bziouat)

A travers «Marcelin Flandrin-Sur les rives du passé», qui se tiendra jusqu’au 29 avril, le groupe a voulu faire découvrir au grand public les clichés de Rabat, Salé et Kénitra réalisés par le photographe et artiste français. Ce dernier avait un regard tout particulier sur le Royaume et a immortalisé à travers son objectif le Maroc d’antan, à travers son architecture, sa culture et ses scènes de vie. Les clichés exposés représentent une véritable mine d’or, car datant d’avant le protectorat, de 1901 à 1957, juste après l’indépendance, «couvrant ainsi un spectre de notre histoire qui est très importante et fondamentale», note Jalil Sebti.

Cette exposition permet au visiteur de découvrir des lieux emblématiques de la capitale comme il ne les avait jamais vus. La scénographie et le commissariat ont ainsi été confiés à l’agence Bouillon de Culture qui a veillé à mettre en lumière la richesse et la beauté du patrimoine historique de la région de l’époque. Le visiteur pourra découvrir une prise de vue du début du XXe siècle des vestiges de la mosquée se trouvant au pied de la Tour Hassan visitée par des touristes. Et ce, avant d’accueillir le mausolée du père de l’Indépendance du Maroc.

La grande porte des Oudayas, aujourd’hui appelée Bab El Kébir, les vestiges de la médersa qui occupe une partie de la nécropole du Chellah, les remparts de Bab El Mrissa à Salé... tous ces lieux d’une grande richesse patrimoniale ont été capturés par l’œil du photographe. L’urbanisme de la ville à l’époque du maréchal Lyautey s’invite sur plusieurs clichés notamment à travers des vues aériennes comme celle de l’avenue Dar El Makhzen, aujourd’hui boulevard Mohammed V. Pionnier de la photographie aérienne, les travaux de Marcelin Flandrin ont également servi à appuyer les réflexions urbanistiques des services du protectorat.

La programmation de la galerie prévoit de monter trois grandes expositions par an, en accordant notamment un grand intérêt à la scène artistique émergente de la région. «Notre ambition est d’organiser au moins une exposition par an pour des artistes émergents, pour les soutenir et leur offrir un espace d’exposition. Ceci est d’ailleurs le rôle de la Banque Populaire. Comme nous soutenons de jeunes entreprises, il est important d’aider les jeunes dans le domaine de l’art et la culture», a précisé Jalil Sebti.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc