Régions

Tanger: L’aérien prend de la hauteur

Par Ali ABJIOU | Edition N°:4947 Le 26/01/2017 | Partager
Il continue d’éroder les parts du maritime
Les connexions aériennes se bonifient
Paris et Palma de Mallorca dès ces prochains mois
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Dès le 26 mars prochain, la compagnie Albastar compte mettre en place une connexion hebdomadaire avec l’aéroport de Palma de Majorque, le point de connexion avec les îles Baléares (Ph. Albastar)

Trois voyageurs sur quatre arrivent à Tanger par voie maritime. L’hégémonie de ce type de transport n’est plus à présenter et c’est ce qui fait la force du secteur touristique de la capitale du détroit, selon les opérateurs de la ville. Mais l’aérien se profile en véritable outsider. L’avion a permis à cette destination d’atteindre de nouveaux marchés trop loin pour être attirés par sa réputation de «city break». L’offre est actuellement en train de se bonifier avec plusieurs nouvelles liaisons.

La dernière en date est celle devant connecter l’aéroport tangérois d’Ibn Battouta à celui de Palma de Mallorca. Elle sera opérée par la compagnie espagnole Albastar sur la base d’un départ par semaine, les vendredis. Les tarifs semblent intéressants et devraient démarrer à 140 euros pour un billet aller-retour, promet-on au CRT de la Région et sont appuyés par une offre d’hébergement. Le vol inaugural devrait avoir lieu ce 26 mars. Cette liaison permettra de toucher un réservoir de près de dix millions de touristes que reçoivent les îles Baléares et qui pourraient être tentés d'effectuer un séjour rapide à Tanger et au nord, indique Abdelghani Ragal, directeur du CRT de Tanger.

Elle devra aussi permettre à la communauté marocaine, essentiellement originaire du nord, d’éviter un voyage trop long en transitant par Madrid. Cette nouvelle connexion s’ajoute à celles déjà lancées à Tanger. C’est le cas de Paris, connectée à Tanger par un vol quotidien par la compagnie Air Arabia. Le vol inaugural a eu lieu en décembre dernier, il a été suivi peu de temps après par le lancement d’une connexion avec Malaga. Pour cette dernière destination, il s’agit de tendre un pont de plus pour mieux profiter de l’afflux massif de touristes européens et d’autres nationalités qu’accueille la Costa del Sol.

Vueling devra elle aussi lancer une nouvelle fréquence sur la ville pour la connecter avec la capitale catalane, Barcelone. La fréquence sera portée à 4 vols par semaine qui pourront atteindre 5 en haute saison. La compagnie espagnole lancera d’ailleurs, selon Mohamed Sofi, délégué de l’ONMT à Madrid, une campagne publicitaire spécifique pour Tanger. Ces nouvelles fréquences permettront de doper l’aéroport Ibn Battouta et de renforcer l’effort des compagnies traditionnelles comme la Royal Air Maroc et Iberia.  Cette dernière relie Tanger à Madrid via sa filiale Air Nostrum. A noter que le trafic aérien a repris son niveau normal depuis quelques mois à Tanger.

Le trafic enregistré lors des derniers mois de 2016 a dépassé largement la moyenne nationale. En novembre, il a atteint 11% de croissance, soit 2 points de plus que le reste des aéroports du pays. L’aéroport Ibn Battouta de Tanger a accueilli en novembre un peu plus de 61.000 passagers, soit près de 5% du total des passagers ayant transité par les aéroports nationaux. La plateforme aérienne profite amplement de l’euphorie que connaît Tanger, surtout au niveau industriel et des impacts directs sur le tourisme d’affaires, son principal corollaire.

Les taxes plombent le maritime

Encaissant la forte concurrence  de l’aérien, le maritime mise sur les excursionnistes espagnols pour maintenir ses parts de marché. Pour ceux venant du sud de l’Espagne, l’attrait du maritime et de la connexion Tarifa-Tanger-ville est pratiquement la seule option valable permettant un aller-retour dans la journée. Mais les taxes ne sont pas de nature à aider. Pour un aller-retour elles peuvent atteindre les 150 DH, ce qui réduit la marge des opérateurs, «déjà malmenés par la hausse du prix du combustible», note Rachid Chrigui, directeur de la compagnie Intershipping. Un effort au niveau de ces taxes pourrait permettre de mettre en place des tarifs plus attrayants et augmenter le nombre d’excursionnistes, au plus grand bénéfice des opérateurs touristiques de Tanger.

De notre correspondant, Ali ABJIOU

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