Evénement

L'état du budget en 2016: Le tabac engraisse les comptes de l’Etat!

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4946 Le 25/01/2017 | Partager
Record de recettes de la TIC: 9,3 milliards de dirhams en 2016
Explication: la lutte contre la contrebande et le succès des produits à bas prix
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Les recettes de la taxe intérieure sur la consommation (TIC) sur le tabac ont enregistré un record en 2016. Elle a rapporté plus de 9,32 milliards de dirhams au Trésor (Source: Trésorerie générale du Royaume). Soit plus que les recettes de monopoles et de participations de l’Etat (7,89 milliards de dirhams). Mais ce chiffre, en hausse de 8,6% par rapport à l’année précédente, pourrait dépasser la barre des 10 milliards de dirhams en intégrant les recettes non encore encaissées. La performance de la TIC sur le tabac est attribuée à plusieurs facteurs. D’abord le resserrement de la lutte contre la contrebande qui a permis de ramener la part de marché des réseaux à 7,46% contre 14,02% en 2015 et 12,5% en 2014.

Les contrôleurs de la Douane procèdent régulièrement à la saisie de gros chargements de cigarettes en provenance d’Algérie et de Guergarat. D’autant que les douaniers sont maintenant autorisés à intervenir également sur le réseau autoroutier. Le deuxième facteur à l’origine de l’explosion des recettes de la TIC sur le tabac tient à l’arrivée en 2016 d’une offre de produits à bas prix, capables de rivaliser avec la cigarette de contrebande, principalement Fox, commercialisée par la Société marocaine des tabacs à 12 dirhams. Sur cette seule marque du segment économique, l’ex-Altadis a écoulé plus de 1 milliard de tiges, soit 50 millions de paquets de 20 cigarettes.

Ce qui a probablement transféré une partie des ventes de la contrebande vers le marché légal et donc augmenter les recettes fiscales. L’autre marque qui a contribué à ce résultat concerne la référence controversée Next, qui avait fait un tabac pendant 2015 et les cinq premiers mois de 2016. Commercialisée par Philip Morris à 15 dirhams, elle a été augmentée à 20 dirhams sur ordre de la Commission d’homologation des prix car elle ne devait pas être catégorisée dans le segment tabac brun. D’autres marques ont été introduites en 2016, en l’occurrence Chesterfield (Philip Morris), Lucky Strike (British American Tobacco), mais leur part de marché respective ne dépasse pas 1%.

Les opérateurs expliquent également l’exceptionnel rendement de la TIC sur le tabac par la «stabilité fiscale» qui a marqué l’année 2016. La hausse de la taxation perturbe souvent le marché, les clients décidant de réduire leur consommation pendant quelque temps avant de revenir à leurs habitudes.

 

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