Competences & rh

Ecoles belges au Maroc: L’apprentissage axé sur les valeurs

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4945 Le 24/01/2017 | Partager
Démocratie, ouverture, émancipation sociale… le socle des orientations pédagogiques
Objectif: préparer des citoyens responsables, solidaires et dotés de compétences
La connaissance pour faire face aux replis identitaires
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Rudy Demotte, ministre président de la Fédération de la Wallonie-Bruxelles, a insisté sur l’importance de l’accès à la connaissance pour faire face aux tendances de communautarisme et de repli. Pour lui, «la nuance est devenue absolument indispensable dans un monde de violence. Et cela passe par l’école» (Ph. Bziouat)

Après Casablanca, Rabat sera aussi dotée d’un établissement scolaire belge. La pose de la première pierre de l’EBM a eu lieu jeudi dernier, en présence du ministre président du gouvernement de la Fédération de Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte. Ce qui permettra d’étoffer le réseau des écoles belges au Maroc, mis en place en vertu d’un accord entre les deux pays, signé le 21 mai 2014. Globalement, au-delà des aspects pédagogiques, «l’école belge c’est d’abord un état d’esprit et un ensemble de pratiques héritées», assurent ses responsables. Surtout que les méthodes pédagogiques évoluent rapidement. Actuellement, elles sont centrées essentiellement sur l’élève.

Dans le système des écoles belges, l’enseignement est articulé autour de la promotion d’une série de valeurs, est-il indiqué. Il s’agit essentiellement de la démocratie, de l’ouverture, du respect de l’autre et de l’émancipation sociale. Les responsables des écoles belges au Maroc déclinent ces valeurs en objectifs bien définis. Il s’agit notamment de la promotion de la confiance en soi et du développement de la personnalité, l’acquisition des compétences pour prendre une place dans la vie active, et la préparation des élèves à être des citoyens responsables et solidaires. Concrètement, le système pédagogique adopté au sein de ces établissements est axé sur la réalisation de ces objectifs.

Un cumul de pratiques pédagogiques permet d’assurer une continuité des apprentissages. Les responsables de ces écoles assurent qu’ils optent aussi pour une «évaluation formative». En clair, «cela permet de construire sur les erreurs, en donnant à chaque élève le temps d’apprendre», fait-on savoir. L’idée est de changer la conception de l’évaluation, qui n’est pas systématiquement liée à des punitions. Ce système prend aussi en compte «la différenciation des niveaux». D’où «la variation des méthodes pour permettre à tous d’apprendre». Il s’agit d’une méthode basée sur la logique d’accompagnement des élèves pour qu’ils fassent eux-mêmes leur choix, à l’issue du cycle supérieur.

Une approche décisive pour favoriser un meilleur accès des jeunes à la connaissance. Car, comme l’a souligné Rudy Demotte, citant Averroès, «l’ignorance conduit à la peur, la peur conduit à la haine, la haine conduit à la violence». Résultat: «La nuance est devenue absolument indispensable dans un monde de violence. Et cela passe par l’école», a-t-il dit. Le ministre président de la Fédération de Wallonie-Bruxelles a insisté sur l’importance des établissements scolaires dans la construction des valeurs. Surtout en cette période où «nos sociétés souffrent d’une crainte, d’un sentiment de rejet de l’autre et d’une appréhension de ne plus être soi», a-t-il expliqué.

Aujourd’hui, face aux tendances de repli identitaire et de communautarisme, il estime qu’il est «plus intéressant d’avoir la capacité d’interagir et à métisser grâce à nos différences». Il en veut pour preuve la pensée andalouse, «véritable brassage des émanations de la philosophie grecque et de la théologie islamique». Rudy Demotte a aussi mis l’accent sur certains «hiatus entre des valeurs universelles et leur perception». Par exemple, «la tolérance, qui permet seulement de cohabiter, mais pas plus». Pour lui, «il faut aller au-delà».

Combien ça coûte?

LE réseau des écoles belges fonctionne en vertu du même statut des autres établissements étrangers installés au Maroc. En termes de droits de première inscription, les parents doivent s’acquitter d’un montant de 35.000 DH pour le premier enfant. L’inscription du 2e et du 3e enfants nécessite respectivement 28.000 et 24.500 DH. Les frais de scolarité, quant à eux, sont fixés à 41.000 DH pour la maternelle, 50.500 pour le primaire et 60.000 DH pour le secondaire. Les responsables de ces établissements ont fait savoir que 5 enfants défavorisés, issus de certaines associations comme SOS Villages d’enfants Maroc. Parallèlement, ils misent sur la formation, via la création d’un centre international, qui accueillera des enseignants belges et marocains.

 

 

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