Politique

Gouvernement: Benkirane dos au mur

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4945 Le 24/01/2017 | Partager
Le chef du gouvernement semble de plus en plus isolé
Le PJD «n’est pas prêt à faire de nouvelles concessions»
La situation d’attentisme nuit gravement à la dynamique économique
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Après plus de trois mois de négociations, Abdelilah Benkirane n’a pas encore abouti à la formation d’une majorité gouvernementale. Les discussions n’ont pas été relancées depuis le dernier communiqué du chef du gouvernement, annonçant l’arrêt des pourparlers avec Aziz Akhannouch et Mohand Laensar (Ph Bziouat)

Plus de 100 jours se sont écoulés depuis la nomination de Abdelilah Benkirane, sans qu’il arrive à former une majorité gouvernementale. Après la dynamique suscitée par l’élection des structures du Parlement pour permettre l’adoption de la loi relative à l’acte constitutif de l’UA, la situation s’est enlisée une nouvelle fois dans un statu quo qui n’a que trop duré. L’élection de Habib El Malki à la présidence de la Chambre des représentants a compliqué davantage la situation de Benkirane. Aujourd’hui, il se retrouve dos au mur.

Une solution consensuelle, proposée par un secrétaire général d’un parti de la majorité sortante, a été écartée par Benkirane. L’idée était d’appuyer l’accès de l’USFP au perchoir, en contrepartie de son soutien au gouvernement, sans qu’il en soit partie prenante. Habib El Malki, nouveau président de la première Chambre, avait donné le ton lors de son discours d’investiture. Il a assuré qu’il adopterait la même approche consensuelle avec les formations de la majorité et de l’opposition.

Plusieurs jours après l’élection des structures parlementaires, Benkirane n’a pas encore repris langue avec les autres chefs de partis. Au moment où nous mettions sous presse, aucune date n’a encore été fixée pour la relance des négociations. Pourtant, des responsables du PJD avaient annoncé que les discussions devaient reprendre après l’adoption de la loi sur l’acte constitutif de l’UA. Jusqu’à maintenant, les signaux envoyés par la direction du parti de la lampe ne favorisent pas un apaisement des relations. Samedi dernier, un responsable local de l’antenne du PJD à Salé, fief du chef du gouvernement, a fait savoir que son «parti n’est pas prêt à faire de nouvelles concessions».

En face, l’Istiqlal semble avoir retrouvé l’espoir de participer à la majorité. Surtout qu’un gouvernement minoritaire, regroupant le PJD, l’Istiqlal et le PPS, est une option examinée par l’état-major du parti de la lampe. Hamid Chabat, patron du PI, n’a pas hésité à critiquer le retard de la mise en place d’une majorité gouvernementale. Pour lui, «c’est une honte». Il a rappelé, lors d’une rencontre de la jeunesse istiqlalienne, les positions du conseil national qui a «clairement exprimé sa volonté de se joindre  au gouvernement, pour participer aux grandes réformes et au lancement des chantiers économiques et sociaux».

Et en cas de non-participation au gouvernement, Chabat a assuré qu’une coordination parlementaire sera instaurée avec le PJD». Le scénario de gouvernement minoritaire semble difficilement réalisable. Surtout face au poids des partis qui vont constituer l’opposition. Si rien ne change dans les prochains jours, la situation devra se diriger vers un scénario de blocage, qui nécessiterait une intervention du Souverain, en vue de la dissolution du Parlement et l’organisation de nouvelles élections. Une option coûteuse en termes de financement, mais également en termes de consécration de l’attentisme, fatal pour la dynamique économique.

 

 

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