Economie

Balance commerciale: La voiture stimule l’import

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4945 Le 24/01/2017 | Partager
L’essentiel des achats de biens d’équipement dominé par les composants automobiles
L’alimentaire et les produits industriels de consommation alourdissent le déficit
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Pour l’année 2016, le déficit de la balance commerciale des biens s’est aggravé d’environ 30 milliards de DH. Il s’est établi à 184,4 milliards de DH contre 154,2 milliards en 2015. Le taux de couverture ayant ainsi perdu 4 points de pourcentage, se situant à 54,7% au lieu de 58,6% un an auparavant

L’année 2016 s’est clôturée par un déficit commercial de 184,4 milliards de DH. Il s’aggrave ainsi de 30 milliards par rapport à l’année précédente. (Source: Office des changes). Une situation qui s’explique par la progression plus forte de l’import en comparaison avec les exportations. Trois postes à l’import sont à l’origine du creusement du déficit de la balance commerciale: produits finis de consommation, alimentation et biens d’équipement. Or, s’il faut apprécier positivement l’explosion de l’import des biens d’équipement dans la mesure où elle traduit théoriquement l’effort d’investissement, il n’en demeure pas moins que la construction automobile pèse très lourd dans la balance.

Globalement la rubrique représente plus de la moitié des importations (119,3 milliards de DH) mais l’essentiel a été destiné aux achats de composants pour l’industrie automobile. Parties et pièces détachées, moteurs à piston et leurs parties et composantes électroniques y accaparent le tiers environ. Les achats de ces équipements ont également bondi à 2 chiffres. Certains d’entre eux ont même explosé à des taux variant entre 16 et 41%.
Parallèlement, l’export de l’industrie automobile (construction et câblage) a enregistré une hausse de 11,5% à 54,4 milliards de DH. Bien qu’il retranche plusieurs à l’équilibre de la balance commerciale, il occupe désormais  le premier poste des exportations, détrônant ainsi les phosphates et dérivés. Et la tendance est promise à l’amélioration avec l’entrée en service effective des écosystèmes en phase d’installation.  

Les autres achats qui ont bondi à l’import sont constitués de produits finis de consommation et de l’alimentation. Au chapitre de la première rubrique figure aussi la voiture du tourisme dont l’import a explosé de 29,5% à 14 milliards de DH. Les importations de parties et pièces pour ces voitures a aussi fortement augmenté de 33%. Dans sa globalité, cette rubrique représente le 2e poste d’importation avec 80,5 milliards de DH. Les acquisitions de produits alimentaires ont également enregistré une forte  hausse de 25%. Elle résulte pour l’essentiel des achats des blés, de l’orge et du sucre.

Or si, la valeur des importations du blé a pratiquement doublé, sous l’effet de la mauvaise campagne céréalière, celle du sucre a également explosé de 37,7%. Ceci, alors que le pays avait enregistré une production sucrière couvrant la moitié de ses besoins. Un record jamais atteint depuis de nombreuses décennies. C’est peut-être là une manière d’anticiper la tendance à la hausse des cours du sucre.   
A l’export, les hausses les plus significatives ont été marquées, bien évidemment par les nouveaux métiers mondiaux du Maroc. Au total, ces activités ont réalisé un mieux de 7 milliards de DH, avec une stagnation des ventes de l’activité du câblage à 19,7 milliards.

Fait marquant, les textiles et cuir ont renoué avec la croissance: 6,7%. Les vêtements confectionnés ayant réalisé la plus forte hausse de 9% à 22 milliards de DH. En revanche, les phosphates et dérivés ont décroché de 12%. Leur chiffre d’affaires à l’export s’est établi à près de 40 milliards de DH contre 44,3 milliards, un an auparavant. La balance commerciale dégage ainsi un déficit de 184,4 milliards de DH au lieu de 154 milliards en 2015. Le taux de couverture ayant perdu 4 points de pourcentage.

Les IDE en chute libre

A fin 2016, les IDE ont plongé de 28,5%. Ceci, sous l’effet conjugué du recul assez prononcé des flux et du bond des charges. Les premiers ont atteint 22,7 milliards de DH contre 31,8 milliards en 2015. Cependant, les dépenses ont bondi de 25% à 2,1 milliards de DH. Par contre les recettes des MRE sont restées sur leur tendance haussière, enregistrant une progression de 3,4% à 62,2 milliards de DH en 2016 contre 60,2 milliards en 2015. Il en est de même de la balance des voyages qui dégage une hausse de son excédent de 3,3%. Il s’établit à 49 milliards de DH contre 47, 5 milliards un an auparavant. Cette évolution s’explique par l’accroissement plus important des recettes (2,2 milliards de DH) par rapport à celui des dépenses: 600 millions de DH.

 

 

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