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Fitur: Offensive sur le marché espagnol

Par Ali ABJIOU | Edition N°:4943 Le 20/01/2017 | Partager
Avec 2% de croissance à fin octobre, il représente une manne pour le Maroc
Les amalgames quant à l’instabilité dans la région affectent les départs
Objectif pour 2017, 5% de croissance

Le marché espagnol est l’un des plus importants pour le secteur touristique marocain, il est aussi l’un des plus sensibles. A fin octobre, le nombre d’arrivées d’origine espagnole a connu une légère hausse cumulée de 2%, le chiffre final devrait légèrement dépasser les 2,1 millions de touristes enregistrés en 2015 mais avec une évolution mensuelle qui cache bien des accidents de parcours. «Nous pensons bien terminer l’année sur ce rythme malgré les fluctuations négatives enregistrées lors du premier trimestre» explique Mohamed Sofi, délégué de l’ONMT en Espagne.

En effet, l’instabilité et les attentats dans la région ont impacté les départs espagnols vers le Maroc qui subit de plein fouet les effets collatéraux. «L’un des grands défis auxquels on doit faire face avec le marché espagnol c’est l’amalgame fait entre les différents pays arabes et musulmans et surtout ceux du Maghreb arabe, l’opinion publique ayant tendance à mettre tout le monde dans le même sac» continue ce dernier. C’est le cas de la série d’attentats perpétrés en début 2016 en Turquie, par exemple, un pays à des milliers de kilomètres du Maroc.

Mais le marché a rapidement retrouvé son dynamisme et dès l’approche de la saison estivale, qui représente plus de 30% des départs en Espagne, il a commencé à reprendre la voie de la croissance pour finir en beauté avec +6% pour le seul mois d’octobre. « Pour 2017, nous tablons sur une croissance de 5%, un score qui est à la portée de nos ambitions » rappelle Sofi, sauf accident de parcours. L’augmentation des fréquences aériennes avec le Maroc et la stabilité du pays devraient jouer en faveur du positionnement marocain. Ce dernier joue la carte de la seule culture arabo-musulmane orientale et africaine à être connectée par voie maritime et aérienne avec l’Espagne, ce qui lui donne une longueur d’avance.

Si au niveau du marché touristique national, les Espagnols arrivent en deuxième position, ils sont bien les chouchous de la classe au nord où ils constituent le premier contingent de visiteurs après les résidents. Ceci explique l’arrivée en force de la Région Tanger-Tétouan-Alhoceima avec une délégation forte d’une quarantaine de membres. «La Région entend bien profiter de l’embellie de l’économie espagnole et de la redynamisation de son secteur touristique» affirme Abdelghani Ragala, directeur du CRT de la région. Cette dernière est actuellement en phase de recentrage. Après avoir longtemps misé sur le maritime qui bon an mal an continue de concentrer les trois-quarts des arrivées elle a changé son fusil d’épaule.

Actuellement plusieurs lignes aériennes ont été lancées qui viennent augmenter la connectivité du nord comme celle reliant Tanger à Malaga, elle sera épaulée dès mars prochain par une connexion avec Palma de Mallorca. Il reste pour la région de repenser sérieusement à rajeunir son offre et à réduire la part du balnéaire, note Ragala. Des initiatives pour lancer de nouvelles activités, surtout en matière de tourisme actif sont en cours de concrétisation et cibleront les zones montagneuses comme Chaouen et Ouezzane.

Dans d’autres régions comme à Marrakech, le touriste espagnol est perçu comme à fort potentiel, même s’il arrive en deuxième position après le marché français. Marrakech dispose elle aussi d’une forte image en Espagne, selon le CRT de la ville qui s’est rendu au Fitur avec une cinquantaine d’opérateurs.

Profiter de l’attrait de la Costa del Sol

Une autre piste est l’accueil des touristes étrangers de passage en Espagne, surtout du côté de la Costa del Sol. Allemands et Anglais, mais de plus en plus de ressortissants d’Amérique latine et de Chinois sont intéressés par faire un saut depuis Malaga et découvrir un autre continent à seulement quelques kilomètres. Pour le cas de la Chine, les choses sont devenues faciles avec l’élimination de la formalité du Visa, ce qui permet un transit fluide et sans blocages vers le Nord du Maroc. Pour les ressortissants d’Amérique latine, certains touristes originaires de pays comme la Colombie posent problème car la formalité du visa est toujours en vigueur et réduit les flux. Même pour les ressortissants anglais et allemands, en fort nombre en Andalousie, la situation n’est pas aussi simple, la plupart d’entre eux arrivent en Espagne sur la base de leur document d’identité sans leur passeport, ce qui complique leur entrée sur le territoire national. Des dispositions spéciales pourraient débloquer ces situations, mais elles restent hors de portée des organismes de promotion du secteur qui ne peut faire que du lobbying.

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