Analyse

Exclusif/Capital immatériel: La richesse globale du Maroc estimée à 13 fois le PIB

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4943 Le 20/01/2017 | Partager
Elle a plus que doublé entre 1999 et 2013
Les leviers pour accélérer le développement

Cela a pris plus de temps que prévu, mais le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et Bank Al-Maghrib (BAM) ont finalisé le rapport sur «La richesse globale du Maroc entre 1999 et 2013». L’étude demandée par le Roi porte sur le capital immatériel comme facteur de création et de répartition équitable de la richesse nationale. Le travail, que L'Economiste dévoile en exclusivité, n’a pas seulement pour objectif de faire ressortir la valeur du capital immatériel du Maroc et de l’utiliser comme base pour l’élaboration des politiques publiques. Ses conclusions indiquent que la valeur de la richesse globale du Royaume, à prix courants, a plus que doublé entre 1999-2013, passant de 5.904 milliards de dirhams à 12.833 milliards.

Elle s’est appréciée en moyenne de 5% par an. Le capital humain, social et institutionnel constitue la principale composante. Il représente une part moyenne de 73% entre 1999 et 2013. L’épargne nette ajustée (ENA), qui réfère à la destruction du capital naturel, varie autour de 17,4% du PNB. Ce qui indique que le Maroc est sur une croissance durable. Sauf que cette situation n’est pas tenable à long terme, l’épargne nette ajustée étant passée de 24,1% en 2006 à 14,8% en 2013.

Le rapport focalise sur sept leviers censés contribuer au développement de la richesse globale. Le premier porte sur la consolidation des compétences du capital humain afin d’améliorer l’accès à l’emploi, l’augmentation de la productivité. Le seul fait d’augmenter de deux ans le nombre moyen d’années d’études par adulte pour que la richesse globale augmente de moitié. Le rapport suggère également de consolider le capital institutionnel en renforçant l’efficacité des institutions et la cohérence des politiques publiques. Le Royaume gagnerait à instaurer un nouveau pacte social pour renforcer la citoyenneté en garantissant le respect des droits et en réduisant les inégalités…

La promotion des valeurs sociétales communes, fondées sur la tolérance, le vivre ensemble, le dialogue, favorisera le développement. Pour créer des emplois de qualité et en nombre suffisant, le Maroc doit s’inscrire dans une démarche d’émergence durable et inclusive. Ce qui suppose la transformation structurelle de l’économie nationale. Le Royaume doit également gérer son capital naturel de manière durable afin de ne pas pénaliser les futures générations. L’étude recommande enfin de faire du Maroc un pôle de stabilité et de partenariat via le renforcement de son positionnement stratégique, la consolidation de sa place en tant que hub régional d’intégration et le développement de son soft power. Ces sept leviers sont intégrés dans un tableau stratégique composé d’une cinquantaine d’indicateurs.

La méthodologie Banque mondiale

Comme suggéré par le Souverain, le CESE et BAM se sont appuyés essentiellement sur la méthodologie de la Banque mondiale, adaptée aux spécificités nationales. Le modèle de l’institution internationale définit la richesse globale comme étant «le cumul du capital produit, du capital naturel, du capital immatériel et du stock des avoirs financiers nets extérieurs». La valeur de la richesse globale est définie par la BM en calculant la valeur actualisée des flux futurs de consommation. Le capital matériel, lui, est évalué selon la méthode de l’inventaire permanent tandis que la richesse naturelle est évaluée sur la base des revenus ou des rentes qu’elle génère. Dans ce schéma, le capital immatériel correspond au résiduel obtenu après soustraction de la valeur de la richesse globale des valeurs des autres composantes matérielles. Il est notamment composé du capital humain, institutionnel et social.

 

 

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