Economie

Sans l'automobile, l'export crasherait!

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4940 Le 17/01/2017 | Partager
Ce secteur pèse 24,4% dans les exportations totales
Le déficit commercial à 184,4 milliards de DH renoue avec le cycle haussier
Les achats de biens d'équipement augmentent
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Le déficit commercial s'est creusé sous l'effet d'une hausse de 9,3% des importations qui reste faiblement contrebalancée par les exportations. Celles-ci n'ont pris que 2,1%

La hausse des exportations des métiers mondiaux du Maroc n'a pas amélioré le déficit commercial. Après une petite accalmie en 2015 sous l'effet de la chute des prix des matières premières, l'année 2016 s'est terminée sur un creusement du déficit de la balance commerciale de 19,6%. Il s'est établi à 184,4 milliards de dirhams contre 154,2 milliards en 2015, soit un gap supplémentaire de 30,2 milliards de dirhams. Dans ces conditions, le taux de couverture des importations par les exportations a reculé de 3,7 points  passant à 54,7%. 
Les exportations ont marqué une hausse en 2016 mais moins importante que celle de l'année précédente: 2,1% contre 8,6% en 2015.  Elles ont été impactées par le recul de 12,1% des recettes à l'export des phosphates et dérivés atténuant ainsi les bons résultats des autres filières, en particulier les métiers mondiaux du Maroc. 
L'automobile a réalisé un chiffre d'affaires à l'export de 54,4 milliards de dirhams en hausse de 11,5%. Elle reste le premier secteur exportateur et pèse 24,4% dans les exportations totales du pays. Mais avec un taux d'intégration de 40%, le contenu en importation reste important.  L'aéronautique a accru ses ventes de 14,6% et l'électronique de 10,2%. 
Le plan d'accélération industrielle qui a succédé au plan Emergence a commencé à donner des résultats intéressants. Les incitations fiscales et l'aide à la formation ont été renforcées par le lancement du fonds de développement industriel doté de plus de 20 milliards de dirhams. Il faudra certainement patienter quelques années avant que ces instruments d'incitation  n'aboutissent aux objectifs fixés: porter la valeur ajoutée de l'industrie à 23% du PIB à l'horizon 2020. Car si les nouvelles filières connaissent un dynamisme et créent de l'emploi, les secteurs industriels traditionnels n'arrivent pas à trouver un nouveau souffle. En témoignent les destructions de postes de travail enregistrées au cours des dernières années: une perte annuelle moyenne de 39.000 emplois dans l'industrie y compris l'artisanat sur la période 2011-2013. Rien qu'au troisième trimestre 2016, ce secteur a enregistré la destruction de 30.000 postes, selon le Haut commissariat au plan. 

 

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Les importations des biens d'équipement, des demi-produits et des produits finis de consommation constituent l'essentiel de la facture

Le textile et cuir où un écosystème est mis en place a réalisé un chiffre d'affaires à l'export de 35,2 milliards de dirhams en hausse de  6,7% alors que l'agriculture et l'agroalimentaire sont sur des ventes de 48 milliards de dirhams en augmentation de 4,5%.  2016 est également marquée par le redémarrage des importations: après la baisse de 4,9% en 2015, les achats à l'étranger ont pris 9,3% atteignant 407 milliards de dirhams d’où le creusement du déficit commercial.

Un constat à relativiser puisque les achats des biens d'équipement représentent 29,3% du total des importations, signe donc que la machine tourne et que l'investissement reprend.  Pièces détachées pour véhicules industriels, chaudières, turbines diodes, transistors… constituent l'essentiel de ces achats. Les importations de demi-produits et des produits finis de consommation sont également en hausse. Pour les produits alimentaires, la facture s'est alourdie de 8,9 milliards de dirhams. En revanche, les importations des produits pétroliers restent sur un trend baissier (-17,7%) en particulier en raison du recul des cours à l'international. 

 

Chute des IDE et hausse  des recettes MRE

Malgré la conjoncture, les recettes des MRE et les recettes touristiques sont en hausse. L'année dernière, les MRE ont transféré 62 milliards de dirhams, soit 3,4% de plus qu'en 2015. La balance voyages dégage également un excédent de 1,6 milliard de dirhams. Ces deux rubriques qui représentent une source importante de revenus  arrivent à peine à compenser 93% des biens d'équipement. Le flux des investissements directs étrangers (IDE) a chuté de 28,5%. Ce recul provient de la baisse des recettes (-17,5%) conjuguée à la hausse des dépenses (25,7%). Ce qui renseigne ainsi sur les cessions de participations des non-résidents. La hausse des dépenses est à lier notamment aux restructurations à l'international de multinationales dans le secteur des assurances et les cimenteries. 

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