Habillage_leco
International

Les marchés de devises à l’épreuve de Trump

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4937 Le 12/01/2017 | Partager
Le règne du dollar va se poursuivre
Depuis novembre dernier, l’euro a reculé de 4,3%
Sa dépréciation rend les matières premières plus chères
devises_trump_037.jpg

L'euro a perdu environ 4% depuis novembre 2016. Les stratégistes continuent de miser sur un euro faible en raison des politiques divergentes de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Réserve fédérale américaine (FED). Le tout dans un contexte marqué par plusieurs élections prévues cette année en Europe

Au lendemain des adieux de Barack Obama, les projecteurs se sont braqués sur Donald Trump pour sa conférence de presse. Les investisseurs attendaient des précisions sur ses promesses en matière économique, qui ont donné des ailes au billet vert depuis l'élection de novembre. Le nouveau président a promis un plan de relance budgétaire susceptible notamment de relancer l'inflation. Trump devait répondre aussi aux questions des journalistes après la publication de documents sur ses liens avec Moscou.

Le marché a entamé 2017 avec de nombreux paris sur une hausse du dollar. Face à un billet vert dopé aux promesses économiques de Donald Trump et au lent resserrement monétaire engagé par la Réserve fédérale américaine (Fed), l'euro a reculé de 4,3% début novembre. En 2016, «le marché des changes a été très volatil, du fait de la montée des risques politiques et de manière générale des votes populistes (Brexit, élections américaines,…)». Il a été dominé principalement par «l’évolution du dollar et indirectement les anticipations de la politique de la Fed», selon les experts de Natixis (cf. note économique: L’année de toutes les surprises).

Depuis novembre 2016, une dépréciation de l’euro par rapport au dollar, à la livre sterling, au RMB et aux monnaies des émergents a été observée. Aussi bien qu'une appréciation de l’euro par rapport au yen. Mais l’euro va-t-il rester faible vis-à-vis du RMB et des monnaies des émergents? Les experts de Natixis (1) craignent une «réappréciation de l’euro par rapport à ces devises et une dépréciation supplémentaire du yen».  Une configuration qui serait défavorable à la zone euro. D’abord parce que la «dépréciation de l’euro par rapport au dollar rend les matières premières plus chères». Puis «l’appréciation de l’euro par rapport aux autres devises empêcherait une amélioration globale de la compétitivité de la zone euro». L’équipe de Natixis craint dans le futur que l’euro «s’apprécie par rapport à la livre sterling, avec le freinage de l’économie britannique dû à la hausse de l’inflation, au RMB avec l’importance des sorties de capitaux depuis la Chine et aux devises des émergents, avec les flux de capitaux des émergents vers les Etats-Unis».

La livre sterling, affectée par les craintes sur le Brexit, poursuit sa baisse. La Première ministre britannique Theresa May a laissé entendre que lors des négociations sur le Brexit, elle donnerait la priorité au contrôle de l'immigration en provenance de l'Union européenne plutôt qu’à l'accès au marché unique européen.
Quant à la monnaie turque, elle a perdu près de 10% de sa valeur contre le dollar depuis le début de l'année. Ceci dans un contexte d'instabilité sécuritaire et après la publication d’un rapport accablant de l'agence de notation Moody's sur son secteur bancaire. La banque centrale turque a tenté d'enrayer la chute de sa monnaie en baissant le ratio de réserves de changes dans les établissements bancaires du pays, afin d'injecter 1,5 milliard de dollars dans le système financier.

Par ailleurs, au moment où l'implantation d'usines américaines au Mexique continue d’essuyer les critiques du futur président américain, le peso mexicain poursuit sa dégringolade. Mardi soir, il fallait compter 21,85 pesos pour un dollar, un record. Jusqu'à présent, les pressions inflationnistes demeurent largement contenues dans les marchés émergents, en dépit d'une certaine évidence de la faiblesse des monnaies locales, indique pour sa part le lobby bancaire international, l'Institute of International Finance (IIF). Cependant, une plus grande force du dollar et la faiblesse de la monnaie européenne pourraient inciter certains pays ayant de gros besoins de financement extérieur à resserrer leur position politique plus rapidement que prévu. Ce qui pèsera sur la croissance intérieure et accentuera le fardeau de la dette.

Impact sur le dirham

Pour le Maroc, «la hausse du dollar signifie une appréciation du dirham par rapport à ses concurrents surtout si l’euro est plutôt stable en parallèle. Car la banque centrale gère le dirham par rapport à un panier (60% euro/40% dollar)», selon Ludovic Subran, économiste en chef d'Euler Hermes (cf. notre édition du 1er décembre 2016). Et si l’euro est lui aussi plutôt stable dans le même temps par rapport aux autres devises, «alors le dirham a toutes les chances de s’apprécier dès lors qu’on l’évalue en taux de change effectif (c’est-à-dire en pondérant le taux de change de chaque partenaire commercial par rapport à son poids dans les échanges du Maroc)», poursuit l’économiste. L’appréciation du dollar après l’élection de Donald Trump a entraîné «une appréciation de 3% du taux de change effectif du dirham. C’est évidemment préjudiciable à la compétitivité des entreprises marocaines».

----------------------------------------------

(1) Note économique: «L’euro devrait rester faible par rapport au dollar, mais est-ce le cas vis-à-vis des autres devises?

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc