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Politique

L’UA au Conseil des ministres

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4936 Le | Partager
L’acte constitutif de l’Union africaine à l’ordre du jour
Après son adoption, la ratification du Parlement incontournable
Un ministère des Affaires africaines dans le prochain gouvernement!

Le Maroc se veut très méthodique dans la gestion du dossier actant son retour au sein de l’Union africaine. En deux jours et malgré un gouvernement chargé des affaires courantes, la question est centrale dans l’agenda politique. En effet, après l’avoir soumis au Conseil de gouvernement lundi, le lendemain mardi, le projet de loi relatif à l’acte constitutif de l’Union africaine (UA) et des protocoles additionnels est programmé au menu du Conseil des ministres à Marrakech.
 Après sa validation lors de cette réunion présidée par le Souverain,  ce dispositif sera transféré au Parlement pour sa ratification. Ce n’est pas la seule priorité. Les nombreuses conventions signées par le Maroc avec des pays africains doivent être également ratifiées pour entrer en vigueur, particulièrement celles ayant un impact budgétaire comme les accords de non-double imposition. Cet intérêt pour l’Afrique, réitéré par la Souverain à l’occasion du discours de Dakar, sera traduit dans l’architecture du prochain gouvernement. Ainsi, un ministre chargé des Affaires africaines sera nommé. Ce n’est pas un remake des années 60, mais le besoin d’avoir un département chargé de ce continent et rattaché aux Affaires étrangères, qui se fait de plus en plus sentir.

Cette ratification pourrait accélérer la constitution d’une majorité, via une initiative royale pour débloquer les négociations. Les alliés pourraient alors se mettre d’accord sur le député qui sera élu au perchoir, permettant ainsi la mise en place des instances du Parlement, notamment l’élection des présidents des commissions, des groupes parlementaires et le choix des membres du bureau de la Chambre des représentants.

En tout cas, cette opération s’inscrit dans le processus de retour du Maroc au sein de l’Union africaine (UA), lancé par l’envoi d’un message royal adressé aux participants du 27e Sommet de cette organisation panafricaine, en juillet dernier à Kigali, au Rwanda. Pour la symbolique, c’était le président de la Chambre des représentants Rachid Talbi Alami qui avait remis le document au président en exercice de l’UA, le chef de l’Etat tchadien Idriss Deby Itno. Le message rappelle l’attachement constant du Maroc à l’Afrique même s’il est sorti de l’ex-OUA il y a 32 ans. Aujourd’hui, il est le premier investisseur africain en Afrique de l’Ouest. Il est aussi le deuxième investisseur du continent avec une volonté affichée d’en devenir le premier. 
Cette ambition légitime de Rabat de réintégrer l’organisation n’est pas du goût de la présidente de la Commission de l’UA Nkosazana Dlamini-Zuma qui a tenté, au cours de l’été dernier, de contrecarrer l’initiative marocaine. Pourtant, elle veut, comme son soutien l’Algérie, laisser l’UA en déphasage avec la position de ses Etats membres puisqu’au moins 34 pays ne reconnaissent pas la pseudo-Rasd.

Ce souci pour l’Afrique concerne également la politique intérieure.  D’ailleurs, le Souverain a appelé à revoir la durée de la carte de séjour. Dans le cadre de la 2e phase de régularisation des  migrants subsahariens, elle devrait passer à 3 ans au lieu d’un an actuellement. 

Les enjeux d’un sommet

Deux points sont à l’ordre du jour du 28e Sommet de l’Union africaine, qui se tiendra fin janvier à Addis-Abéba. Le premier porte sur le retour annoncé du Maroc en tant que membre de cette organisation panafricaine. Plus de la moitié de ses membres ont formulé le souhait de voir Rabat réintégrer la famille. Pis, 28 pays ont signé une motion pour réclamer la suspension des activités de la Rasd à l’UA. Mais ce n’est pas la priorité.
L’autre enjeu est le renouvellement de la présidence en exercice. La rotation géographique permettra à l’Afrique de l’Ouest d’obtenir le poste de président. Deux candidats se positionnent pour succéder au sortant. L’un est proche du Maroc. L’autre de l’Algérie, qui remue ciel et terre pour contrecarrer le retour de Rabat au sein de l’organisation panafricaine. 

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