Competences & rh

Senior management: Motivez vos «aînés»

Par L'Economiste | Edition N°:4935 Le 10/01/2017 | Partager
Une démarche consistant à valoriser les «anciens»
Productivité au ralenti, sentiment d’être dépassé, attitude passive… les stéréotypes
Tutorat, formation , bilan de compétence, souplesse temporelle… les solutions!
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Placardisés souvent mal perçus, les seniors représentent depuis toujours les oubliés de la gestion des ressources humaines. Jugés trop «âgés» ou encore «dépassés», les entreprises considèrent souvent qu’il n’est plus rentable d’investir dans le développement de leur compétence. Il est pourtant possible de les valoriser et de les motiver en affirmant leurs enjeux individuels via des entretiens spécialisés ou encore en favorisant les coopérations avec les plus jeunes. Une démarche qui s’avère à terme productive pour l’entreprise mais qui nécessite la mise en œuvre de mesures particulières.

 

Il existe plus exactement deux catégories de seniors, nous explique Saif Allah Allouani, psychosociologue et coach expert en bonheur authentique. Les premiers, situés dans la tranche d’âge 45-50 ans, peuvent espérer vivre la seconde partie de leur carrière au sein de l’entreprise. Les seconds, dont l’âge tourne autour des 55 ans, sont quant à eux plus proches du départ à la retraite, précise l’expert. Quoi qu’il en soit, beaucoup de stéréotypes sont attribués à cette génération de salariés, contribuant ainsi à les stigmatiser, souligne le spécialiste. Des clichés qui rejoignent souvent la réalité dans la plupart des cas.

Ils sont tout d’abord perçus comme des actifs avec une productivité réduite et dont les salaires sont disproportionnés par rapport à leur contribution réelle au sein du groupe. Un manque de résistance physique au stress dû naturellement à l’âge. D’autre part, cette catégorie d’employés ne maîtrise pas toujours les nouvelles technologies et semble souvent dépassée dans ce sens, confie Saif Allah Allouani. Les seniors se montrent enfin souvent passifs et attentistes au bureau. «Une attitude normale étant donné que la notion du temps prend une nouvelle direction pour eux et que leurs repères d’évolution changent sensiblement», précise  le spécialiste. Des stéréotypes d’autant plus renforcés que les nouvelles recrues, dont le niveau de formation devient de plus en plus important, ont de plus en plus tendance à «minimiser» le rôle positif de l’expérience.

Pour maintenir la motivation des plus âgés au sein du groupe, il est tout d’abord conseillé de favoriser les coopérations intergénérationnelles via la mise en place de tutorat ou encore de parrainage, confie Saif Allah Allouani. Un excellent moyen de tisser des liens et de favoriser la communication entre les seniors et leurs cadets. Une mixité ne pouvant se construire que dans l’échange mutuel, les seniors apportant leur expérience aux jeunes qui en retour les feront bénéficier des nouvelles technologies et de leur connaissance des dernières évolutions du secteur. Autre moyen de changer la donne, poursuivre l’effort d’apprentissage afin de mettre à niveau cette tranche d’âge particulière.

Il peut s’agir de formations purement techniques, dont notamment sur les NTIC mais également de cours en rapport avec la communication, le management ou encore le volet commercial. Le manager peut aussi faire évoluer la mission des aînés à travers des entretiens dits de «seconde partie de carrière». Objectif: inciter les seniors à se repositionner au niveau de l’entreprise ou encore à relever de nouveaux challenges. De nouvelles missions, particulièrement diversifiées, peuvent alors être envisagées et planifiées.

«L’entretien permet généralement de réaliser un bilan avec le salarié et de connaître ses souhaits et ses besoins pour les années futures», souligne l’expert en ressources humaines. Il permet également d’informer ce dernier sur ses droits et sur les dispositifs prévus par l’entreprise le concernant. Enfin, afin de garantir l’épanouissement des seniors et d’adoucir la pénibilité au travail, il est conseillé de réorganiser leurs déplacements et d’instaurer des plages horaires décalées. Le rythme de travail de cette catégorie des salariés peut également être revu à la baisse.

Une démarche prisée par les entreprises marocaines

Au Maroc, le senior management est fréquemment pratiqué. Les départs volontaires ciblés sont en effet particulièrement prisés par les grandes entreprises du Royaume, nous apprend Saif Allah Allouani, psychosociologue et coach expert en bonheur authentique. L’essaimage commence également à être adopté dans différents secteurs. Les seniors occupent le plus souvent des postes de management. Un moyen de valoriser leur expérience sans être trop exposés aux exigences de la technicité, précise l’expert.

 

 

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