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Apprendre à devenir winner et repartir du bon pied

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4935 Le 10/01/2017 | Partager
Réaliser son bilan, mettre la main sur ses blocages et célébrer ses réussites
Gare aux petites phrases assassines chuchotées en langue maternelle!
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Mohssine Benzakour, psychosociologue, professeur universitaire, auteur du livre «Initiation à la psychologie sociale: communiquer autrement»: «Valoriser les succès, même les plus petits, est essentiel. Cela vous aide à envisager la réussite» (Ph. M.B)

L’échec n’est jamais facile à vivre, mais le tout est de savoir rebondir. Si en 2016 vous êtes passés à côté de vos objectifs et ambitions, rien n’est perdu. Il n’est jamais trop tard pour se relever et repartir sur de bonnes bases. Le nouvel an est toujours synonyme de nouveau départ. Mieux vaut en profiter pour prendre les bonnes résolutions. Pour Mohssine Benzakour, «on ne naît pas winner, on le devient».  

- L’Economiste: Sur le plan psychologique, est-il possible de se conditionner pour se mettre dans l’esprit d’un winner?
- Mohssine Benzakour:
Je suis réticent par rapport à l’usage du terme «conditionner», car l’esprit humain est ouvert et ne cesse d’évoluer au quotidien, en réalisant tout le temps son bilan. Le problème réside souvent dans la manière de procéder à ce diagnostic. Il s’agit surtout de mettre la main sur les blocages qui peuvent ralentir votre marche vers l’excellence.

- Il faut donc commencer par une introspection?   
- Tout à fait, mais dans un esprit positif. L’objectif n’est pas de culpabiliser ou de se lamenter sur son sort. L’idée est de faire le point sur ses acquis. Le nouvel an est une opportunité extraordinaire, car il incarne le sens du nouveau départ. Il ne faut surtout pas être dans le regret ou dans le sentiment de déception. Il est important d’être opportuniste, mais dans le sens où vous appréhendez tout ce qui se présente à vous comme une occasion de s’investir et d’aller de l’avant. D’autres paramètres rentrent en jeu. Il est, par exemple, nécessaire d’être bien entouré et encouragé, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel. Par ailleurs, le contexte social, culturel et politique est crucial. Il faut l’analyser comme il se doit, pour ne pas être un simple rêveur détaché de la réalité.      
- Il existe, cependant, toujours des blocages psychiques. Comment les transcender?
- Parfois, ce qui nous bloque psychiquement, c’est de se dire que nous avons atteint nos limites. Et là, j’en reviens à la société marocaine. Notre langue maternelle contient des expressions à l’effet catastrophique. Du genre: de toutes les façons, tu ne réussiras jamais dans ta vie. Ce qui forme notre subconscient, c’est notre langue maternelle. Il n’est pas possible d’avancer sans revenir à soi, à sa culture, à son éducation, ses rapports avec ses parents,… et tout cela mérite un diagnostic, afin de découvrir ces phrases qui nous jouent des tours. Le bilan à opérer n’est pas que matériel ou économique, il est aussi psychologique.
Il est, par ailleurs, crucial de valoriser ses succès, même ses micro-réussites, afin de mieux appréhender l’avenir.

- Pour résumer, quels conseils donneriez-vous pour repartir sur de bonnes bases?
- D’abord, faire son bilan de manière positive. Découvrir ses failles pour trouver des solutions et non pour s’auto-flageller. Chercher de nouvelles opportunités, il y en a toujours. Être créatif, croire en l’avenir et en soi, s’ouvrir sur les autres, savourer le bonheur, ne pas rater les bons moments de la vie, ne pas oublier ses proches et avoir le droit de rêver, sans pour autant se détacher de la réalité.
La façon de se représenter soi même, l’autre et la vie est très importante aussi. Si elle est bien canalisée, bien orientée, vous ne pouvez qu’exceller.

- Être un winner, est-ce d’abord une question de personnalité?
- On ne naît pas winner, on le devient. Depuis sa naissance, l’être humain est entouré par ses proches et il apprend tout le temps. Il existe un dilemme chez nous: apprendre à l’enfant à se soumettre, ou le pousser à aller vers la découverte de soi, de l’autre, et de la réalité. Vous devenez winner grâce à votre entourage, à vos apprentissages, à l’école, à la société et à la culture qui vous entoure.
Par ailleurs, il y a ce dialogue interne qui est décisif. Parfois, même si l’environnement est destructeur, des génies peuvent s’en échapper. Là, l’on parle d’individualisme équilibré de la personne qui l’aide à croire en elle. Vous pouvez, en revanche, évoluer dans un environnement parfait, mais malheureusement, votre individualisme est touché, et vous ne pouvez devenir un winner. Les gens normaux ont besoin à la fois d’un équilibre psychique et social.
Il y a également le vécu. Le cumul de succès nous aide à être positifs et rassurés. C’est pour cela que valoriser les succès, même les plus petits, est essentiel. Cela vous aide à envisager la réussite. Le comportement est, en outre, déterminant. Il faut qu’il soit adéquat avec votre discours intérieur et vos attitudes. Autrement, vous aurez beaucoup de mal à développer une relation stable. J’entends par là, la tenue vestimentaire, les gestes, les tics, …
Le sens de l’observation et la maîtrise rationnelle et consciente de soi, de ses pensées et de ses réactions, font également partie des qualités des winners.

Les dégâts du management paternaliste

Souvent, vous êtes votre propre ennemi. Votre auto-sabotage permanent vous empêche de vous libérer de vos chaînes et d’oser de nouveaux défis. Toutefois, d’autres facteurs rentrent en jeu. Le style de management auquel vous vous confrontez peut, aussi, vous brider dans vos élans. «Le manager marocain agit plus comme un père que comme un gestionnaire. Il est là pour jouer le rôle du dominateur, voire même du despote!», regrette Mohssine Benzakour. «Il va au-delà du professionnel pour s’immiscer dans l’intimité de la personne, dans sa personnalité elle-même. Il se prend pour un analyste, et se donne le droit de juger. Ça aussi, c’est destructeur», insiste-t-il. 

Propos recueillis par Ahlam NAZIH

                                                                              

D’abord une stratégie de carrière

Sans feuille de route ni objectifs, impossible de réaliser des exploits. Avant de courir derrière la réussite, il faut d’abord la planifier. Or, la majorité navigue à vue, en continuant de rêver de «miracles». «Tout démarre d’une simple idée. Si vous n’avez pas de projet, vous êtes tout le temps attiré par n’importe quelle voie ou courant», souligne Mohssine Benzakour. Au mieux, vous ferez partie des projets des autres… «Toutefois, rien n’a de sens en dehors du savoir. Il ne s’agit pas uniquement de connaissances, mais à la fois de savoir-faire et de savoir-être», insiste le psychosociologue. Le savoir-être, c’est justement le talon d’Achille du système d’enseignement marocain. Plusieurs comportements en entreprise peuvent sérieusement nuire à la qualité du management et, in fine, à la productivité. Certains employés ont, par exemple, tendance à trop s’attacher à ce que leur patron pense de leur image, à personnaliser les sujets, à faire de l’exécution des ordres une histoire de dignité, à ne pas oser s’exprimer…  «Pour être un winner, il faut avoir l’audace d’affronter l’autre, d’exprimer ses idées et croyances et de les défendre. Cela n’a rien à voir avec l’insolence. En vous accusant d’insolence, l’autre vous interdit de réfléchir parce qu’il souhaite protéger son autoritarisme», explique Benzakour. Les complexes en entreprise sont légion. D’où l’importance d’un diagnostic permettant de relever tous les blocages.

 

 

 

 

 

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