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Competences & rh

Résolutions, ambitions, challenges, … ce qu’ils prévoient pour 2017

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4935 Le 10/01/2017 | Partager

Le passage d’une année à une autre est souvent synonyme d’un nouveau départ, d’une opportunité de se remettre en question pour reprendre son bonhomme de chemin sur de nouvelles bases. Entre vie professionnelle et personnelle, les défis ne manquent pas. Il est plutôt facile de se fixer des objectifs, mais très difficile de les atteindre. Certains s’obligent à une discipline de fer pour y arriver, ou du moins s’en rapprocher le plus possible. D’autres préfèrent se mettre moins de pression, tout en gardant le focus sur leurs cibles. Des patrons ont bien voulu livrer leurs résolutions et ambitions pour 2017, mais aussi la manière d’appréhender cet exercice de projection sur le nouvel an. Tour d’horizon.

■ Innover, créer, réseauter

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Yasmine Benamour, administrateur directeur général de HEM (Ph. YB)

Innover. C’est chaque année la première résolution de Yasmine Benamour. A la tête de HEM depuis maintenant 8 ans, elle continue de chercher de nouvelles pistes de développement pour son groupe. «Cela fait partie de la culture même de HEM», insiste-t-elle. Cette année encore, des réflexions seront lancées pour de nouveaux projets, dont des antennes dans plus de villes. «Autrement, on s’ennuie!» lance la jeune patronne.  
Pour le nouvel an, qui commence en fait dès la rentrée de septembre pour les business schools, Yasmine Benamour n’a pas l’habitude de dresser toute une liste de résolutions. Cette année, elle en a choisi une supplémentaire: se faire une place dans des réseaux professionnels.  «Quand vous dirigez une grande PME, vous gérez simultanément l’opérationnel et le stratégique. Ce n’est pas évident, surtout que nous comptons 7 campus avec une multitude d’aléas du quotidien à régler», relève Benamour. «Ma plus grande difficulté ces dernières années a été d’arriver à sortir rencontrer des gens du monde de l’entreprise. Or, c’est fondamental. Et ça marche! Il n’y a pas un évènement où je participe sans sortir avec un partenariat HEM/entreprises», confie-t-elle. Même avec ses responsabilités de chef d’entreprise et de mère de famille, elle compte consacrer plus de temps à son networking. Elle vient d’ailleurs d’intégrer le Réseau Entreprendre Maroc et le réseau international américain YPO (Young President’s Organization).

                                                          

■ «Viser haut, mais rester réaliste»

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Samir Benmakhlouf, directeur général de la Connectivité monde de Microsoft (Ph. L’Economiste)

Depuis sa nomination en mai 2016 en tant que DG en charge de la Connectivité monde de Microsoft, Samir Benmakhlouf n’arrête pas de sauter d’un avion à l’autre. «Désormais, mon adresse c’est le cloud», lance-t-il. Cela ne lui fait pas perdre le nord pour autant. Ses priorités et ses objectifs à long terme sont bien clairs dans sa tête. Le nouvel an est pour lui l’occasion de faire son bilan et de se lancer des défis. «Des objectifs facilement atteignables ne valent pas le coup d’être fixés. Il faut qu’ils soient ambitieux, mais aussi réalistes. Même si vous ne les réalisez pas, au moins vous vous en rapprochez», estime-t-il. Son ambition pour 2017, «générer un maximum d’impact positif au Maroc». Il n’en dira pas plus pour le moment…
En tant que directeur à Microsoft, il s’est fixé comme objectif d’être «plus à l’écoute de l’écosystème». «Vous ne pouvez pas ramener des solutions toutes faites de l’extérieur. Il est important d’être d’abord à l’écoute des clients et partenaires, et de s’adapter à leurs besoins», explique-t-il. De par ses voyages, Samir Benmakhlouf a eu l’opportunité de scruter les besoins en transformation digitale, y compris dans les pays développés. Sa stratégie: observer et comprendre, pour ensuite rebondir avec des propositions.  

                                                          

■ Un réseau africain de la RSE

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Saïd Sekkat, président de la commission RSE & Label de la CGEM (Ph. L’Economiste)

Pour Saïd Sekkat, l’année démarre sur les chapeaux de roue. Il nous a livré, entre deux réunions, quelques-unes de ses ambitions pour 2017. La première, créer un réseau africain de la RSE, avec une charte inspirée de celle de la CGEM, élaborée il y a maintenant 10 ans. Le président de la commission RSE & Label de la CGEM souhaite, par ailleurs, lancer le réseau local du Pacte mondial des Nations unies pour la RSE. «Cela nous permettra de faire connaître les bonnes pratiques RSE des entreprises marocaines, tout en s’inspirant de celles des autres pays membres», explique-t-il. Enfin, Saïd Sekkat rêve d’atteindre la barre symbolique de 100 entreprises labellisées RSE. «Ce début d’année a été prometteur, puisque nous avons, dès la première semaine, réuni le comité d’attribution et prononcé deux nouvelles labellisations, pour Total Maroc et TangerMed Port Autority. Nous avons également accordé deux renouvellements à HPS et à la Bourse de Casablanca», livre-t-il. Pour le moment, seules 78 entreprises détiennent le Label RSE de la CGEM.

                                                          

■ «Finir mon mandat en beauté»

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Aziz Qadiri, président du Réseau Entreprendre Maroc (Ph. L’Economiste)

C’est la dernière année de son mandat à la tête du Réseau Entreprendre Maroc, et il compte bien tout faire pour terminer sa mission «en beauté». «Nous sommes sur une belle trajectoire, et nous devons continuer sur notre lancée. Pour ma part, je souhaiterais laisser à mon successeur une association dynamique, de manière à ce qu’il se fixe des objectifs encore plus grands», déclare Aziz Qadiri. Sa deuxième résolution pour cette année est de réussir son dernier défi à l’association: créer deux sections supplémentaires dans deux nouvelles régions, Fès-Meknès et Errachidia. Cette fois-ci, pas question de reproduire les erreurs du passé. «Nous nous assurerons d’avoir un noyau dur, avec un président et un comité, dès le départ dans ces antennes. Il nous est déjà arrivé de faire confiance à une seule personne qui nous a lâchés», concède-t-il. Tirer des leçons de ses erreurs, s’approcher au maximum des objectifs du Réseau et terminer en apothéose avec deux nouvelles sections, voilà les trois résolutions phares de Aziz Qadiri pour 2017.

                                                          

■ Combiner performance et bien-être

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Amine Bensaïd, président de l’université Mundiapolis (Ph. Khalifa)

Réussir un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle figure clairement parmi les préoccupations majeures des patrons et cadres. Amine Bensaïd en a fait sa première résolution pour 2017. La tête dans le guidon, absorbé par les multiples projets de l’université qu’il gère, Mundiapolis, sa vie privée passait souvent au second plan. Cette année, plus question pour lui de se laisser aller à ce rythme effréné. Avec sa petite famille, il s’est fixé toute une liste d’objectifs: prendre au moins un repas en famille, planifier un minimum de quatre voyages ensemble par an, arrêter l’utilisation des téléphones portables à la maison après 20h, faire plus souvent plaisir à ses parents,…     
Autre résolution, combiner à la fois performance et bien-être. Le président de Mundiapolis a, par exemple, décidé d’organiser deux déjeuners avec deux étudiants différents par mois. Pareil avec ses professeurs et collaborateurs. Une manière de relever les défis de la gestion quotidienne et d’améliorer la performance dans un esprit calme et détendu. Sur le plan du management, Amine Bensaïd s’est lancé comme challenge d’atteindre l’efficacité d’une grande entreprise, tout en gardant une culture académique.
Ses objectifs, il en assure un suivi rigoureux, mais sans pour autant se mettre trop de pression. «Je suis passé par des moments où je voulais réussir mes challenges coûte que coûte, même sur le plan personnel. J’ai donc vécu un niveau de stress et de tension qui n’étaient pas forcément compatibles avec l’objectif ultime», avoue-t-il. Cette année, no stress!
La périodicité du bilan dépend des objectifs eux-mêmes. «Dans la sphère professionnelle, j’ai la chance de compter sur la contribution de plusieurs compétences. Les choses se déroulent donc de manière plus aisée», précise Bensaïd. Pour mieux organiser sa vie privée, il tente de s’inspirer des bonnes pratiques du management, mais in fine, il préfère ne pas toujours se prendre trop au sérieux.  

                                                          

■ Une discipline de fer!

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Asmaa Mourine Azzouzi, présidente de l’Association des femmes chefs d’entreprise (Afem) (Ph. AMA)

«On n’est jamais assez bien organisé», pense Asmaa Mourine Azzouzi. La vie active est toujours pleine «d’impondérables» et il faut toujours y être préparé. «Face à de nombreuses responsabilités, entre vie professionnelle, vie privée et activités associatives, si vous n’avez pas un minimum de rigueur et d’organisation, vous êtes très vite submergé et vous ne savez plus où donner de la tête», estime la présidente de l’Afem. Son année, elle la divise en quatre. Chaque début de trimestre, elle procède à un bilan d’étape. Ce mode opératoire, elle le suit depuis quelques années et elle ne compte pas le changer de sitôt. Evidemment, l’approche entraîne plus de pression, mais elle permet de rectifier le tir et de se rapprocher au maximum des ambitions listées. «Les objectifs que vous visez doivent vous motiver, vous porter, afin de vous pousser au-delà de vos limites et vous permettre de transcender toutes les contingences. Sinon, cela ne vaut pas le coup. Même si vous ne les atteignez qu’à 70 ou 80%, c’est déjà une base pour bâtir la suite», estime Asmaa Mourine Azzouzi. «Cela dit, il faut aussi savoir doser. Des objectifs trop ambitieux pourraient vous paralyser, puisque vous vous direz que de toutes les manières, vous n’y parviendrez pas!» poursuit-elle.
Pour 2017, elle se donne deux priorités majeures: sensibiliser les femmes entrepreneurs pour profiter du plan d’accélération industrielle et s’orienter plus vers l’industrie, «car elles y ont toute leur place». Et les pousser à rattraper leur retard en matière de transformation digitale, afin de s’ouvrir plus d’opportunités.

                                                          

■ Redorer l’image de la marine marchande

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Amane Fethallah, directrice de la marine marchande (Ph. L’Economiste)

Il est grand le défi de Amane Fethallah: redonner son lustre à un secteur en déclin et faire revivre un pavillon national moribond. Elle en a conscience, la tâche est loin d’être facile, mais elle est prête à mener le combat. Ce sera son défi pour 2017. La directrice de la marine marchande souhaite aussi redorer l’image de sa direction, en améliorant les services rendus, et ambitionne de trouver de l’emploi pour les ressources humaines du maritime.  Cela fait près de 6 mois qu’elle a été nommée à la tête de la DMM. «J’ai pu prendre mesure de l’importance de la tâche qui m’a été confiée, de mes missions et des axes prioritaires de travail. En même temps, ma prise de fonctions est tombée dans une période de transition, où il n’y a pas de ministre. Or, les actions stratégiques doivent d’abord être validées par le ministre», relève-t-elle. Son bilan, elle y procède à la fin de chaque projet, tout en y associant son entourage, avant de passer à la planification de son prochain challenge. L’exercice n’est pas forcément lié au calendrier. Néanmoins, le nouvel an est toujours pour elle une période de remise en question et de nouvelles résolutions. A l’instar d’autres cadres, trouver un meilleur équilibre entre sa vie personnelle et son activité professionnelle fait partie de ses principales préoccupations. Elle tâchera donc de se consacrer plus à sa famille. Par ailleurs, pour diminuer son stress, fini le trajet Casablanca-Rabat, qu’elle doit emprunter chaque jour, en voiture. Désormais, elle fera la navette par train. Amane Fethallah souhaite aussi mieux gérer son emploi du temps, et s’adonner à plus d’activités physiques. Des mesures, de prime abord, simples, mais qui peuvent nettement améliorer la qualité de vie. 

 

 

 

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