International

La grogne monte en Allemagne

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4935 Le 10/01/2017 | Partager
Elle menace de supprimer son aide au développement
La sanction cible les pays refusant de reprendre leurs ressortissants

Le gouvernement allemand a menacé de supprimer son aide au développement aux pays refusant de reprendre leurs ressortissants déboutés de leur demande d'asile. Ceci à la lumière des dysfonctionnements apparus avec l'auteur du récent attentat de Berlin. «Ceux qui ne coopèrent pas suffisamment ne peuvent pas espérer bénéficier de notre aide au développement», a estimé le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel, également président du parti social-démocrate. «Je soutiens pleinement cette idée», a abondé le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière, membre du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel.

L'avertissement vise en particulier la Tunisie, dont était originaire l'auteur présumé de l'attentat au camion-bélier du marché de Noël de Berlin le 19 décembre (12 morts) et plus généralement les pays du Maghreb. Le jeune homme avait vu sa demande d'asile en Allemagne rejetée il y a déjà plusieurs mois. Mais les autorités n'ont pu le renvoyer dans son pays faute de documents d'identité en règle. Berlin reproche à Tunis d'avoir refusé pendant plusieurs mois de reconnaître sa nationalité et empêché ainsi son retour.

Plusieurs milliers de ressortissants de pays du Maghreb en particulier, dont les citoyens n'ont pratiquement aucune chance d'obtenir l'asile en Allemagne, sont actuellement dans cette situation.La coalition gouvernementale d'Angela Merkel envisage d’autres changements. «Je vais faire des propositions très concrètes afin d'élargir la possibilité de placement en rétention des personnes classées dangereuses en vue de leur expulsion», a indiqué le ministre de la Justice, Heiko Maas.

Seraient désormais concernés «les étrangers dont le pays d'origine refuse de les reprendre rapidement», a-t-il précisé. Le ministre de la Justice et celui de l'Intérieur doivent se rencontrer ce mardi pour en discuter. Il est aussi question d'une extension de la vidéo-surveillance. En revanche, la proposition du ministre de l'Intérieur visant à centraliser le renseignement intérieur, pour le rendre plus efficace, en supprimant les services régionaux, a provoqué une levée de boucliers des Etats régionaux. Ces derniers s'inquiètent d'une remise en cause du «fédéralisme».

 

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