International

Les premiers indices du programme Theresa May

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4935 Le 10/01/2017 | Partager
La priorité au contrôle de l’immigration en provenance de l’UE
L’accès au marché unique en seconde étape
La stratégie détaillée avant fin mars
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«Nous pourrons avoir le contrôle de nos frontières, de nos lois... C'est ce pour quoi les gens ont voté le 23 juin», a indiqué la Première ministre britannique Theresa May. «Bien sûr nous voulons toujours le meilleur accord possible pour nous, que nos compagnies puissent continuer à faire du commerce avec et à l'intérieur de l'UE et inversement», a-t-elle ajouté (Ph. AFP)

Répondant aux critiques sur sa stratégie, la Première ministre britannique Theresa May tente de reprendre la main. Elle donnera la priorité au contrôle de l'immigration en provenance de l'Union européenne plutôt qu’à l'accès au marché unique européen lors des négociations sur le Brexit. Ses propos ont ravivé les inquiétudes des investisseurs et la livre britannique a chuté, hier lundi, face à l’euro et au dollar.

Theresa May a promis de dévoiler avant fin mars sa stratégie de négociation avec l'activation de l'article 50, qui lancera la procédure de divorce d'avec l'UE. Son refus de la partager avec le Parlement lui a en outre attiré le désaveu de la Haute cour, qui l'a sommée d'informer les élus de ses intentions avant de lancer le divorce avec l'UE. La Cour suprême doit rendre ce mois-ci une décision définitive.

Après la démission surprise d’Ivan Rogers, Tim Barrow est devenu le nouvel ambassadeur du Royaume-Uni auprès de l’UE. Il devra collaborer avec deux partisans du Brexit, Boris Johnson, chef de la diplomatie, et David Davis, chargé du Brexit. Au moment où Londres cherche à se rassurer sur sa relation avec Washington, Boris Johnson s'est envolé dimanche dernier pour les Etats-Unis. Il doit rencontrer des conseillers du président élu Donald Trump. Theresa May se rendrait aussi à la Maison-Blanche au printemps après l'entrée en fonction de Trump le 20 janvier.  Londres souhaite renforcer le commerce et les investissements bilatéraux avec les Etats-Unis et devra négocier de nouveaux accords commerciaux pour remplacer ceux qui tombent sous la coupe de Bruxelles.

L’économie britannique fait preuve d'une grande résistance depuis le référendum de fin juin. L'économiste en chef de la Banque d'Angleterre (BoE), Andy Haldane, a reconnu avoir été trop pessimiste dans ses prévisions sur les conséquences immédiates du vote pour le Brexit. En effet, «la BoE avait clairement pris position contre le Brexit, en soulignant les risques associés à une telle aventure», selon les experts de Natixis (cf. note économique: L’année de toutes les surprises). Après le référendum, elle a assez vite pris des mesures préventives: «relance de son programme de rachat d'obligations, nouvelle baisse du taux de base (à 0,25%), et TFS (Term Funding Scheme, destiné à améliorer les mécanismes de transmission de la politique monétaire)». Les effets de la baisse des taux ont été renforcés par le très fort recul de la livre sterling qui a résulté du vote en faveur du Brexit et de ses nouvelles mesures monétaires. Cela explique pourquoi «il n’y a pas eu, en 2016, de forte baisse de l’activité économique. Mais il y a eu accumulation de risques, dont beaucoup devraient se réaliser dans les années à venir».

La croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait vraisemblablement dépasser 2% en 2016. Les économistes et les pouvoirs publics prédisent  un coup de frein à la consommation et aux investissements en 2017. Il faudrait s’attendre à deux scénarios. Le premier concerne le pouvoir d'achat des ménages qui pourraient souffrir de la poussée de l'inflation consécutive à la chute de la livre. Le second est que les entreprises seront susceptibles d'hésiter avant d'embaucher et d'investir du fait des incertitudes associées aux négociations sur le Brexit.

 

 

 

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