Analyse

Autoroutes du Maroc: «Sur 1.800 km, à peine 800 sont rentables»

Par Fatima HAÏM | Edition N°:4935 Le 10/01/2017 | Partager
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Anouar Benazzouz, DG de ADM, explique les projets de 2017 et les enjeux de la digitalisation. Prochaine étape: l’automatisation du péage (Ph. L’Economiste)

Chantiers tous azimuts chez Autoroutes du Maroc! En pleine restructuration, l’entreprise met les bouchées doubles pour améliorer ses infrastructures et optimiser son réseau.

- L’Economiste: Quels sont les projets de développement et les chantiers phares prévus pour 2017?
- Anouar Benazzouz:
De nouveaux contrats-programmes sont à l’étude avec de nouvelles ouvertures prévues… Le projet d’autoroute El Jadida-Safi a pris un peu de retard, mais il suit son cours. Le chantier de triplement de l’autoroute Casablanca-Berrechid ainsi que les travaux de contournement de Casablanca vont démarrer cette année. Ce sont là, grosso modo, les projets importants qui vont permettre de fluidifier le trafic.

- Parmi ces chantiers, le volet «digitalisation» du péage présente des enjeux importants. Quel est son état d’avancement?
- En effet, la digitalisation a démarré en 2014 et elle se poursuit, avec de nouvelles dispositions qui vont permettre de faciliter le paiement des usagers. De nouvelles formules d’abonnement sont d’ores et déjà proposées avec la possibilité de rechargement sur internet ou encore de paiement via Barid cash, etc. La gestion de l’exploitation a été confiée à l’opérateur Vinci avec qui nous avons signé une convention d’assistance technique pour accélérer l’automatisation et la modernisation du parc autoroutier.
- La dette plombe la rentabilité de votre activité… Quel est le trafic moyen pour réaliser des profits?
- Il faut savoir que sur les 1.800 km d’autoroutes, seuls 800 km sont rentables à ce jour. Et ce sont ces 800 km qui financent l’ensemble du réseau autoroutier. Pour une exploitation optimale de l’axe Rabat/Fès par exemple, il faut une fréquentation de 8.500 véhicules/jour. Et en 10 ans, le trafic a presque triplé sur cet axe car l’installation de nouvelles entreprises a généré une activité économique. Durant l’été, il y a des pics de fréquentation pouvant aller jusqu’à 1 million de véhicules par jour! Pour le trafic économique, 30% concernent les poids lourds (en moyenne) et 70% les véhicules légers. Cette  proportion peut varier selon les axes les plus fréquentés, Casablanca-Rabat étant le tronçon le plus sollicité. L’axe Fès-Oujda est moins rentable…

Ninja Tech: Une expertise «made in Japan»!

Pour les ouvrages d’art, comme le pont à haubans de l’autoroute de Rabat, ADM a fait appel à la méthode Ninja Tech. Il s’agit d’une technique d’observation «à la loupe»  qui a lieu tous les deux ou cinq ans, consistant à escalader sur toutes les parties de l’ouvrage, en particulier les plus inaccessibles, pour une veille sécuritaire. Cette technique va permettre de déceler les imperfections afin d’anticiper une intervention sur le site, en cas d’anomalie. Cette méthode permet, entre autres, de voir si l’ouvrage évolue avec les mouvements du sol.

Propos recueillis par Fatima HAIM

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