Analyse

Autoroutes du Maroc: Tout un plan pour ne pas rater la dernière sortie

Par Safall FALL | Edition N°:4935 Le | Partager
Endettement: le bon compromis trouvé entre remboursement et investissement
Le digital, de nouvelles organisation et approche client pour booster la rentabilité
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En 2016, l’entreprise affichait une circulation moyenne sur le réseau de 21 millions de véhicules/kilomètre/jour. Ce qui correspond à une augmentation prévisionnelle de 11% par rapport  à 2015

Près de 4 milliards de DH d’investissement en 2016 et 2017! Il y a toujours un prix à payer pour financer de telles ambitions. Avec près de 40 milliards de DH de dettes d’investissement, la spécificité de l’approche adoptée récemment par le conseil d’administration d’Autoroutes du Maroc, pour gérer cette ardoise, fera certainement jurisprudence. Anouar Benazzouz, le directeur général de l’entreprise publique, confirme que la «gestion dynamique de la dette et la renégociation directe des taux avec les principaux créanciers» étaient le meilleur compromis entre les échéances de remboursement et la poursuite de l’investissement.

Rappelons que dans la note d’information de l’entreprise parvenue à plusieurs rédactions, on parle de 2 opérations d’optimisation. La première porte sur le rachat d’une partie de la dette de 3 milliards de DH en dinar koweitien (KWD). «Le principal enjeu ici était d’assurer une meilleure couverture de risque de change à ADM. C’est d’aillleurs essentiellement pour cela que nous avons opté pour la devise koweitienne», explique le patron d’ADM à L’Economiste. Cela devrait d’ailleurs passer par un prêt garanti par l’Etat et contracté auprès de banques marocaines, comme l’explique le management de la société. La seconde option retenue vise l’optimisation de la dette obligataire de l’entreprise publique. Pour y arriver, ADM procédera au rachat de près de 6 milliards de DH d’anciennes obligations à taux élevés, et leur remplacement par de nouvelles obligations à des taux plus soutenables.

Ces pistes ont été dégagées suite à l’étude sur la restructuration financière de la société réalisée en 2015. Ce travail a en effet permis de proposer une série de mesures permettant le rétablissement des équilibres financiers de la société, la pérennisation de l’investissement réalisé et la préparation d’un nouveau programme d’investissement.

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Le nouveau contrat-programme Etat-ADM,  en préparation, devrait permettre de relifter le business plan de la société et soutenir sa compétitivité opérationnelle

La restructuration de la dette est une étape-clé vers le nouveau contrat-programme en préparation avec l’Etat. Mais l’avenir de la structure ne se jouera pas uniquement à partir de la gestion de son endettement. La nouvelle stratégie d’investissement se concentrera évidemment sur l’extension du réseau, mais aussi sur une nouvelle approche stratégique orientée consommateur pour relever le niveau du trafic, essentiel pour la rentabilisation de certains tronçons phares. La digitalisation des usages rentre aussi dans ce cadre. Un remaniement de l’organisation interne d’ADM est également envisagé. Un nouvel organigramme sera mis en œuvre incessamment. 

S’y ajoute le lacement d’une étude, l’année dernière, pour concevoir «un projet industriel permettant la professionnalisation de l’exploitation autoroutière et l’optimisation des charges». L’option d’un partenariat avec le privé pour l’exploitation du réseau n’est pas écartée.
 A fin 2016, l’entreprise table sur un business prévisionnel de 2,5 milliards de DH, contre 2,4 milliards une année auparavant.  Pour l’exercice qui vient de démarrer, la société se projette sur un chiffre d’affaires prévisionnel qui devrait franchir la barre des 3 milliards de DH. Cette croissance serait tributaire des nouvelles liaisons mises en service en 2016 (la section Berrechid-Khouribga (78 km), l’autoroute El Jadida-Safi (143 km) et le contournement de Rabat (41 km), ainsi que d’autres qui devraient l’être cette année. La société compte en effet investir quelque 1,2 milliard de DH dans l’extension du réseau. Il s’agit notamment de la réalisation de l’autoroute Berrechid-Tit Mellil et du triplement de la voie Casablanca-Berrechid. Le réseau autoroutier national en service a atteint 1.773 km en 2016, contre 1.511 km à fin 2014.

 

 

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