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Evénement

Gouvernement: Les derniers scénarios qui s’offrent à Benkirane

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4935 Le 10/01/2017 | Partager
Comment sortir de la crise
L’Istiqlal se repositionne après les dernières évolutions
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Quelques heures seulement avant la publication du communiqué incendiaire du SG du PJD, Abdelilah Benkirane et Aziz Akhannouch s’étaient croisés au mausolée Mohammed V, où ils se sont recueillis sur la tombe de Feu Hassan II. Une ambiance bon enfant a caractérisé cette rencontre entre les dirigeants des deux partis (Ph. Bziouat)

Des signes avant-coureurs annonçaient dès la semaine dernière que les négociations pour la formation du gouvernement se dirigeaient vers un nouveau blocage. Après sa rencontre avec Aziz Akhannouch mercredi dernier, Abdelilah Benkirane avait annoncé que le prochain gouvernement sera composé uniquement des partis de la majorité sortante. L’idée était de mettre tout le monde devant le fait accompli, au moment où le président du RNI, qui avait annoncé avoir «reçu une offre intéressante du chef du gouvernement», voulait d’abord consulter ses partenaires. Et c’est suite à sa réunion avec les patrons du MP, de l’UC et de l’USFP que ces quatre formations avaient sorti un communiqué conjoint, le week-end dernier.

Principaux messages: aboutir à une majorité cohérente et un gouvernement fort, en conformité avec les orientations du discours royal de Dakar. Ce qui n’a pas été du goût de Benkirane, qui a opté pour une logique de confrontation. Dans un communiqué publié dimanche en début de soirée, il a annoncé «la fin des discussions avec le président du RNI et le secrétaire général du MP». En se retrouvant avec le PPS comme unique allié pour le moment, le patron du PJD s’est mis dans une situation embarrassante. Abdelilah Benkirane jettera-t-il l’éponge? Une option écartée par le parti de la lampe. Pour cette formation, «ce communiqué n’est pas une annonce de l’échec du chef du gouvernement, mais plutôt une réponse aux manœuvres voulant mettre le parti sous pression». Son secrétaire général a exprimé son refus de négocier avec deux formations «qu’il n’a pas sollicitées à participer au gouvernement».

Or, il y a quelques semaines, il avait salué l’adoption de la commission administrative de l’USFP de la décision de participer au gouvernement. De même qu’il était informé de la coordination du RNI et de l’UC via la mise en place d’un groupe parlementaire commun.
Actuellement, la décision de SG du PJD semble limiter les perspectives de former un gouvernement dans des délais raisonnables. Benkirane, qui avait présidé une réunion du Conseil de gouvernement, hier à Rabat, n’a pas rencontré Akhannouch. Mais ils devront certainement se voir en marge d’une réunion du Conseil des ministres, prévue aujourd’hui.

Face à cette impasse, trois grands scénarios sont envisageables, selon Mohamed Amrani Boukhobza, professeur de sciences politiques à l’Université Abdelmalek Saâdi à Tanger. D’abord, «les quatre partis menés par le RNI pourraient revoir leur position, afin de pousser vers un déblocage de la situation». Mohand Laensar, patron du MP, a estimé que «le chef du gouvernement a le droit de rompre les négociations». Mais a laissé entendre que les chefs des partis de cette coalition restent ouverts à reprendre le dialogue. Un deuxième scénario est aussi «faisable», selon le politologue. Il s’agit de la mise en place d’une majorité autour des partis de l’ancienne koutla, avec le PPS, l’Istiqlal et l’USFP. Surtout que «le communiqué du chef du gouvernement ne mentionne pas l’arrêt des discussions avec ce parti», a estimé Boukhobza. Cependant, Benkirane a souligné dans ce même communiqué que l’USFP et l’UC ne sont pas concernés par les négociations.

La veille, il n’avait pas hésité à tirer à boulets rouges sur Driss Lachgar. Mais, «même si certains pensent que ce scénario reste peu crédible, je considère que c’est celui qui a le plus de chance d’aboutir», a expliqué ce professeur de sciences politiques. Pour lui, «il est possible que l’USFP se désolidarise des autres formations, le RNI, le MP et l’UC, afin de rejoindre la majorité. Surtout que le positionnement des formations politiques au Maroc est souvent dicté par des considérations tactiques, loin de la logique des alliances stratégiques». Il a considéré que «l’Istiqlal pourrait jouer un rôle central dans cette configuration».

D’ailleurs, le parti de la balance semble surfer sur la vague du blocage des négociations pour se repositionner en tant qu’allié sûr. Le PI a clairement fait savoir, via un édito publiés dans son journal officiel Al Alam, que «le parti est toujours concerné par les dernières évolutions». Ce retour de l’Istiqlal est favorisé par les positions exprimées dans le communiqué publié à l’issue de la réunion extraordinaire de son conseil national et celui du PJD, saluant ces décisions. «Les deux formations ont laissé une marge de manœuvre, afin de permettre un recours au soutien de l’Istiqlal en cas de difficulté», a expliqué Boukhobza.

Arbitrage

En cas d’échec de ces deux scénarios, la dernière option reste le recours à l’arbitrage royal. En vertu des dispositions de la Constitution, le recours au Roi pourrait se solder par une dissolution du Parlement et l’organisation de nouvelles élections. Une solution coûteuse en termes de financement, mais également en termes de perte de temps. Ce qui risque d’accentuer la situation d’attentisme, dont les effets négatifs commencent à se faire sentir sur la dynamique économique.

 

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