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Politique

Présidentielles françaises: Bariza Khiari défend la «Vision Macron»

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4934 Le 09/01/2017 | Partager
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Bariza Khiari défend une «laïcité de liberté», prônée par Emmanuel Macron. Elle est «contre le voile à l’école, par devoir de protection des enfants». Refuser le port du voile à des filles à l’université, «c’est leur refuser le droit d’émancipation» (Ph. Bziouat)

Sénatrice PS, Bariza Khiari a rejoint le mouvement En marche pour défendre la candidature d’Emmanuel Macron pour les présidentielles françaises de 2017. En visite au Maroc pour animer un débat avec les membres d’En marche Maroc, elle a décliné la vision du leader d’En marche sur les sujets qui fâchent. Citant Ibn Arabi et Aristide Briand, elle défend la «méthode Macron», qu’elle a rejoint, motivée par une compatibilité des valeurs.

- L’Economiste: Vous êtes au Maroc pour rencontrer les adhérents du mouvement En marche. Quel est le poids de cette circonscription marocaine?
- Bariza Khiari:
Le Maroc est un pays important pour les présidentielles, dans la mesure où il y a 50.000 Français inscrits sur les listes électorales. D’ailleurs, Emmanuel Macron se rendra bientôt au Maroc. La relation entre les deux pays est également très importante, en dépit de quelques brouilles que nous arrivons toujours à surmonter. Nous avons des intérêts en commun, notamment en matière de lutte anti-terroriste. Le Maroc est en pointe sur ce sujet. Sur le plan économique, le Maroc est un hub pour l’Afrique. Ça nous parle. Surtout qu’il emmène avec lui des entreprises françaises, dans le cadre de joint-ventures avec les opérateurs marocains. C’est win-win.

- La restructuration de l’islam en France est un sujet qui vous tient à cœur. Comment la coopération avec le Maroc peut-elle servir cette orientation?
- Je suis soulagée que la formation des imams français soit assurée au Maroc. Surtout qu’en plus des aspects religieux, les imams formés à Rabat sont aussi familiarisés avec des questions comme la laïcité et la vie en France, qui reste différente de celle dans un pays musulman. Mais cette situation est provisoire. Il faut que nous arrivions en France à «produire» nos propres cadres religieux. Et nous pouvons le faire. Mais il faut du temps pour y arriver.

- Qu’est-ce qui a motivé votre décision de rejoindre En marche et soutenir la candidature Macron?
- C’est parti des valeurs. Je suis en rupture avec la gauche du gouvernement sur la question de la déchéance de nationalité, qui était un véritable naufrage. J’avais aussi mené la résolution contre la circulaire Guéant. Emmanuel Macron, qui était toujours ministre à l’époque, s’était exprimé sur le sujet, en disant que ça lui procure un inconfort philosophique. J’ai été aussi séduite par sa vision de la laïcité. C’est une vision de liberté, celle d’Aristide Briand, et non pas une laïcité de combat ni de contrainte. Mon «disque dur» de gauche commence à se fissurer. Si par des effets collatéraux, le libéralisme et la mondialisation peuvent créer du travail aux jeunes dans les quartiers, je prends. C’est toute la question de «l’ubérisation» du travail, qui offre une opportunité aux jeunes pour apprendre les codes de la société et retrouver leur dignité.

- Qu’est-ce que vous proposez?
- Emmanuel Macron propose de mettre en place des droits universels du chômage et de retraite. C’est-à-dire, un jeune auto-entrepreneur, qui arrête son activité, doit avoir le droit de s’inscrire au chômage pour pouvoir rebondir.

- «L’offre Macron» est présentée comme une rupture avec le clivage droite-gauche. Quelle est l’alternative?
- Quand il défendait sa loi, Macron a compris qu’il y a des personnes qui tiennent les appareils politiques. Ils bloquent le système et ne permettent plus au Parlement de jouer son rôle. Or, pour lui, il faut parler aux gens de manière directe et faire de la pédagogie en amont pour expliquer les réformes. Il a une vision qui s’ancre dans une France ancienne. C’est un philosophe, qui a été l’assistant de Paul Ricœur. Il arrive à projeter une vision de la France, contrairement aux autres, qui proposent des mesures techniques.

- Au-delà des valeurs, la réussite de cette vision passe d’abord par la garantie d’une relance économique…
- C’est Macron qui est à l’origine du CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi). Le problème, c’est que nous avons tout fait à l’envers. Le CICE aurait pu être une mesure du début du quinquennat. Mais ça a pris du retard. Il commence à donner des résultats, mais c’est trop tard pour Hollande. Aujourd’hui, Macron plaide pour un déblocage de la société française vis-à-vis des conservatismes. Le fait d’éclater les normes va profiter à la société française. L’objectif aussi est de renforcer le pouvoir d’achat, à travers la suppression, dans le bulletin de paie, des cotisations pour la sécurité sociale et le chômage. Il veut rapprocher le salaire net du brut.

- Mais comment garantir le financement de la couverture sociale?
- Le financement sera assuré via la contribution sociale généralisée (CSG), qui s’appuie sur un socle beaucoup plus large. Il va augmenter la CSG, sauf pour les chômeurs et les petites retraites.

- Quelle approche propose-t-il pour la gestion du dossier de la migration?
- Il est dans la même optique qu’Angela Merkel. Il va beaucoup plus loin que François Hollande et s’oppose à ce qu’avait dit Manuel Valls en Allemagne sur ce sujet. Il considère que l’Europe est riche, et dans ces conditions, nous ne pouvons pas laisser des gens mourir en Méditerranée. Nous avons une responsabilité à assumer. Pour lui, l’asile est un devoir sacré.

Propos recueillis par
Mohamed Ali MRABI

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