Entreprises

Maghreb Steel s’extirpe de la zone rouge!

Par Safall FALL | Edition N°:4934 Le 09/01/2017 | Partager
Un Ebitda prévisionnel de près de 200 millions de DH à fin 2016
Premier résultat net positif dès 2017, au lieu de 2022 sur le business plan
Automobile: 100 millions de DH d’investissement pour aller plus loin avec Renault
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Maghreb Steel redonne du souffle à sa trésorerie et se prépare à l’un de ses premiers gros investissements depuis le lancement du plan de redressement. Ce sera sur un segment d’avenir: l’automobile (Ph. L’Economiste)

Une année et demie après le démarrage de son plan de transformation, Maghreb Steel revient un peu plus vite que prévu dans les radars de la compétitivité. L’entreprise tient  le bon bout cette fois-ci. L’unique producteur d’acier plat au Maroc devrait boucler 2016 avec un Ebitda (Résultat comptable hors amortissements, provisions, impôts et taxes) largement dans le vert, attendu à quelque 200 millions de DH. De quoi augurer d’un bouclage, avant l’heure, d’un des gros engagements du business plan de restructuration de l’activité. «Il était prévu que le premier résultat net positif intervienne en 2022, selon le business plan de la transformation. Nous aurions presque pu le faire en 2016, mais ce sera probablement pour 2017 finalement», annonce Amine Louali, directeur délégué de Magrheb Steel. «On a démontré en 2016 notre fiabilité, notre compétitivité, avec zéro problème de livraison ou d’interruption de production», résume le manager.

L’année démarre d’ailleurs sous de bons auspices, côté business proprement dit. L’industriel vient de décrocher les validations qualité et pricing de Siemens pour intégrer son acier parmi les inputs du programme éolien de 850 MW remporté récemment par un consortium mené par l’énergéticien de SNI, Nareva Holding. En volumes, ce contrat pourrait représenter quelque 50.000 à 60.000 tonnes d’acier de volumes prévisionnels pour la construction des mâts d’éolienne. Une aubaine, dans les énergies vertes, qui fait suite à celle déjà saisie sur le segment du solaire, dans la réalisation des centrales Noor 1, 2 et 3 du complexe de Ouarzazate. L’industriel se fait aussi sa place dans l’automobile. Les 6.000 tonnes des premières livraisons de pièces homologuées pour Renault, lancées au dernier trimestre de l’année passée, ont été concluantes. Le constructeur automobile semble bien disposé à aller plus loin avec l’aciériste marocain. Ce partenariat pourrait bientôt être élargi à d’autres produits comme les emboutisseurs. L’industriel poursuit aussi ses audits de qualification avec plusieurs équipementiers en phase d’implantation au Maroc, notamment sur le segment des amortisseurs et cardans. Magnetti Marelli, le géant italien des amortisseurs, est parmi eux.

 Il s’agira aussi de fournir le futur site industriel du groupe PSA à Kénitra. «Nous serons prêts en 2018», assure Louali. Pour accompagner ces améliorations prévisionnelles de son carnet de commandes dans l’automobile, l’industriel compte justement investir quelque 100 millions de DH en 2017 dans la montée en compétence et l’acquisition de nouveaux équipements. «Pour Renault, en particulier, l’enjeu est d’aller progressivement dans des activités de développement spécifique. C’est le cas pour la tôle galvanisée, par exemple», explique Louali. Ce produit pourrait être livré à partir de 2018. L’industriel a d’ailleurs entrepris une certification ISO/TS16949, la championne des normes de démarche qualité dans l’industrie automobile. L’immobilier est aussi dans le collimateur de Maghreb Steel. La société est d’ailleurs à la tête de l’Association des sidérurgistes du Maroc (ASM) pour promouvoir l’acier dans le secteur de la construction. Il faudra plusieurs années pour faire évoluer les pratiques, mais le pari en vaut le coup, selon Amine Louali.

 En fait, toutes ces nouvelles applications devraient permettre à l’industriel d’élargir son marché local et de relever, in fine, le taux d’utilisation de ses installations. Aujourd’hui, la société affiche une moyenne de 60% d’utilisation de ses capacités industrielles globales.  «C’est encore faible, mais on suit ce qui était prévu. On était encore  à 50% il y a quelques mois», reconnaît le directeur délégué de Maghreb Steel. Côté business, l’industriel se projette sur des résultats commerciaux en ligne avec ceux annoncés à fin juin dernier: hausse de 37%  des ventes en volume (196.000 tonnes), pour un chiffre d’affaires de 1,3 milliard de DH (10,6%). La résolution 2017 est claire: la reconquête.

La sauvegarde, chère à tous!

Dans le deal tripartite Etat-banques-actionnaires qui sous-tend le plan de restructuration de l’entreprise, l’Etat s’était engagé à mettre en place une mesure de défense commerciale pendant une période de 3 ans. De quoi laisser à Maghreb Steel assez de marge pour mener à bien son redressement. Cette décision a toujours du mal à passer chez les premiers concernés: les importateurs. Pourtant, le management du sidérurgiste est convaincu que cette protection n’est plus un luxe dans ce secteur. «Tous les pays producteurs, même les plus avancés, ont mis en place des boucliers commerciaux», explique Amine Louali. Derniers en date, les Etats-Unis, qui viennent d’instaurer des mesures anti-dumping sur les importations d’acier plat en provenance de huit pays du monde (Japon, Corée du Sud, Australie, Brésil, Pays-Bas, Angleterre, Turquie et Russie).

 

 

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