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Culture

Hicham Lasri, l'artiste explorateur

Par Amine Boushaba | Edition N°:4933 Le 06/01/2017 | Partager
Sa première BD «Vaudou» vient de paraître
Films, romans, théâtre, web-séries et sitcom: Le réalisateur le plus prolifique du moment
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Hicham Lasri se définit comme un storyteller. Pour lui, le plus important c’est de raconter et partager des histoires, en film, en roman, en web-série… selon l’inspiration du moment (Ph. HL)

A 38 ans, Hicham Lasri est certainement l’artiste le plus prolifique de sa génération. Cet ancien juriste converti à l’image par passion s’est construit un univers artistique où le cinéma est loin d’être le seul mode d’expression et où la profusion est loin de ternir la qualité.

Parcourir les plus grands festivals

Le jeune réalisateur a déjà à son actif 6 longs métrages dont deux sont en cours de montage (bien plus que la moyenne de réalisateurs installés depuis plus longtemps que lui), deux romans dont le dernier «Sainte Rita» est paru en 2015, des pièces de théâtre, 3 web-séries qui ont créé le buzz en cette fin d’année, sans compter son travail pour la télévision avec des séries à succès comme «Kenza fedouar» et maintenant un roman graphique «Vaudou» qui vient de paraître aux éditions Le Fennec.
Où trouve-t-il l’énergie de produire autant? Hicham Lasri est tout simplement un bourreau de travail: «Je pense que je reste assez paresseux parce que je peux en faire plus», ironise-t-il, «Je crois que c’est le schéma de production artistique au Maroc qui est trop long et qui ne permet pas d’absorber plus. Aujourd’hui pour faire un film selon les normes du centre cinématographique marocain, il faut 4 ans! C’est beaucoup trop long.

Mon rythme est beaucoup plus en phase avec la société qu’avec les institutions qui sont toujours en retard», estime l’artiste multi-talent. Une production qui, si elle laisse circonspects certains, ne s’en exporte pas moins. Ses  films comme «C’est eux les chiens»,  ou «Starve your dog» ont parcouru les plus prestigieux festivals dans le monde, à Cannes, Berlin ou Toronto, alors que «The sea is behind» a été projeté au mythique Moma  de New York (Museum of Modern Art).

«Ceux qui hallalisent et qui haramisent à tout bout de champ»

Comme toutes les œuvres de Hicham Lasri, Vaudou est un objet très graphique, difficilement classable, voire identifiable, mais surtout très impertinent. Une BD sans histoire précise qui met en scène un personnage qui passe des castings pour se trouver un poste. Malencontreusement, il est atteint d’aphonie et son phylactère ne se remplit pas. Ses pensées sont riches, foisonnantes, éparpillées sans qu’il arrive pour autant à les exprimer. L’allusion de l’artiste est claire: la liberté d’expression étant un de ses thèmes favoris. «La liberté ne se demande pas, elle se prend», précise l’artiste qui s’est toujours insurgé contre les régulateurs du système et censeurs: «Ceux qui hallalisent et qui haramisent à tout bout de champ».

C’est d’ailleurs, certainement, à eux que s’adressent ses web-séries, un brin trash, comme «No vaseline fatwa», «Bissara overdose» ou encore «Caca mind». Des séries qui font le bonheur des internautes, et où le réalisateur pourfende les moralisateurs du dimanche et dénonce les contradictions de la société marocaine. Et comme Hicham Lasri n’aime pas l’oisiveté, il est déjà en train de travailler sur sa deuxième BD, en parallèle de la postproduction de son dernier long métrage. Une œuvre graphique qui devrait voir le jour en mai et qui  parle de Casablanca, de sa beauté et ses fêlures avec la mosquée Hassan II en toile de fond.

 

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