International

La dette mondiale pèse le double du PIB

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4933 Le 06/01/2017 | Partager
Elle culmine à 152.000 milliards de dollars
Taux d'intérêt et fort dollar à l’origine de cette explosion
La dette chinoise inquiète

Les alertes sur la dette mondiale se multiplient. Après le FMI ou encore  McKinsey Global Institute, c’est au tour du lobby bancaire Institute of International Finance (IIF) de remettre une couche sur la question. D’après sa récente analyse, la dette mondiale s'alourdit sous l’effet de la remontée des taux d'intérêt et de l'appréciation du dollar. Ce qui fragilise Etats comme entreprises privées. La dette privée et publique sur le globe dépasse déjà 325% du PIB mondial.

Sa «viabilité» pourrait être menacée par la récente remontée des coûts d'emprunt. La dette chinoise ne cesse d’inquiéter. Le ralentissement actuel de la Chine était prévisible, dû à des niveaux d'investissement élevés, à environ 50% du PIB. Tandis que la dette totale a enflé pour atteindre le seuil critique de 237% du PIB, selon les prévisions 2017 de Saxo Banque. Aux Etats-Unis, les taux d'emprunt publics ont bondi aussi. Ils sont notamment dopés par la perspective de larges émissions de dette pour financer le plan de relance dans les infrastructures promises par le président élu Donald Trump.

«Le régime Trump nourrit la dette américaine d'environ 20.000 milliards de dollars. Triplant ainsi le déficit budgétaire qui passe de 600 milliards de dollars à 1.200–1.800 milliards, soit entre 6 et 10% du PIB américain d'actuellement 18.600 milliards de dollars», d’après Saxo Banque. Le billet vert s'est par ailleurs récemment apprécié par rapport à l'euro. Ce qui complique la tâche des pays émergents et d'entreprises pour rembourser leur dette libellée en dollar et augmentant le risque de défaut.
Deux autres risques politiques pourraient venir aggraver la situation, selon l'IIF. Un basculement vers des mesures plus protectionnistes pourrait peser sur les «flux financiers mondiaux et s'ajouter à ces vulnérabilités». L'incertitude autour du Brexit et du sort de la place financière londonienne pourraient également peser dans la balance.

La dette mondiale peut nuire à la croissance économique. Pour la réduire sensiblement, il faudra «des politiques budgétaires qui soutiennent l’activité et facilitent la restructuration de la dette privée et l’apurement des prêts bancaires improductifs», de l’avis du FMI. D’après ses estimations, la dette mondiale atteint désormais 152.000 milliards de dollars. Une somme qui représente plus du double de la valeur de l’économie mondiale (225%). Les deux tiers de cette dette proviennent du secteur privé, mais la dette publique des différents pays s’est développée depuis la crise financière. Même si tous les pays ne se trouvent pas dans la même phase du cycle d’endettement, son ampleur soulève le risque d’un désendettement sans précédent qui pourrait freiner la croissance mondiale.

L’ordonnance du FMI

Le FMI recommande de mettre en place des mesures pour empêcher une accumulation excessive de dette, en particulier dans les pays émergents. Des mesures réglementaires et de contrôle devraient faire en sorte que les niveaux d’endettement privé fassent l’objet d’un suivi et soient viables. La politique budgétaire devrait être anticyclique dans les phases de reprise de façon à créer des «volants de sécurité pour amortir celles de ralentissement». Il conviendrait d’éliminer les incitations à l’endettement dans la politique fiscale afin de limiter tout endettement excessif.

 

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