Politique

Gouvernement: Vers une majorité à 5 partis

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4932 Le 05/01/2017 | Partager
L’Istiqlal ne fera pas partie de la prochaine équipe gouvernementale
Akhannouch examine l’offre de Benkirane avec l’UC et le MP
Cette configuration assure au gouvernement une majorité de 220 sièges
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A la sortie du domicile de Abdelilah Benkirane, où se tiennent les réunions de négociations pour la formation du gouvernement, Aziz Akhannouch s’est montré optimiste. Il a dit avoir «reçu une offre intéressante», qu’il examinera avec ses «partenaires, notamment l’UC et le MP» (Ph Bziouat)

Après plusieurs mois de statu quo, les contours de la composition de la majorité commencent à se dessiner. Abdelilah Benkirane a repris les négociations avec Aziz Akhannouch hier dans la matinée. A l’issue de cette rencontre, le président du RNI s’est montré plutôt optimiste. Il a fait savoir que le chef du gouvernement lui a «soumis une offre intéressante», sans toutefois donner plus de détails. Akhannouch a promis d’en dire un peu plus dans deux jours, le temps «d’examiner ces propositions avec nos partenaires, notamment l’Union constitutionnelle et le Mouvement populaire».

La veille, Benkirane avait réuni les membres du secrétariat général du PJD pour statuer sur l’épineuse question de la participation de l’Istiqlal. Comme nous l’avions annoncé, le prochain gouvernement se fera sans le parti de la balance. L’état-major du PJD l’a confirmé à demi-mot. Le communiqué diffusé à l’issue de la réunion du secrétariat général du parti de la lampe, tenue mardi soir, est ambigu. Il s’est contenté de «saluer les décisions annoncées lors de la réunion extraordinaire du Parti de l’Istiqlal». Interpellés sur cette question, plusieurs responsables du PJD ont refusé d’adopter une position tranchée. Pour eux, «tout est dit dans le communiqué». Concrètement, le parti de Benkirane ne s’accroche plus à la participation de l’Istiqlal au gouvernement. Mais ses membres ont pesé leurs mots pour ne pas susciter le mécontentement des istiqlaliens. Surtout qu’ils comptent sur leur soutien, même s’ils n’intègrent pas la prochaine équipe gouvernementale. D’ailleurs, le secrétariat général du PJD a insisté sur l’importance de cet appui annoncé par le Conseil national du PI, «quelles que soient les perspectives des négociations».

Le communiqué du parlement du PJD s’articulait autour de cette nouvelle position, qui «prend en considération les intérêts suprêmes de la nation, sans que cela soit lié à un positionnement dans le gouvernement». L’absence de l’Istiqlal dans la prochaine équipe du gouvernement a été confirmée par Mohand Laensar, qui a également rencontré Benkirane moins d’une heure après Akhannouch.
Dans cette configuration, nous nous dirigeons vers la mise en place d’une majorité à 5 partis, à savoir le PJD, le RNI, le MP, l’UC et le PPS. Il s’agit d’une reconduction de la majorité sortante, à laquelle vient s’ajouter l’UC, qui a acté son rapprochement avec le RNI à travers la mise en place d’un groupe parlementaire commun.

Avec ce schéma, le gouvernement Benkirane disposera d’une majorité de 220 sièges. Il pourra aussi compter sur les 46 députés istiqlaliens, dont le Conseil national s’est engagé à appuyer le gouvernement Benkirane, notamment lors du vote de confiance au Parlement et la présentation du programme gouvernemental.

 

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