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Gas to Power: Ce que vaut l’entourage «so british» de l’ONEE

Par Safall FALL | Edition N°:4932 Le 05/01/2017 | Partager
HSBC et Ashurst LLP s’occuperont du financier et du juridique
Ce sont les offres commerciales qui ont fait la différence
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Avec une puissance installée de 470 MW, la centrale thermo-solaire à cycle combiné de Ain Béni Mathar utilise à la fois le gaz naturel et l’énergie solaire. Elle est alimentée par les redevances en nature perçues par le Maroc à partir du gazoduc algérien Maghreb-Europe (Ph. L’Economiste)

Confirmant les informations officieuses qui circulaient déjà depuis quelques semaines, l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) vient d’annoncer les attributaires des contrats d’assistance juridique et financière, relatifs au développement du Gas to Power. Il s’agit, rappelons-le, de la filiale régionale de la banque britannique HSBC Bank Middle East Limited, basée aux Emirates arabes unis, et de l’antenne parisienne du cabinet d’avocats d’affaires Ashurst LLP, dont les headquaters sont également à Londres.

Si la carte britannique est extrêmement bien cotée aussi bien sur les affaires financières que juridiques, l’Office semble avoir davantage donné du crédit au prix à payer pour s’offrir ces expertises. «Les dossiers techniques étaient très concurrentiels, étant basés sur le cahier des charges imposé par l’Office. Ce sont les offres commerciales qui ont fait la différence», explique une source proche du dossier.  Le contrat est de 20 millions de DH pour le cabinet londonien d’avocats d’affaires et autour de 70 millions de DH pour le conseil financier de la HSBC (hors TVA). Ashurst LLP a supplanté des géants comme White&Case, Baker McKenzie et DLA Piper. Ces derniers jouissent pourtant d’une longue expérience dans le marché local de l’énergie. Ashurst LLP, en particulier, a conseillé Acwa Power dans le développement des centrales Noor II et III du complexe solaire de Ouarzazate.

Le cabinet a toujours opéré au Maroc à partir de ses bureaux parisiens. L’implantation serait peut-être le prochain pas. Quant à HSBC, elle est pressentie pour conseiller un fonds souverain saoudien – le Fonds d’investissements publics (PIF, en anglais) – sur une opération de prise de participations directes dans le capital d’Acwa Power. La banque d’investissement, qui opère aujourd’hui dans un peu plus de 70 pays dans le monde, ne dispose pour le moment, au Maroc, que d’un bureau de représentation. Les marchés africains du Commonwealth étaient jusque-là sa zone de prédilection.

Doté d’un investissement de plus de 5 milliards de dollars, le programme Gas to Power est un gros puzzle énergétique. Il s’agit d’un ensemble d’infrastructures d’approvisionnement et de transport du gaz naturel, ainsi que de production électrique à partir de cette même ressource. Une capacité cumulée de 4.800 MW de centrales à cycle combiné (CCGT) sera développée entre 2021 et 2030. Le programme englobe aussi la réalisation d’un gazoduc, d’un terminal gazier sur le site de Jorf Lasfar, ainsi que des infrastructures de stockage. Le rush des majors a bien eu lieu. Plus de 90 entreprises et groupes locaux et internationaux ont déjà manifesté leur intérêt et la phase de pré-qualification des candidatures devrait incessamment aboutir. A terme, le gaz naturel intégrerait le mix énergétique composé par le Royaume à l’horizon 2030, en support à tout ce qui est en train de se développer sur les filières éolienne et solaire. Cela permettra surtout de gérer le facteur intermittent de la production électrique à partir du renouvelable.

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