Evénement

Banque participative: BAM donne le coup d'envoi virtuel

Par Soufiane NAKRIFranck FAGNON | Edition N°:4931 Le 04/01/2017 | Partager
Une étape importante a été franchie avec l'octroi des premiers agréments
L’écosystème d'intervention des établissements est loin d’être complet
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Après plusieurs mois d'attente, la Banque centrale donne le coup d'envoi virtuel des banques participatives en accordant les premiers agréments. Le comité des établissements de crédit a délivré huit visas sur onze demandes. CIH Bank et Qatar International Islamic Bank, BMCE Bank of Africa et Al Baraka, BCP et Guidance Financial Group, Crédit Agricole du Maroc et ICD, filiale de la Banque islamique de développement ainsi que Attijariwafa bank ont décroché le fameux sésame. AWB est toujours en quête d'un partenaire industriel pour l'accompagner sur cette activité.

Après plusieurs mois d'attente, la Banque centrale donne le coup d'envoi virtuel des banques participatives en accordant les premiers agréments. Le comité des établissements de crédit a délivré huit visas sur onze demandes. CIH Bank et Qatar International Islamic Bank, BMCE Bank of Africa et Al Baraka, BCP et Guidance Financial Group, Crédit Agricole du Maroc et ICD, filiale de la Banque islamique de développement ainsi que Attijariwafa bank ont décroché le fameux sésame. AWB est toujours en quête d'un partenaire industriel pour l'accompagner sur cette activité. Les filiales des banques françaises, BMCI, Crédit du Maroc et Société Générale, qui ont sollicité un agrément pour une fenêtre participative, ont également obtenu le feu vert. En revanche, Emirates National Bank of Dubaï, Masraf Al Rayan et RCI ont été recalés.

Finaliser le chantier réglementaire

Une étape importante a ainsi été franchie avec l'octroi des agréments. Toutefois, les premières opérations aux guichets de ces nouvelles banques ne seront possibles que dans plusieurs mois. L’écosystème d'intervention des banques participatives est loin d’être complet. «Les banques participatives ne peuvent pas s’aventurer à lancer des produits en courant un risque de refinancement», relève un professionnel. Le démarrage de l'activité est conditionné à la mise en place d'un marché des capitaux conforme à la Charia. Les banques, mais aussi les organismes de Takaful, auront, entres autres, besoin d'un marché de sukuk pour assurer leur croissance.
 Les prochaines semaines seront consacrées à la finalisation du chantier réglementaire. La fiscalité ou encore l'amendement du code des assurances ne sont pas encore bouclés. En attendant, les établissements bénéficiaires des agréments s'activent pour attaquer un marché à plusieurs inconnues.  «Au-delà des obstacles techniques qui seront résolus au fur et à mesure, le plus important sera de mettre en place une offre authentique. L'objectif n'est pas de satisfaire à des slogans, mais de proposer une offre basée sur des principes participatifs et surtout apporter une valeur ajoutée au client», confie à L'Economiste Mohamad Hammour(1), président de Guidance Financial Group.
L'arrivée des produits participatifs permettra de compléter et de diversifier l'offre bancaire existante. C'est aussi une opportunité pour les banques de drainer de l'épargne et de capturer une nouvelle clientèle qui n'adhère pas au principe de la banque conventionnelle. Mais, attention aux confusions. «Les discours parfois idéologiques ou politiques constituent une menace pour les produits participatifs. Ils doivent venir en complément aux autres produits sur le marché. Il est important d'avoir une approche économique, financière, de satisfaction des clients, de rentabilité et de compétitivité...», avertit Mohamed Boussaïd, ministre de l'Economie et des Finances(2).
Les banques qui ont décidé de filialiser cette activité devraient convertir une partie de leurs agences pour déployer leurs offres. Le développement dans le réseau des établissements qui ont opté pour une fenêtre sera progressif dans le souci d'assurer un équilibre du marché par rapport aux autres intervenants. Crédit du Maroc et Société Générale vont dans un premier temps proposer les produits participatifs dans une douzaine d'agences.

Grand travail de vulgarisation

Pour développer la finance participative, les banques devront fournir un effort de communication et de sensibilisation auprès de la clientèle. La méconnaissance et l’ignorance des principes de fonctionnement de cette nouvelle activité biaisent souvent l'analyse. Beaucoup de clients imaginent à tort que les produits participatifs seront gratuits. Il n'en sera rien. «Peu de clients sont réellement sensibilisés au fonctionnement des produits participatifs. Pour la majorité, ce sont des crédits gratuits», confirme un banquier.

 

 

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