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OFPPT: Grandes ambitions pour 2017

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4930 Le 03/01/2017 | Partager
Un premier mini-OFPPT à Rabat dès la prochaine rentrée
Des partenariats avec Bombardier, Boeing et Snop
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Larbi Bencheikh, DG de l’OFPPT: «Nous sommes certains que la voie du bac pro permettra de réduire le taux de déscolarisation. D’autant plus que nous prévoyons d’y réserver 150.000 places d’ici 2021» (Ph. Jarfi)

Après avoir recruté dernièrement un directeur de la communication, l’OFPPT comptera bientôt un SG. Un numéro deux qui l’accompagnera dans ses nouveaux défis, notamment dans son projet de décentralisation et de création de mini-offices dans les 12 régions. Cette année sera pleine de chantiers qui permettront la concrétisation de la feuille de route 2021. Le patron de l’Office, Larbi Bencheikh, nous confie ses priorités.   

- L’Economiste: L’Office prévoit de nombreux chantiers pour 2017. Quels seront pour vous ses principaux défis?
- Larbi Bencheikh:
J’ai eu l’honneur de présenter la feuille de route de l’Office à SM le Roi en octobre 2015. Sur la base de ce plan de développement, nous avons élaboré un contrat-programme avec l’Etat, qui a été validé par notre conseil d’administration. C’est le premier de toute l’histoire de l’Office. Nous avons donc des engagements, dont principalement la construction de 24 établissements par an sur les 5 années à venir. Chacun devrait coûter en moyenne 30 millions de DH. Nous avons également pour défi d’accompagner certains secteurs porteurs d’emploi, comme l’automobile, l’aéronautique, l’offshoring… Actuellement, nous sommes en pourparlers avec le constructeur aéronautique Boeing pour mettre à sa disposition les compétences dont il aura besoin. Le groupe est à la recherche de plus de 8.000 profils.
 
- D’autres pourparlers sont-ils en cours?
-  Avec Bombardier également. Certains métiers n’existent pas encore, et nous sommes en train de les monter ensemble. Et puis nous sommes en cours de création, et c’est une première au Maroc, d’un établissement dédié à l’outillage automobile, en partenariat avec le groupe français Snop. D’autres fabricants viennent de s’y greffer aussi, à l’instar de PSA. C’est grâce à la forte implication du ministère de l’Industrie que cette dynamique a été possible.  
Enfin, nous préparons la mise en place d’Offices régionaux. Le premier est prévu à Rabat. Il sera opérationnel dès 2017-2018.

- Que fait actuellement l’OFPPT pour les jeunes déscolarisés?
- Avec le baccalauréat professionnel, l’Office dispose de cinq niveaux. Trois sont consacrés aux jeunes déscolarisés: spécialisation, technicien et qualification. Cette année uniquement, l’Office en a inscrit plus de 170.000 jeunes. Il s’agit de profils titulaires d’un certificat d’études primaires, de ceux ayant atteint la 3e année collège ou n’ayant pas réussi à obtenir le baccalauréat. Pour le niveau spécialisation, nous les prenons à partir de l’âge de 15 ans. Les autres peuvent être admis jusqu’à l’âge de 30 ans.
Cette année, nous avons, par ailleurs, intégré plus de 170.000 bacheliers. Sans l’Office, ils n’auraient pas eu beaucoup d’alternatives.
Pour atténuer le taux de déscolarisation, le baccalauréat professionnel jouera également un rôle très important. Le parcours professionnel démarre dès le collège, et c’est la première fois que nous mutualisons nos moyens avec l’Education nationale. Nous sommes certains que cette voie permettra de réduire le taux de déscolarisation. D’autant plus que l’OFPPT prévoit de créer 150.000 places pour le bac pro d’ici 2021.

- Après le bac pro, quelles possibilités s’offrent à eux?
- Ils disposent de plusieurs passerelles, ils peuvent intégrer l’Office, les écoles d’ingénieurs ou les universités. Ce profil de jeunes avec des pré-requis professionnels est actuellement très demandé, aussi bien par les grandes écoles que par les universités, nationales et étrangères.

Un premier career center

Afin d’accompagner les jeunes dans leur insertion sur le marché du travail, l’OFPPT vient de monter son premier career center, en partenariat avec l’Usaid (United States Agency for International Development). Le centre a été inauguré mardi dernier dans son Institut spécialisé de technologie appliquée (Ista) de Hay Hassani 1 (Casablanca), en présence du ministre de l’Education nationale, Rachid Benmokhtar, et de l’ambassadeur des Etats-Unis au Maroc, Dwight L. Bush. Un deuxième est prévu à Tanger, à partir de février prochain. Communication, langues, préparation de CV, lettres de motivation et entretiens d’embauche, orientation, mise en relation avec les entreprises… le centre, qui mobilise aussi une vingtaine de jeunes ambassadeurs de l’OFPPT pour faire sa promotion, prévoit une multitude d’actions, afin de renforcer l’employabilité des jeunes.
Un site internet (www.careercenter.ma) a déjà été créé en mai dernier (2.000 inscrits, 50.000 visiteurs), en vue de toucher un maximum de bénéficiaires. Il rassemble toutes les annonces de stage et d’emploi au Maroc publiées sur internet.
L’Usaid a lancé la même initiative en faveur des universités l’an dernier. Trois centres au total avaient été programmés, dont un à l’université Cadi Ayyad de Marrakech et un deuxième à l’université Abdelmalek Essaadi de Tanger.  Le programme cible 100.000 jeunes à l’horizon 2019.

Propos recueillis par
Ahlam NAZIH

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