Entreprises

Télécoms: Fritures persistantes sur le dégroupage

Par Safall FALL | Edition N°:4930 Le 03/01/2017 | Partager
La saisine d’Inwi ouvre une procédure qui peut durer plusieurs semaines, voire des mois
Orange aussi veut arriver par «tous les moyens» sur le fixe
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Avec 22% de part de marché globale sur le segment du fixe,  Inwi persiste et signe: à peine la mise en demeure digérée, que l’opérateur téléphonique saisit l’ANRT contre Itissalat Al-Maghrib (Ph. L’Economiste)

A l’heure des prises de résolutions, Inwi a bien anticipé sur les siennes: se lancer sur le fixe. Coûte que coûte! La marque a annoncé le weekend dernier avoir «saisi» le régulateur pour «mettre fin à l’arsenal de pratiques anticoncurrentielles mises en œuvre par Maroc Telecom en matière de dégroupage et d’accès à l’infrastructure de raccordement des clients pour les services ADSL». Cette énième saisine fait suite  à la mise en demeure adressée par Inwi à Itissalat Al-Maghrib (IAM), quelques jours auparavant, sur le même sujet. L’opérateur historique n’aurait en effet fourni aucune réponse satisfaisante à son challenger. Inwi a décidé de ne plus faire dans la dentelle, en saisissant directement le régulateur. On avait bien intégré le processus de dégroupage à Rabat et Casablanca, mais on perçoit encore de nombreux blocages pour le reste du pays», explique une source de la filiale de SNI. Pour l’opérateur, maintenant que la saisine est faite, s’enclenche toute une procédure qui peut prendre plusieurs semaines, voire des mois. «Il faudra que la saisine soit jugée recevable par l’ANRT. Il y aura ensuite une série d’échanges de part et d’autre pour vérifier ou repréciser certaines composantes du dossier».
Reste que le ton de la note d’information d’Inwi, parvenue à la plupart des rédactions, se veut explicite. L’entreprise parle de «pratiques discriminatoires» et appelle l’ANRT à prendre les décisions qui s’imposent. Dans sa saisine, l’opérateur parle en effet d’«astreindre» Maroc Telecom à opérer «un processus de dégroupage efficace, transparent, raisonnable, équitable et non discriminatoire». Contacté par L’Economiste, l’opérateur historique ne souhaitait pas encore commenter cette saisine à l’heure où nous mettions sous presse.
 S’il y a discrimination, justement, Inwi n’en serait d’ailleurs pas la seule victime. Suite au rebranding d’Orange Maroc, Stéphane Richard, le patron de la multinationale française des télécoms, avait laissé entendre lors de son point de presse que la nouvelle enseigne déploiera «tous les moyens possibles» pour rentrer dans le fixe. «On ne peut pas dire aujourd’hui que ce segment  est concurrentiel. C’est au régulateur de veiller au respect des textes en la matière». L’ANRT a pourtant déjà sévi suite au non-respect par IAM de ses obligations réglementaires sur le dégroupage, instaurées depuis 2007. Les premières demandes de dégroupage formulées par les opérateurs tiers à IAM, en tant que détenteur de la boucle locale en cuivre, remontent à 2011. Ces demandes n’ont pas abouti. Ou du moins, pas dans les conditions techniques et de délais voulus par le régulateur. Ce qui a valu à IAM un rappel à l’ordre en septembre dernier, «pour manquement partiel à ses obligations réglementaires spécifiques découlant de sa qualité d’exploitant exerçant une influence significative sur le marché de gros de l’accès à l’infrastructure constitutive de sa boucle locale cuivre», avait décidé l’ANRT. A fin septembre dernier, le parc fixe  comptait 2,1 millions d’abonnés, avec une baisse annuelle de 8%. IAM domine largement le segment avec une part de marché globale de 76%, contre 22,5% pour Wana Corporate (Inwi) et 2,3% pour Meditelecom (Orange).

 

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