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Rétrospective 2016

Diplomatie royale: Coup de punch au positionnement stratégique du Maroc

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4928 Le 30/12/2016 | Partager
Diversification des partenaires et élargissement du cercle des alliés
Le retour à l’UA entériné en 2017
Rabat a réussi à briser l’axe Alger-Pretoria

A l’instar des années précédentes, 2016 a été marquée par un grand dynamisme de la diplomatie royale. Les tournées royales en Afrique, en plus de ses déplacements dans d’autres capitales mondiales, constitue une traduction de la formule consacrée par Feu Hassan II: «Le trône des Alaouites est sur la selle de leurs chevaux». Cette année qui s’achève constitue une nouvelle étape dans l’implémentation de la nouvelle orientation du Maroc en matière de politique étrangère. La vision du Souverain s’articule autour de deux axes: développer une coopération Sud-Sud ambitieuse et solidaire, et diversifier les partenaires du Maroc.

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■ Afrique: Du concret
En 2016, la politique africaine du Maroc s’est inscrite dans la même logique que les années précédentes: mettre en place un partenariat win-win avec les pays du continent. Il en résulte des projets concrets, favorisant le développement économique et social. Plusieurs chantiers lancés lors de la dernière tournée royale en témoignent. C’est le cas notamment du projet d’usine de production d’engrais prévue par l’OCP en Ethiopie. Idem pour l’extension du gazoduc ouest-africain, qui devra relier le Nigeria à l’Europe via le Maroc. Au-delà des relations économiques, le repositionnement du Maroc en Afrique est également lié au besoin de partage du savoir-faire. Cela concerne particulièrement les domaines sécuritaires et religieux. Rabat est devenue une référence mondiale dans le domaine de la lutte anti-terroriste. Idem pour la mise à niveau du champ religieux. L’Institut Mohammed VI à Rabat accueille des centaines d’imams africains, dans le cadre de conventions signées lors des précédentes tournées royales.

■  Retour à l’UA: Ce n’est qu’une question de temps!
2016 a été marquée par l’annonce officielle de la volonté du Maroc de réintégrer l’Union africaine. Une décision qui n’a pas fait que des contents. En dépit de l’appui de plusieurs Etats membres, Rabat a fait face à la résistance de certains apparatchiks. En tête, la présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini Zuma, connue pour ses positions hostiles au Maroc. Au point que la diplomatie marocaine a haussé le ton face aux «manœuvres continues de la présidente de la Commission de l’UA». Ces tergiversations ne risquent pas de barrer la route au retour du Maroc, qui dispose déjà d’une majorité suffisante pour entériner sa réintégration à l’Union lors de son prochain sommet. Deux facteurs devront également insuffler une nouvelle dynamique à la présence institutionnelle du Maroc sur le continent. D’abord, les tournées royales en Afrique, particulièrement la dernière visite au Nigeria, ont permis de briser l’axe anti-marocain, dont les têtes de pont sont Alger et Pretoria. Parallèlement, Nkosazana Dlamini Zuma s’apprête à céder son poste à la tête de la Commission de l’Union africaine. Plusieurs noms circulent pour reprendre le relais en janvier prochain. La candidate du Kenya, Amina Mohamed, bénéficierait du soutien de l’Algérie. Mais d’autres noms semblent avoir plus de chance de succéder à Zuma. C’est le cas notamment du candidat du Sénégal, Abdoulaye Bathily, qui n’est pas vu d’un bon œil par la diplomatie algérienne, craignant qu’il ne soit pas acquis à ses thèses.

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■  Maroc-Chine: Elargir le cercle des partenaires
C’est l’une des principales orientations de la politique étrangère du Maroc depuis quelques années. Rabat fait de la diversification de ses partenaires une priorité. Le Royaume ne veut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. En plus de l’Europe et des Etats-Unis, le Maroc s’est ouvert sur d’autres puissances mondiales. C’est dans cette logique que s’inscrit la visite royale en Chine, en mai dernier. Là aussi, il ne s’agissait pas uniquement d’échange de bonnes intentions. La visite royale s’est soldée par des apports concrets. Pas moins de 13 conventions ont été signées avec les opérateurs et autorités chinois. Réalisation d’un parc industriel et logistique à Tanger, extension de la centrale thermique de Jerada… autant de projet qui seront bientôt lancés. Le renforcement des investissements chinois au Maroc, mais également en Afrique, fait également partie de ce partenariat. La présence des entreprises chinoises est de plus en plus importante dans les marchés publics marocains, notamment dans le domaine du BTP.

 

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■  Maroc-Russie: Redynamisation de la coopération économique
La Russie est l’un des plus grands marchés relancés par le Maroc en 2016. La visite royale à Moscou, en mars dernier, s’est soldée par la signature d’une série d’accords et de conventions. Agriculture, énergie, infrastructure, pêche, tourisme… Autant de domaines concernés par le renforcement du partenariat avec ce pays, qui a réussi son repositionnement stratégique en tant que véritable puissance mondiale. Moscou est aussi intéressée par l’expertise marocaine en matière de formation des imams. Aujourd’hui, la Russie joue un rôle de plus en plus important sur la scène mondiale. L’évolution du conflit en Syrie a montré comment ce pays a repris du poil de la bête. Une intensification de la coopération dans le domaine sécuritaire peut favoriser un durcissement de la traque anti-terroriste. D’ailleurs, la visite royale à Moscou a été marquée par la signature de conventions dans ce domaine. Elles ciblent en priorité la zone de l’Afrique du Nord et du Sahel.
 

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