Economie

Afrique australe et de l’Est: Des opportunités d’affaires à saisir

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4928 Le 30/12/2016 | Partager
Une région en pleine expansion économique
La diversification et l’adaptation de l’offre exportable sont un prérequis
Le développement de liaisons maritimes et aériennes, incontournable
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La visite royale en Afrique australe et de l’Est, notamment à Madagascar, permettra d’initier une nouvelle dynamique avec les pays de la région, à l’instar des liens économiques et commerciaux, en plein développement avec les pays de l’Ouest du continent  (Ph. MAP)

La dernière tournée royale, notamment dans des pays de l’Afrique australe et de l’Est, amorce une nouvelle orientation dans la politique africaine du Maroc. Les relations du Royaume étaient essentiellement avec les pays de l’Ouest du continent. «Les IDE marocains sont quasiment absents en Afrique australe, alors qu’ils évoluent légèrement en Afrique de l’Est», selon le rapport de l’Institut royal des études stratégiques (IRES) sur les perspectives de développement des relations dans cette région. Pendant plusieurs années, l’espace politique en Afrique australe était sous l’influence de l’Afrique du Sud. Aujourd’hui, le Maroc se positionne en tant que véritable partenaire, à même de contribuer efficacement à l’effort de développement du continent. La visite royale à des pays comme Madagascar ou en Tanzanie, marquée par le lancement d’une série de projets, en est une illustration. Le renforcement des échanges avec cette partie du continent sera favorisé par un changement de perception. Des enquêtes de terrain ont montré que, contrairement à une idée reçue, «l’image du Maroc dans cette région est loin d’être aussi dégradée». Du pain béni pour les opérateurs marocains, très attirés depuis quelques années par les opportunités d’affaires sur le continent. Surtout que l’Afrique australe, par exemple, connaît une forte dynamique économique. Ses pays réalisent une croissance moyenne de 5%. Pour l’IRES, Rabat pourrait renforcer davantage ses relations économiques avec ces Etats. Cela devra passer par l’activation d’une série de leviers. L’idée est de «mettre en place une politique promotionnelle, à la fois pour les échanges commerciaux et pour les investissements». Faire du business avec les pays de cette région risque toutefois de buter sur un obstacle de taille. «La forte dépendance en matière de transport maritime vis-à-vis des compagnies étrangères, fait que les exportations marocaines soient moins compétitives. Cela est particulièrement le cas quand il s’agit de pays de cette zone». C’est pour cela que le rapport de l’IRES appelle d’abord à «se focaliser, dans un premier temps, sur la promotion des investissements et le renforcement de la coopération technique». Mais le besoin d’une flotte nationale, maritime et aérienne, se fait de plus en plus sentir, selon ce document. Le développement des relations commerciales avec ces pays doit aussi passer par «la diversification et l’adaptation de l’offre exportable marocaine aux attentes des consommateurs de cette région». L’IRES plaide aussi en faveur de l’organisation de Forums économiques avec les différents pays de la région, comme l’Angola, Kenya, l’Ethiopie… Il appelle aussi à déployer, au niveau des ambassades du Maroc dans les pays de cette zone des cellules d’intelligence économique. Cela devra être accompagné de la mise en place d’une stratégie de «veille stratégique et prospective économique et non pas seulement politique». L’idée est de mettre en place une banque de données au profit des opérateurs marocains intéressés par cette région.

Pays et secteurs prometteurs

■ Afrique du Sud: Energie, industrie pharmaceutique…
L’Afrique du Sud a souvent eu des positions hostiles à l’égard du Maroc. Mais le développement de relations économiques et commerciales pourrait favoriser la dissipation des malentendus, comme cela a été récemment le cas avec le Nigeria. Energie, industrie pharmaceutique ou encore le transport maritime peuvent être au centre de la coopération entre les deux pays.

■ Soudan: Des engrais pour le grenier du monde arabe
Pour le Soudan, l’agriculture peut être au centre des relations économiques des deux pays. L’idée est de miser sur «le transfert technologique et l’assistance technique pour mieux exploiter les ressources dont dispose ce pays». Le Soudan est considéré comme le grenier du monde arabe. Cela concerne essentiellement la production des engrais et des semences. L’OCP, qui a lancé un projet de production d’engrais en Ethiopie, pourrait jouer un rôle décisif dans ce domaine.

■ Kenya: Une plateforme financière Casa-Nairobi
Considéré comme une locomotive économique de l’Afrique de l’Est, le Kenya offre de véritables opportunités. Surtout que ce pays dispose d’un système financier étoffé, couplé à une montée en puissance de la classe moyenne. Celle-ci est un véritable facteur de consommation mais aussi d’épargne et d’investissement. L’IRES plaide pour la mise en place d’une plateforme financière Casablanca-Nairobi. Une perspective intéressante, surtout avec l’ambition de faire de Casablanca Finance City un hub africain.

 

 

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