Economie

Export d’agrumes: Sale temps pour la clémentine

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4928 Le 30/12/2016 | Partager
Une bonne part de la production destinée au marché local
Réunion du Conseil d’administration de l’Aspam le 4 janvier 2017

La production d’agrumes devrait enregistrer cette année un niveau record de plus de 2,3 millions de tonnes contre 2 millions réalisées la saison passée. (Source ministère de l’Agriculture). Mais l’export ne devrait pas suivre cette  tendance. Tout au plus, 550.000 à 570.000 tonnes seront exportées, selon les estimations de la profession. Un mieux donc de 20.000 à 30.000 tonnes par rapport aux réalisations de la campagne précédente. Mais tout dépend encore de l’évolution des marchés. Et d’ores et déjà, la profession programme un conseil d’administration le 4 janvier 2017 pour opérer les réajustements qui s’imposent.  
En cause, «des perturbations liées aux conditions climatiques», explique Ahmed Darrab, secrétaire général de l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc (Aspam).
Il y a eu d’abord, les fortes chaleurs qui ont sévi durant 75 jours. Ce qui a fortement bloqué l’évolution du calibrage des fruits, en particulier des variétés précoces comme la clémentine. Et c’est cette variété qui traverse actuellement  une situation des plus difficiles, tant au niveau de l’export que du marché intérieur. Car, outre la prédominance du petit calibre qui caractérise sa production, les pluies des mois de novembre et décembre en ont accéléré la maturité avec une répercussion sur la qualité. Sans oublier aussi l’incident provoqué par la présence de larves sur un lot destiné au marché américain. (Voir édition du 29 décembre 2016). Du coup, une part de la production encore pendante sur les arbres risque de ne pas être exportée sur ce marché.
De fait, les difficultés ne se limitent pas à cette variété. Elles concernent la gestion d’une production qui a dépassé avant terme tous les objectifs du contrat programme conclu avec le gouvernement. Avec toutefois, un déséquilibre variétal. Cette production est aujourd’hui fortement dominée par les petits fruits qui en accaparent les 80%. Le reste est constitué d’oranges. La même part des petits fruits se retrouve  au niveau des exportations.
Pour Darrab, «ce déséquilibre s’explique par le niveau des prix fort rémunérateur des petits fruits tant sur le marché local qu’à l’export». Mais aussi du fait de la concurrence des oranges espagnoles, égyptiennes et turques sur les marchés extérieurs, est-il précisé.
Aujourd’hui, les efforts déployés par l’interprofession ciblent en priorité le rééquilibrage des marchés. Avec la mise en place d’une coordination interprofessionnelle depuis 3 ans, les résultats s’avèrent probants. Pour le secrétaire général de l’Aspam, «la réduction de la dépendance vis-à-vis du marché russe est désormais sur de bons rails». Ce débouché n’a représenté, la campagne passée que 40% des expéditions agrumicoles contre 60 à 65%, il y a à peine 3 ans. En même temps, la présence marocaine sur l’Union européenne a gagné 15 points de parts de marché.
Seulement, à la mi-campagne 2016-2017, la position du marché russe reste dominante. Selon les données de l’Etablissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (Eacce),  à fin décembre, la Russie a absorbé 123.000 tonnes d’agrumes sur les 262.000 exportées, soit 47%. Ce volume est aussi en hausse de 7% par rapport à la même période de 2015-2016.
Parallèlement, l’export sur l’Union européenne a totalisé 73.000 tonnes, en hausse de 24% en comparaison avec la même période de la campagne précédente. Tout porte à croire que l’équilibre recherché par la profession sera atteint dans les prochains mois. Mais pour l’Aspam, le grand défi réside dans la régulation du marché local. Aux yeux des professionnels, il est anormal que producteurs et consommateurs trinquent au grand dam des intermédiaires. Actuellement, la clémentine est pratiquement cédée par les producteurs à des prix de loin en dessous du coût de la cueillette alors que le consommateur la règle 3 à 5 fois plus cher.

Le marché des tomates se porte bien

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Depuis trois ans, l’interprofession déploie une stratégie ciblant la réduction de la dépendance vis-à-vis du marché russe. Lors de la dernière campagne, des résultats probants ont été enregistrés. Reste à les consolider

Sur le dernier mois de l’année, les cours réalisés par les tomates marocaines sur les marchés de l’Union européenne dépassent de loin le prix d’entrée communautaire et celui de l’OMC. Au 22 décembre, le prix de vente des tomates a représenté le double de celui fixé par l’UE. La situation s’explique selon les professionnels par la baisse des superficies dédiées à ce fruit aussi bien au Maroc qu’en Espagne. Jusqu’à présent, le volume exporté s’élève à 180.000 tonnes, soit sensiblement le même niveau que celui réalisé à la même période de 2015-2016.
Par marché, l’UE occupe la première position avec 132.000 tonnes. Alors que la Russie se positionne au 2e rang avec un volume de 41.000 tonnes.

 

 

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