Politique

Gouvernement: Semaine décisive pour Benkirane

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4925 Le 27/12/2016 | Partager
La rencontre avec Akhannouch incontournable pour débloquer la situation
Le PJD appelle les autres partis à se montrer «plus coopératifs»
Les priorités du programme gouvernemental, grand absent du débat actuel
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L’allusion faite dans le dernier communiqué du secrétariat général du PJD aux orientations royales contenues dans le discours de Dakar a été interprétée comme un signal de changement de cap. Benkirane abandonnera-t-il Hamid Chabat? Selon le discours royal, dans le processus de formation du gouvernement, «il ne s’agit pas de satisfaire les desiderata des partis», ni de «partager un butin électoral» (Ph. Bziouat)

La rencontre tenue entre le chef du gouvernement et les conseillers du Roi, Abdellatif Mennouni et Omar Kabbaj, a sonné comme un rappel à l’ordre. Cette réunion a permis de briser le statu quo qui dure depuis plusieurs semaines. Abdelilah Benkirane a décidé de relancer les tractations avec les autres partis. Il devait rencontrer Aziz Akhannouch, président du RNI, hier lundi. Au moment où nous mettions sous presse, cette rencontre n’a pas été encore confirmée. Quoi qu’il en soit, la reprise des négociations avec le patron du parti de la colombe est incontournable pour aboutir à la formation du gouvernement. Sans le RNI, Benkirane aura peu de chances de constituer une majorité. D’autant que l’USFP, qui avait d’abord manifesté sa volonté de participer au gouvernement, s’est rapproché davantage du parti d’Akhannouch durant les dernières semaines. Benkirane, qui a eu le feu vert du secrétariat général de son parti, réuni le week-end dernier, devra accélérer la cadence les prochains jours. L’état-major du PJD a aussi appelé «les autres partis à se montrer plus coopératifs pour aboutir à la formation du gouvernement dans les meilleurs délais». Benkirane espère que le président du RNI fasse preuve de plus de souplesse, notamment sur la question de la participation de l’Istiqlal. Surtout que le patron du PJD continue de s’accrocher à l’entrée du parti de la balance. En face, Hamid Chabat ne semble pas lui faciliter la tâche. Intervenant samedi dernier devant le Conseil national de l’UGTM, le jour même de la réunion entre Benkirane et les conseillers du Roi, il n’a pas hésité à attaquer «ceux qui empêchent la formation du gouvernement». Il a pointé des partis «voulant consacrer l’hégémonie», rappelant «l’alliance stratégique avec le PJD et le PPS, pour y faire face». Une sortie qui risque de ne pas favoriser l’apaisement des relations.
Au-delà de ces guéguerres politiciennes, les priorités du programme gouvernemental restent le grand absent. Le secrétariat général du PJD a appelé Benkirane à prendre en compte, lors du nouveau round des négociations, les orientations royales, contenues dans le discours de Dakar. Ce qui a été interprété par certains observateurs comme un signal de changement de cap. Benkirane va-t-il abandonner l’Istiqlal? Le Souverain avait mis en garde contre les risques de faire du processus de formation du gouvernement un moyen «de satisfaire les desiderata des partis», ou de «partager un butin électoral». Idem pour le choix des futurs ministres. Loin des considérations idéologiques, la prochaine équipe gouvernementale doit être composée de «compétences qualifiées, avec des attributions départementales bien définies», comme l’avait précisé de Souverain. C’est décisif pour éviter la reproduction des erreurs du mandat précédent.

 

 

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