Courrier des Lecteurs

Darija: Un débat tumultueux

Par L'Economiste | Edition N°:4922 Le 22/12/2016 | Partager

■ Une fausse piste

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L’utilisation de la darija dans l’enseignement est un faux débat! Elle a toujours été utilisée dans l’apprentissage de la langue arabe, de l’éducation islamique ou encore de l’histoire-géo. Il n’est pas rare non plus que les enseignants recourent à la darija pour expliquer à leurs étudiants certains concepts ou expressions de langues étrangères. Mais, contrairement à ce qu’avance Noureddine Ayouch, la darija ne peut être utilisée pour enseigner les langues étrangères ni même la langue arabe classique. Dans les systèmes éducatifs des pays développés, l’usage de la langue maternelle ou d’un autre parler dans l’apprentissage d’une langue étrangère est proscrit. Il faut se jeter directement dans le bain de la langue qu’on veut apprendre. La darija ne pourra pas non plus être utilisée pour l’enseignement des matières scientifiques puisque le gouvernement se dirige vers leur refrancisation. C’est une fausse piste pour réformer le système éducatif!
C.V.

■ Une démarche à contre-sens du développement
Tenter d’officialiser la darija au Maroc est à mon sens totalement inutile et dénué de sens. Tout d’abord, il s’agit d’un dialecte et non d’une langue. Il s’agit même de plusieurs dialectes qui diffèrent suivant les régions du Royaume. Ainsi, l’uniformiser serait tout bonnement impossible. Par ailleurs, officialiser la darija représenterait un frein à l’intellectualisation et à l’alphabétisation du Maroc. En effet, les marocains parlant couramment ce dialecte se reposeraient sur leurs lauriers au lieu de tenter de parler, de lire et d’écrire le français ou encore l’arabe classique, des langues essentielles pour le développement du pays. Un faux débat donc à mon sens!
S.O.

■ Trop de préjugés!
 «Ce n’est pas une langue», «elle nous tirera vers le bas», «elle n’apporte aucune valeur ajoutée»,… Il existe tellement de fausses croyances à propos de la darija, et surtout beaucoup de dédain. Au lieu d’écouter les scientifiques, en l’occurrence les linguistes, qui confirment que la darija est bel et bien une langue, nous continuons à céder aux slogans de quelques ignares, ceux qui prétendent qu’il existe des langues «supérieures» et d’autres «inférieures», voire même une guerre de langues… sauf que les guerres, ce sont les hommes qui les déclenchent. La darija est une BELLE langue. Il n’y a qu’à voir les contes, les poésies, les proverbes, les textes des musiques andalouses… pour le comprendre. Nous devons en être fiers. Au-delà de cet aspect, l’usage de la darija, et de manière générale, de la langue maternelle des enfants durant les premières années scolaires leur permet d’échapper à l’illettrisme qui touche aujourd’hui les trois quarts des écoliers du primaire. Elle leur permet aussi de mieux apprendre les autres langues. Ils peuvent ainsi, progressivement, passer à  l’arabe classique, au français ou à l’anglais. Tous les linguistes le préconisent. Beaucoup de pays, y compris africains, procèdent ainsi, et ça leur réussit. Mais nous, nous  continuons à camper sur nos fausses croyances, en défiant la science et en empêchant les enfants d’avoir de meilleures chances de réussir à l’école. L’enjeu de la langue est beaucoup trop grand pour être entrepris sous le prisme du populisme.  
A.Z   

■ A quand l’officialisation?
Jusqu'à quand va-t-on renier la darija? Il s'agit d'une langue à part entière et qui représente l'identité, la culture et l'histoire de notre Maroc! Dernièrement, un premier dictionnaire de la langue darija a été édité. Je salue ce genre d'initiatives. Il ne faudrait néanmoins pas s'arrêter en si bon chemin et aller jusqu'à rendre officielle cette langue parlée par la quasi-majorité des marocains! Il faut savoir qu’en France, par exemple, les habitants sont fiers de langues carrément éteintes! Alors que la darija au Maroc est parlée couramment et régulièrement par des millions de marocains… réagissons et vite!
K.C.

                                                                     

Casablanca: La supercherie du parc Palestine

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Le parc Belvédère (Palestine) dont vous avez loué la réouverture sur vos colonnes est un vrai massacre. Je ne suis pas certain que votre journaliste ait pris la peine de se déplacer. Si c'était le cas, elle aurait remarqué que ces terrains de  «pétanque, mini-foot, basket et volleyball» évoqués dans votre article n'ont jamais vu le jour !  Ces terrains étaient pourtant bien inscrits dans l'appel d'offre. Qui les a sacrifié?
Votre journaliste aurait aussi dû remarquer que la superficie consacrée à la végétation dans ce jardin relooké est ridicule  et qu'il y a d'ores et déjà des indices de retour de dégradation comme en témoignent les ordures sur la photo prise il y a une semaine que je vous adresse. La réhabilitation de ce jardin a été négociée sous une conception administrative où le clinquant a pris le dessus sur l'utilitaire avec une énorme et horrible esplanade en béton et une non moins horrible fontaine. Ce n'est pas de cela dont les enfants ont besoin mais plutôt de terrains de jeu. Dans tout l'arrondissement des Roches-Noires, il n’y en a aucun. A quoi servent donc ces élus pour qui nous avons voté  et à quoi réfléchissent-ils quand les services basiques  à la jeunesse ne sont pas assurés?
Il y a eu tromperie sur marchandise. Nous sommes plusieurs habitants de ce quartier à dénoncer ce désastre, à nous interroger sur les dessous de ce marché et à regretter notre ancien jardin, ses SDF et même son  café-squatteur.
J.B

                                                                     

■ Code pénal : Une nouvelle loi scélérate et raciste
Le gouvernement PJD a promulgué en catimini la loi 73-15 relative au code pénal, comportant de lourdes peines d’emprisonnement (jusqu’à 5 ans) et de fortes amendes pouvant aller jusqu’à 500.000 DH en cas «d’outrage» à la monarchie, à l’islam et l’intégrité territoriale. A l’évidence, cette loi vise à interdire la liberté d’expression. En effet, il y a un consensus sur le régime monarchique, l’intégrité territoriale et l’islam. Mais cette loi vise en fait à bâillonner toute personne ne partageant pas les mêmes idées que le parti à l’origine de cette loi, principalement par rapport à l’islam. Cette loi est raciste car elle ne réserve pas le même traitement aux autres religions telles que le christianisme, le judaïsme, ou encore le bouddhisme qui sont toutes pratiquées au Maroc. De plus, à l’image de l’interdiction de la rupture du jeûne en public, elle n’est pas applicable. Le gouvernement va-t-il s’amuser à arrêter toute la communauté facebookienne qui ne se prive pas de critiquer toutes les religions?
M.P.

■ COP22: Le calme après la tempête!
Après la «boulimie climatique» que nous avons vécue pendant près de deux semaines à travers l’organisation par notre pays de la COP22, on se trouve aujourd’hui dans un calme plat presque «angoissant». Il n’y a plus de spécialistes du climat qui connaissent tout et qui crient au danger! Il n’y a plus non plus d’experts financiers qui promettent sur toutes les chaînes et les journaux des milliards de dollars qui nous tomberaient dessus! Réveillez-vous jeunes gens : rien n’a changé! Le «risque climat» est toujours présent et on ne peut s’essouffler dans notre lutte pour relever le défi. C’est maintenant que la COP est terminée qu’il faut travailler et redoubler d’efforts pour accéder à cette nouvelle économie à bas carbone et résiliente au changement climatique! A bon entendeur salut…
A.A.

■ Soutien aux populations: Seulement durant les vagues de froid?
Chaque année, c’est le même scénario qui se répète! Avec la baisse des températures et durant les vagues de froid de l’hiver, les autorités procèdent à la distribution d’aides au profit de milliers de familles habitant des zones montagneuses telles que Azilal ou encore la commune rurale de Zaouiat Ahansal. L’on parle également de la mise en place d’hôpitaux militaires mobiles dans la province de Midelt. Tout ceci est très bien, certes. Cependant, pourquoi venir en aide à ces populations uniquement lors des périodes de froid? Il faudrait en effet à mon sens soutenir ces dernières tout au long de l’année. Désenclavées, manquant d’écoles et d’infrastructures de santé, elles nécessitent une aide en continu. A bon entendeur salut!
F.C.

■ Corniche de Casablanca: Des plages trop sales

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Les plages de Casablanca ressemblent à s’y méprendre à une véritable décharge publique! Je ne comprends pas comment nous pouvons être si peu respectueux envers la nature! Bouteilles en plastique, pots de yaourts, poupées, morceaux de verre, viscères d’animaux… Tous ces déchets sont rejetés par la mer mais à chaque mouvement de marée, ils sont à nouveau emportés par les vagues… Un cercle vicieux sans fin! Il faudrait, pour changer la donne, que le gouvernement multiplie les opérations de nettoyage des plages de la ville blanche. Mais pas seulement… Les citoyens doivent aussi être sensibilisés à l’importance de préserver l’environnement des zones côtières et d’adopter des gestes éco-citoyens. Voici venu le temps de l’action!
F.W.

■ Ancienne médina de Casablanca: Réhabilitation réussie!
La réhabilitation de l’ancienne médina a été une franche réussite. Près de cinq sites ont été inaugurés par le Souverain il y a de cela quelques jours. C’est en tout cas ce que révèle l’article sur le sujet paru le 19 décembre dernier. L’on apprend ainsi que le centre de santé «09 juillet» a été totalement remis à neuf. «Dar Annassij» a aussi bénéficié d’une réelle cure de jouvence. Cet espace dédié à l’artisanat devrait contribuer à préserver les métiers du tissage et à promouvoir les produits locaux d’artisanat. Le mausolée Sidi Allal Al Karouani», la synagogue Ettedgui ainsi que la Mosquée Ould El Hamra ont également été «revisités» à l’occasion. Une réhabilitation qui me semble primordiale et essentielle pour la ville blanche. En effet, ces sites de l’ancienne médina sont des lieux à forte identité architecturale, patrimoniale ou encore historique. Il est donc vital d’en prendre soin et de les préserver puisqu’ils représentent l’histoire même de la métropole.
G.I.

■ Réaménagement de la corniche d’El Hank: Il était temps!
Enfin une bonne nouvelle ! Le tronçon de la corniche situé entre la mosquée Hassan II et la pointe d’El Hank sera bientôt réaménagé. De quoi redonner vie à une partie du littoral mal exploitée jusqu’ici! Le projet comportera un pôle ludique avec des aires de jeux ainsi qu’un pôle abritant des restaurants et des cafés. Il était grand temps de «revisiter» ce site longtemps négligé et devenu progressivement une zone délabrée et quasi «abandonnée» au fil des années. Autre point crucial et non des moindres, ce circuit de promenade maritime comprendra des espaces verts inspirés des jardins islamiques. Or, comme tout le monde le sait, la verdure manque clairement dans la ville blanche… Désormais, les sportifs mais également les amateurs de promenade pourront bénéficier de jardins verts et luxuriants. Espérons simplement que le projet sera livré dans les temps…
H.L.

■ Agadir: Le tourisme reprend du poil de la bête!
Cette année, le tourisme pourrait reprendre du poil de la bête à Agadir, après une période de crise plutôt «sévère». C’est en tout cas ce que nous révèle l’article sur le sujet paru dans votre journal datant du 15 décembre dernier. Le nombre de touristes est ainsi passé de 61.659 à 69.345 en l’espace d’une année. Quant aux nuitées, ces dernières auraient grimpé de 16%. Je pense que l’accalmie des attentats en Europe y est forcément pour quelque chose. Je suis également persuadé que les touristes sont toujours séduits par les multiples atouts de cette ville dont notamment les belles plages, le temps ensoleillé ou encore un sublime arrière-pays à découvrir.
J.J.

 

 

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